Jeux de massacre d’Eugène Ionesco, mise en scène d’Ismaël Tifouche Nieto

 Festival 13 : Jeux de massacre d’Eugène Ionesco, mise en scène d’Ismaël Tifouche Nieto.

 

large_Sans_titre-1C’est une pièce  de notre auteur national qui est  étudié,  comme Beckett ou Adamov dans les lycées de l’hexagone et ailleurs, mais moins connue que La Cantatrice chauve ou La Leçon et rarement jouée: elle  exige une nombreuse distribution, ce qui fait bien l’affaire de jeunes compagnies ou de collectifs, comme on dit maintenant.
Cette fable, assez sinistre, où une ville toute entière est frappée d’un mal mystérieux. et où chaque citoyen, blême de peur et  obsédé en permanence par la mort, essaye de sauver sa peau. Soit une suite de tableaux dans  une sorte de danse macabre, avec une galerie de personnages qui ressemblent davantage à des marionnettes. C’est à la fois tragique mais parfois aussi d’un comique pour le moins sinistre.

Question: que fait-on de cet ovni théâtral, pas facile a monter, ou malgré une distribution importante, il n’y a pas de rôle essentiel et pas vraiment d’intrigue non plus. « Pour garder cette dimension totale, dit le metteur en scène,  l’espace scénique devra épouser cette notion en plaçant le spectateur dans un dispositif englobant, il faudra que l’action aille d’un point a un  autre, soit traversée de part et d’autre du plateau et dans tous les axes ».
Les tableaux se succèdent pendant 90 minutes, à la fois sur le plateau et dans la salle, comme nombre de spectacles au Théâtre 13, et vaguement inspirés  du théâtre constructiviste; plastiquement, c’est le plus souvent brillant et intelligent, grâce à une excellente scénographie et  une intelligente conception des costumes.
Mais il y a un mais, et de taille: la direction d’acteurs est incompréhensible, et cela dès le début. Tous ces jeunes comédiens hurlent sans arrêt, y compris dans le fond de la salle, ce qui est insupportable. Du coup, la patience du public déjà éprouvée par vingt minutes de retard, (ce qui n’est pas très professionnel!), est mise à rude épreuve.

On peut sans aucun doute reconnaître au metteur en scène la maîtrise incontestable d’un ensemble de quelque trente comédiens mais quand il prétend, avec une certaine autosatisfaction, « faire régulièrement des allers-retours entre New York et Paris, afin de se forger aux techniques de l’Actor’s Studio », on est en droit de se demander ce qu’il peut  y apprendre quant à la direction d’acteurs qui est ici vraiment trop médiocre…
En tout cas,  l’occasion de retrouver un autre Ionesco, moins connu et plus proche de l’écrivain qui, la seule fois où nous l’avons rencontré, semblait en proie à une profonde angoisse existentielle, accablé par la vie et  désespéré d’avoir à la quitter prochainement, est ici ratée, et c’est vraiment dommage!

Philippe du Vignal

Théâtre 13 les 27 et 28 juin.

 

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