L’atelier de Michèle Foucher à Confluences

 L’atelier de Michèle Foucher à Confluences.

 

Mai et juin : les écoles de théâtre, les conservatoires, les ateliers d’amateurs présentent leur travail. C’est en général, un peu secret, réservé aux amis et à la famille des participants. Si vous n’avez pas la chance d’en faire partie, regardez autour de vous, laissez traîner vos oreilles, cela en vaut la peine. Évidemment, vous n’aurez aucune garantie de résultat.
Le théâtre professionnel est parfois capable de vous offrir des spectacles plus académiques, alourdis par des décors ni forcément beaux ni pertinents, bref, de se tromper. L’atelier, lui, sans moyens pour financer décors ni costumes, contraint d’inventer des signes forts à partir de rien, peut, au moins, vous offrir les surprises de sa liberté.

visuel_foucherCe que pratique Michèle Foucher depuis une dizaine d’années à Confluences. Ce n’est pas pour rien qu’elle travaille sur le corps. Le corps au centre du travail de théâtre, c’est l’œuf de Colomb : matériau, sujet et objet de pensée, présence porteuse de sens… Cette fois, elle affronte la question du désir. De brefs extraits de grands auteurs contemporains, de Marius von Mayenburg à Dimitris Dimitriadis, avec un enchaînement de duos, de duels, de solitudes, sous le regard toujours présent et bienveillant du groupe.
Tous pour un, et un pour tous ; ce n’est pas une histoire de bande, comme dans Les Trois Mousquetaires, mais une réalité de la vie, qui prend toute sa force au théâtre : l’individualité se constitue du frottement avec l’autre, avec les autres. Tous, hommes et femmes, entrent sur la scène en peignoir de bain blanc, comme les patients d’une cure. Au fil des scènes, ils vont s’individualiser, puis rentrer dans le rang et en sortir à nouveau, vêtus, libérés de leur cocon. Cette libération vaut pour ce qui est joué, comme pour ceux qui le jouent. Et, comme toujours, elle vient de la rigueur : dire les textes, et les dire dans leur intégrité, dans leur rythme propre, leur énergie. Alors, on est au cœur du théâtre.
Vous ne verrez pas cet atelier  joué seulement trois fois. Mais il fallait en parler et rappeler que Michèle Foucher a réalisé des mises en scènes mémorables (La Table, En souffrance, Avant/Après, de Roland Schimmelpfennig), et que la formidable liberté et  l’inventivité des ateliers se paie au prix d’une activité clandestine.

Les vrais curieux du théâtre feraient bien de venir voir. Mais cela n’est pas possible n’importe où : c’était à Confluences, un lieu d’engagement artistique précieux, menacé de fermeture (l’association est mise en redressement judiciaire!). Il faut donner un coup de pouce, un coup de main, à ce lieu de création, de rencontres, d’inventions, où sont possibles des ateliers de cette qualité humaine et artistique.

 

Christine Friedel

 

Confluences, 190 Boulevard de Charonne, 75020 Paris. T : 01 40 24 16 46

 

 

 

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