Ouverture du Carreau du Temple

Ouverture du Carreau du Temple

Un nouvel espace culturel de la Ville de Paris

 

carreau-du-templeLe 25 avril 2014, le Nouveau Carreau du Temple ouvrait ses portes. 6500 m2 au coeur du 3ème. Sauvé de la démolition en 1975, grâce à une longue et tenace mobilisation des habitants de l’ arrondissement, il a été désigné, trente ans après, par une votation locale, « espace pour tous », dédié à la culture, au sport, à l’événementiel et à la jeunesse. Une expérience de démocratie participative portée par le comité des habitants du 3è, l’ atelier local d’urbanisme (ALU)* et la Ville.
En ce week-end end de printemps, la halle rénovée par l’architecte Jean-François Milou révèle les arabesques aériennes de sa structure métallique mises en valeur par un fond en bois de chêne clair.
La halle centrale de 1800 m² est, pour l’occasion, flanquée de deux scènes : l’une accueille un concert de l’Orchestre national de jazz, coup d’envoi d’ une résidence au long cours de la formation, au Carreau. Malgré le bois, l’acoustique se prête mal à la musique programmée par le nouveau directeur de l’ONJ, Olivier Benoît, un free jazz radicalement épuré qui aurait mieux sonné dans l’auditorium de 250 places situé en sous sol.
Sur la scène d’en face se déroule un spectacle concocté par Guy Alloucherie, parti avec son équipe et la compagnie Hendrick van der zee, à la rencontre des habitants du quartier pour composer un portrait théâtral et vidéo du Carreau et de sa mémoire. Les interviews s’égrènent ponctuées par les évolutions d’un circassien sur un petit à vélo…
Au gré de la programmation, on découvre le vaste sous-sol. Dans le studio de Flore, 335 m2 destinés aux pratiques chorégraphiques et aux cultures urbaines, on assiste à une répétition publique d’Aux corps prochains.  » Nul ne sait ce que peut être un corps« , à partir de cette phrase de Spinoza commentée par Deleuze dans ses cours sur Spinoza, Denis Guenoun (en résidence au Carreau) entraîne ses comédiens dans une exploration cinétique des corps. Les artistes se déploient dans l’espace, se touchent se repoussent, selon leur propre pesanteur, les tempos et les respirations de chacun car, selon Deleuze, « Savoir danser, c’est précisément présenter son corps sous l’aspect sous lequel il se compose, en termes de danse, avec le corps du ou de la partenaire. C’est généralement ça qu’on appelle un rythme. » C’est une question de vitesse et de lenteur, et ce qu’expérimentent les comédiens devant nous, en improvisant, illustre bien ce que Spinoza indique lui-même « que le corps peut beaucoup de choses dont son esprit reste étonné ». Un travail passionnant à regarder et dont on pourra apprécier le résultat au Théâtre national de Chaillot au printemps 2015. Prochaines étapes du travail à suivre les 13-et 14 juin prochain.
De corps il sera aussi question avec deux chorégraphies dans l’auditorium. Toi et Moi, duo de la compagnie Chatha, met les danseurs à l’épreuve des bruits du monde. Ils réagissent aux vrombissements d’un hélicoptère, aux tirs de missiles, au fracas des bombes en se rétractant et se redéployant, levant un doigt accusateur vers le ciel, appelant au secours. Puis retrouvant le calme. Un jeu nerveux, tendu à l’extrême. Sans répit. Le solo ochestré par Herman Diephus, Let it be , offre un contrepoint plus décontracté sur la musique du tube mondial. En crooner ou en rocker, le danseur Teilo Troncy épouse les différents styles musicaux de ce standard chanté notamment par Elvis Presley, les Everly Brothers et nombre d’autres interprètes. Une bonne idée mais qui s’épuise en cours de route.
Par ailleurs, une exposition des travaux d’élèves de l’Ecole Duperré voisine, montre les recherches des Arts appliqués en matière de meubles et de vêtements. Un bel espace est dévolu à cette manifestation.
Le lieu comporte d’autres espaces dont un studio son, une salle de réunion, des vestiaires, des loges et des bureaux… Et un bar, bien sûr.
Des événements culturels sont déjà programmés en cette fin de saison ( théâtre, cinéma, danse, cirque, conférences…) ainsi que le salon du dessin.
Ce nouveau lieu est plein de promesses mais « restera-t-il un espace pour tous ? « , se demandent les membres de l’ALU qui distribuent un tract à l’entrée. Ces derniers craignent que les tarifs des prestations payantes écartent les habitants aux revenus modestes. Les contraintes budgétaires sont en effet énormes. Le Carreau est exploité par une société publique locale selon un contrat de délégation de service public. Il est subventionné pour un tiers seulement par la Ville, en contrepartie d’actions culturelles en direction des écoles, des Parisiens, via des associations de quartier. Il devra donc trouver en recettes propres deux tiers des trois millions d’Euros que représentent les charges d’exploitation.

À vos calculettes !

 

Mireille Davidovici

L’inauguration officielle a eu lieu du 25-27 avril

 

Le Carreau du Temple 4, rue Eugène Spuller- 75003 – www.carreaudutemple.eu

 

*ALU : www..alu3.fr

 


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