Don Giovanni

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Don Giovanni de Wolfgang Amadeus Mozart, livret de  Lorenzo da Ponte, mise en scène de Christophe Perton

 

Sous l’œil amusé de Mozart au clavecin, Don Giovanni, escorté de son fidèle Leporello mène une course de vitesse contre la mort. Dès lors qu’il a trucidé le Commandeur après avoir séduit sa fille (Donna Anna) et jusqu’au festin de pierre fatal, il continue, au nom de la liberté, et en toute inconscience, de séduire à tout va, poursuivi par des figures vengeresses dont il a attisé la haine par ses forfaits.
A ses trousses, Donna Elvira, Donna Anna, flanquée de son amoureux transi, Masetto le fiancé trompé de Zerlina et ses copains… Mettre en scène «l’opéra des opéras» selon Wagner avec une troupe de jeunes chanteurs constitue une gageure. Christophe Perton a relevé le défi et met à profit la jeunesse, la vivacité de ses interprètes, issus de l’Atelier Lyrique de l’Opéra de Paris, pour offrir un spectacle enlevé, sans pour autant sacrifier la musique et le chant.
La solide direction d’orchestre d’Alexandre Myrat, à la tête de l’orchestre-atelier Ostinato, assure une partition musicale de grande qualité à des voix très prometteuses, dont celles des sopranos Yun Jung Choi (Donna Anna) et Elodie Hache (Donna Elvira). Pas d’esbroufes vocales, le chant semble couler de source. On apprécie la virtuosité de Mozart dans tous les registres de son chef-d’œuvre.
La présence du clavecin sur scène est une belle trouvaille qui se justifie musicalement car l’instrument intervient en continuo pour soutenir le chant et les récitatifs, se démarquant ainsi du corps de l’orchestre. De plus, cela permet au musicien habillé façon XVlllème siècle (alors que les costumes sont pur XXème siècle) de représenter un compositeur-démiurge, qui suivrait d’un regard bienveillant et ironique les aventures de ses protagonistes.
Une distanciation qui désamorce tout tragique et tire l’œuvre vers la comédie. Petite touche nostalgique cependant, le sol d’une piscine désaffectée peint tout au long du plateau, renvoie à une certaine décadence. De part et d’autre de cet espace unique, à la fois place publique et terrain de jeu, à cour et à jardin, s’ouvrent de multiples portes, en bas et en haut : on entre, on sort, on gravit et on déboule les escaliers, on s’arrête à peine quand le chant devient répétitif ou lancinant. Il y a de la bagarre dans l’air, et de la fête, et, au bout de cette quête effrénée du plaisir, la mort elle-même semble légère.
Ce Don Giovanni séduit par sa simplicité car Perton met en valeur la musique et les voix, par la rapidité de l’action qui gomme les incohérences dramaturgiques du livret, par une liberté de ton qui laisse libre cours au jeu des chanteurs-acteurs.

 

Mireille Davidovici

 

 MC 93 – 9 Boulevard Lénine, Bobigny 93000, T. 01 41 60 72 72 du 22 au 31 mars;  wwwmc93.com et Théâtre de la Piscine, Châtenay -Malabry 92290254 Avenue de la Division Leclerc, ; T. 01 41 87 20 84,  du 24 au 26 mai, www.theatrefirmingemier-lapiscine.fr

 

 


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