Théâtre impérial du château de Fontainebleau : réouverture…

 

Théâtre impérial du château de Fontainebleau : réouverture…

IMG_7665Dans le cadre de la quatrième édition du festival de l’histoire de l’art, des visites ont permis de redécouvrir ce joyeux du théâtre de cour qui est en cours de rénovation. Ce grand château de Fontainebleau, demeure successive de François 1er, Napoléon 1er et Napoléon III, possède des pièces superbes comme la chapelle de la Trinité, le célèbre escalier en fer à cheval (où défilent chaque samedi les mariés pour une photo !), les galeries, la salle de bal, et les collections, entre autres, de vases de Chine.
Dans ce grand ensemble architectural, un trésor, qui restait caché, revoit peu à peu le jour depuis quelques années : le théâtre impérial voulu par Napoléon III et construit à l’intérieur même d’une aile du château, de 1853 à 1856, sur les plans d’Hector Lefuel. Avec les contraintes d’un bâtiment existant, l’architecte de l’Empereur avait imaginé une salle de 400 places en ellipse, inspirée du théâtre de la Reine à Versailles qu’adorait l’impératrice Eugénie.
On y retrouve toute l’organisation d’un théâtre à l’italienne : salons, corbeille avec loge impériale, balcon et paradis grillagé qui permettant la surveillance discrète du public (l’Empereur craignait en effet pour sa vie). C’est un véritable conservatoire du mobilier de l’époque mais aussi de la machinerie théâtrale qui n’a pas bougé. Après la chute du Second Empire, le théâtre n’a servi que pour une quinzaine de représentations seulement, plutôt pour des vaudevilles à la mode de l’époque, mais les acteurs devaient rentrer à Paris après la représentation,  sans doute pour ne pas tenter l’impératrice!
Ensuite le théâtre, couvert de poussière et dégradé, connut une longue période d’oubli, et le lustre de deux tonnes finira par s’effondrer dans la salle abandonnée; pendant la seconde guerre mondiale, elle servit de cinéma aux officiers allemands. Aujourd’hui l’organisation même du château de Fontainebleau, et le coût du projet ont obligé ses dirigeants à se tourner vers le mécénat privé et grâce au royaume d’Abu Dhabi qui donna en 2007 un premier chèque de cinq millions d’euros. Une première tranche des travaux put donc avoir lieu pour la réhabilitation du mobilier et de la salle. Un deuxième chèque  du même montant permettra de rénover la machinerie dont le mécanisme restera le même.
La seule exigence des mécènes, (et non des moindres !) portait  sur la dénomination, certes un peu curieuse, du théâtre qui s’appellera désormais Théâtre Cheikh Khalifa Bin Zayed Al-Nahyan. Certains s’en sont émus, surtout pour faire polémique, mais, sans cette indispensable restauration, ce joyau pourrirait chaque jour un peu plus. Tout est finement ouvragé dans  cette salle redevenue superbe aux tons dorés, qui possède une excellente acoustique.
Mais, pour des raisons de conservation, de sécurité et, à cause d’une machinerie peu adaptée, il n’y aura que cinq représentations par an : l’idée n’est donc pas d’en faire une salle avec une programmation régulière mais plutôt de garder la mémoire d’un des derniers théâtres de cour, et conservé dans son intégralité. Une petite partie en est accessible uniquement pour les visites guidées second Empire du château.
Si vous souhaitez voir votre nom inscrit dans son histoire, le pavillon au milieu de l’étang aux carpes cherche de généreux mécènes pour sa rénovation !

Julien Barsan

Château de Fontainebleau T : 01 60 71 50 70.


Archive pour 11 juin, 2014

Lac (le lac des cygnes)

Lac, chorégraphie de Jean-Christophe Maillot, musique de Piotr Ilitch Tchaïkovski.

 

photo«Le sujet du Lac des Cygnes plonge dans la mythologie aquatique si propre aux Slaves, celle où la fatalité prend une allure d’autant plus inquiétante qu’elle se trouve liée aux mystères de la nature, ceux contre lesquels il n’y a pas de recours. L’homme est ici épris d’une femme qui n’est pas de son essence, et n’obéit pas aux lois humaines: c’est une femme-cygne, c’est l’exception, l’inaccessible, l’amour que Tchaïkovski ne peut connaître… annonçait le texte du programme de l’Opéra de Paris en 1984.
Jean-Christophe Maillot, lui, aidé de Jean Rouaud pour la dramaturgie, a voulu rendre plus lisible ce monument du ballet classique. Et il a d’abord imaginé une sorte de prologue, avec un petit film en noir et blanc, qui nous plonge dans l’enfance des héros romantiques de ce fameux Lac. Et Ernest  Pignon-Ernest a imaginé une scénographie très sobre mais qui semble avoir été modifiée pour le plateau Jean Vilar,  pourtant profond mais où  les trente interprètes se trouvent à l’étroit, en particulier au premier acte… Un acte tout en couleurs avec des changements de teintes du fond de scène, et des costumes pour le corps de ballet, qui prennent celles de l’arc-en-ciel.
Le travail de Philippe Guillotel est ici remarquable, en particulier pour les fameux Cygnes : plus de tutu  et des danseuses  en body blanc, avec de fines lanières blanches et grises de tulle simulant les plumes.
L’interprétation de la première distribution est cohérente, avec la reine (Mimoza Koike) et le roi (Alvaro Prieto), tous deux très convaincants. Bernice Coppieters, la Majesté de la nuit, personnage qui remplace ici le magicien Rothbart des versions antérieures, est ici le moteur de l’intrigue avec son issue fatale, et elle est exceptionnelle de présence scénique et  assume bien la perversité de son  personnage, aidée par les deux excellents Archanges des Ténèbres. Stephan Bourgond danse un Prince plein de doute, mi-Hamlet, mi-Richard II et, à cette fragilité, Anja Behrend (le Cygne Blanc) répond avec toute sa grâce et son animalité.
L’acte II dans la forêt – le plus connu du grand public – et l’acte III à la Cour sont dansés avec une belle énergie. Mais il y a un manque d’harmonie physique entre les danseuses du groupe des Cygnes.  Ce Lac (deux heures avec entracte) est convaincant, et d’une parfaite réalisation, même si la musique de Tchaïkovski écrase souvent de sa puissance dramatique les images produites.
Mailllot n’avait pas présenté de spectacle depuis dix ans à Paris, et il ne faut pas hésiter à venir voir ce travail qui lie le geste théâtral et la danse, d’autant que l’occasion est rare de voir une autre chorégraphie que celle de Rudolf Noureev…

 

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot jusqu’au 13 juin ; T: 01 53 65 30 00 / www.theatre-chaillot.fr

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