Le Cochon de Vaclav Havel

Cycle Théâtre et Politique  à L’Apostrophe de Cergy: Le Cochon de Vaclav Havel, adaptation de René Ludowitz, mise en scène de Vladimir Morávek.

prase-hra-havel-bigDe Vaclav Havel, décédé il y a trois ans,  on connait finalement davantage en France le rôle qu’il a eu à la tête de la dissidence en Tchécoslovaquie  puis enfin à la tête de son pays,  qui avait été envahi par les troupes soviétiques en 58, que ses essais et pièces (L’Ange gardien, L’Audience…)  où il dénonce l’effroyable mécanique  du pouvoir politique des fonctionnaires, capable de diminuer, voire même anéantir, avec une parfaite bonne conscience, tout individu un peu hors normes.  Et lui-même fut régulièrement condamné pour la publication de ses écrits. Puis, l’écrivain et  dramaturge deviendra, fait très rare, et sans l’avoir cherché, président de la République en 89…
Vaclav Havel évrivit aussi en 81 un dialogue Le Cochon qui raconte comment un auteur dramatique part à la recherche d’un cochon chez  des éleveurs afin de célébrer la Fête du cochon. Bien entendu, cela ne va pas être des plus faciles, et il  va se trouver  confronté à la fois à la cupidité et aux intrigues en tout genre de ses interlocuteurs,  si bien que le prix de ce cochon si convoité ne va cessé de s’envoler…
Resté très peu connu, ce texte de Havel est sans doute  mineur mais trente ans après, surprend encore par l’ironie envers les politiques avec laquelle il traite cette farce des plus burlesques. Ce dialogue est en tout cas une bonne base  pour  créer une sorte de mini-comédie musicale de 90 minutes avec des personnages hauts en couleur.

Vladimir Morávek, le directeur du Théâtre de l’Oie à la ficelle de Brno, l’a bien compris et  dirige sa quinzaine de comédiens-chanteurs avec une belle maîtrise, et sait faire ressortir tout l’humour de Vaclav Havel, même si les allusions politiques sont sans doute un peu hermétiques pour nous Français, mais quel bonheur d’entendre cette musique et ces chansons!
C’est, pendant 90 minutes et heureusement traduit en direct,  ou par des pancartes (un peu trop petites) pendant les chœurs, un beau moment de bonheur scénique. Les metteurs en scène français savent sans doute faire autre chose mais pas cela… Jean-Joël Le chapelain a eu mille fois raison d’inviter
Vladimir Morávek et sa compagnie mais  dommage! Le spectacle  ne s’est  joué que deux fois et  mériterait d’être présenté à Chaillot, au Théâtre de la Ville ou  à l’Odéon…Croisons les doigts mais sans trop d’illusions.

Philippe du Vignal

Le cycle Théâtre et Politique se poursuit à l’Apostrophe avec, les 22 et  23mai, Americain Tabloïd de James Ellroy, adaptation et mise en scène de Nicolas Bigards.
Programme du cycle: www.lapostrophe.net T:  01 34 20 14 14

 

 


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