Asobi, (Jeux d’adulte)

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Asobi, (Jeux d’adulte), chorégraphie et mise en scène de  Kaori Ito.

 

 Kaori Ito, en même temps qu’elle dansait, en solo, Plexus d’Aurélien Bory,  concevait ce spectacle. Elle y met en scène une certaine forme de voyeurisme qui pousse les spectateurs à venir voir de la danse. «Au théâtre, dit-elle, on ne peut pas prétendre ne pas savoir qu’on est regardé, comme c’est le cas dans une véritable situation de voyeurisme. On balance entre le contrôle qu’on veut exercer sur le regard du spectateur, en se montrant consciemment, et le relâchement de ce contrôle, en permettant au spectateur de nous regarder».
D’où cette ambiguïté qui existe toujours dans le plaisir ressenti par le spectateur, mais jamais vraiment avoué dans les conversations d’après spectacle, ici masqué par des  idées intellectuelles assez banales.

La danseuse-chorégraphe originaire du Japon qui a un rapport au corps différent du nôtre où une  société très codifiée a tendance à contraindre le corps dans son expression du quotidien, et, par conséquent, à le libérer sans limite dans l’intime, d’où des fantasmes souvent peu réalistes des Occidentaux, quant à l’expression de l’érotisme et de la sexualité  nippone.
Le cocktail explosif d’une danse qui a pour sous-titre, Jeux d’adulte et l’origine japonaise de Kaori Ito, ont stimulé l’imaginaire du public et les trois jours de représentation affichaient complet depuis très longtemps.Elle est accompagnée d’une autre danseuse et de deux danseurs dont la présence physique est impressionnante.
Le spectacle joue donc sur le double regard du public, à la fois voyeur et sadique: le corps se découvre parfois totalement dans de très belles postures esthétiques, mais s’inflige aussi des coups. Ainsi, lors d’un affrontement violent, thorax contre thorax, entre deux danseurs, ou de chutes brutales à répétition. On songe parfois aux  chorégraphies d’Alain Platel avec lequel Kaori Ito a réalisé Out of context for Pina en 2010.
Le principal défaut d’Asobi (Jeux d’adultes): tout est dit d’emblée dans la superbe scène d’ouverture où Kaori Ito réalise un effeuillage progressif de son corps, dont l’image nous est reflétée par un grand miroir terni par le temps, et qui avance ou recule, selon les besoins du jeu. Ensuite le spectacle, par tableaux successifs, illustre le double regard du spectateur, et chacun peut y reconnaître ses propres fantasmes.
L’engagement physique des artistes est total: les corps chutent, se chevauchent, avec, constamment,
un regard au public ainsi pris à témoin; à la fin, quand les danseurs se retrouvent nus, la lumière les quitte pour venir éclairer la salle.
Cette ambiguïté de notre double regard, Kaori Ito nous la renvoie avec une certaine vérité.

 

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot   du 21 au 23 mai.

 


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