Azimut

Azimut d’Aurélien Bory avec le groupe acrobatique de Tanger.

p153584_6C’est la dernière création d’Aurélien Bory, fidèlement accompagné par le groupe acrobatique de Tanger comme déjà avec Taoub. On a aussi pu voir ces acrobates marocains dans Chouf Ouchouf, grand succès de Zimmermann et De Perrot. Ils excellent dans la décomposition du mouvement, les pyramides humaines… et cela se marie très bien avec l’univers d’Aurélien Bory  et son théâtre « physique », où les limites de la scène et de la pesanteur sont repoussées avec des trucages qui nous sont toujours révélés. Azimut commence par un chant en arabe ; la lumière dans la salle est encore allumée et le spectacle s’installe ainsi doucement. On découvre alors dix sacs reliés aux cintres par un fil, sacs qui vont danser dans la lumière, puis aller et venir de bas en haut, puis on voit en fond de scène, des figures humaines qui, elles aussi, se balancent de bas en haut, comme entraînées dans un cycle, avec une grande fluidité. Ces mouvements répétitifs procurent un effet de nombre, et donnent l’illusion que les acrobates sont plus nombreux qu’ils ne sont. Mouvements simples mais qui troublent notre perception: un homme marche au plafond, quelques autres sont assis suspendus dans le vide, et d’autres encore forment une pyramide avec un seul porteur. On est dans la magie : tout flotte grâce à des effets de voiles veloutées qui tombent sur le plateau ou qui recouvrent les acrobates. Certaines scènes, même parmi les plus simples, sont d’une beauté à couper le souffle : ainsi quand ils enchaînent des roues de plus en plus vite : le mouvement se décompose alors, comme dans la célèbre photo d’Etienne Marey. Ou encore quand ils sont trois, harnachés, courant pour se lancer dans le vide vers le public. Un très fin travail sur la lumière participe au succès de ces tableaux, en ménageant ce qui ne doit pas être vu, toujours dans un voile obscur. Accompagnés de musique moderne ou traditionnelle marocaine, les tableaux ne durent jamais trop. Il y a tout un travail sur sur l’interruption : les numéros ne s’installent pas et restent donc en nous comme une sorte d’ instantané. C’est un spectacle sans paroles qui utilise à la fois les techniques du théâtre traditionnel et la fluidité des mouvements ; il fait grand bien et nous laisse en tête de superbes images…

Julien Barsan

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 29 juin T : 01 44 95 98 21

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Archive pour 14 juin, 2014

Azimut

Azimut d’Aurélien Bory avec le groupe acrobatique de Tanger.

p153584_6C’est la dernière création d’Aurélien Bory, fidèlement accompagné par le groupe acrobatique de Tanger comme déjà avec Taoub. On a aussi pu voir ces acrobates marocains dans Chouf Ouchouf, grand succès de Zimmermann et De Perrot. Ils excellent dans la décomposition du mouvement, les pyramides humaines… et cela se marie très bien avec l’univers d’Aurélien Bory  et son théâtre « physique », où les limites de la scène et de la pesanteur sont repoussées avec des trucages qui nous sont toujours révélés. Azimut commence par un chant en arabe ; la lumière dans la salle est encore allumée et le spectacle s’installe ainsi doucement. On découvre alors dix sacs reliés aux cintres par un fil, sacs qui vont danser dans la lumière, puis aller et venir de bas en haut, puis on voit en fond de scène, des figures humaines qui, elles aussi, se balancent de bas en haut, comme entraînées dans un cycle, avec une grande fluidité. Ces mouvements répétitifs procurent un effet de nombre, et donnent l’illusion que les acrobates sont plus nombreux qu’ils ne sont. Mouvements simples mais qui troublent notre perception: un homme marche au plafond, quelques autres sont assis suspendus dans le vide, et d’autres encore forment une pyramide avec un seul porteur. On est dans la magie : tout flotte grâce à des effets de voiles veloutées qui tombent sur le plateau ou qui recouvrent les acrobates. Certaines scènes, même parmi les plus simples, sont d’une beauté à couper le souffle : ainsi quand ils enchaînent des roues de plus en plus vite : le mouvement se décompose alors, comme dans la célèbre photo d’Etienne Marey. Ou encore quand ils sont trois, harnachés, courant pour se lancer dans le vide vers le public. Un très fin travail sur la lumière participe au succès de ces tableaux, en ménageant ce qui ne doit pas être vu, toujours dans un voile obscur. Accompagnés de musique moderne ou traditionnelle marocaine, les tableaux ne durent jamais trop. Il y a tout un travail sur sur l’interruption : les numéros ne s’installent pas et restent donc en nous comme une sorte d’ instantané. C’est un spectacle sans paroles qui utilise à la fois les techniques du théâtre traditionnel et la fluidité des mouvements ; il fait grand bien et nous laisse en tête de superbes images…

Julien Barsan

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 29 juin T : 01 44 95 98 21

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