Écho de Johnny Lebigot

 Écho de Johnny Lebigot, trace de l’exposition D’une tentation de Saint-Antoine présentée en mai 2014 à Scène Nationale de Vandoeuvre-Les-Nancy.

archeCe geste de Curiosité sera installé jusqu’en décembre 2015 au château de La Roche-Guyon. On peut y voir, déposés sur une table ou accrochés au-dessus du mobilier, des objets insolites, mobiles légers au bout d’un fil délicat.
Sur les étagères, des statuettes ou des miniatures, composées à partir d’éléments végétaux et floraux, de minéraux, d’arêtes, d’os, d’ailes d’oiseaux… et sur les murs blancs immaculés au-dessus des portes, surgissent des branchages en excroissance, un entremêlement raffiné de tiges de bois et de brindilles sombres. Des nids comme suspendus dans le vide, des touffes d’herbes séchées. Le visiteur pénètre dans un espace plastique où règnent la nature, la culture et les mains de l’homme sur la première, soit l’art et la manière bien ravigotés de Johnny Lebigot.
C’est l’inventaire d’un herboriste ou d’un botaniste, une série d’images, une statuaire, répertoire des miroitements du vivant et passés au crible de la fragilité de la vie. On identifie confusément des feuilles mortes, des herbes légères que les courants d’air font danser, des fleurs passées en tige qui sèchent dans leur sac, des cosses transparentes, des plumes, des poussières volatiles florales, des graminées, des pissenlits, des joncs. Rien de vivant, tout du sec, des cendres et de la mort.
Ces « simples » relèvent d’une cueillette de sorcière et de son alchimie démoniaque où les herbes terriennes ou aquatiques correspondent aux étoiles dans le ciel, préfigurations tangibles de signes cosmologiques éloquents. Cette chronique de la nature, à la fois savante et désinvolte, se rapproche du récit de Patrick Cloux,
Marcher à l’estime : « Car l’herbe est la grande leçon. Balayée, abîmée de vent et de pluie, asséchée, gelée, déteinte, elle arrive à n’être plus rien qu’un peu d’elle-même, éparse, en touffes, clairsemée, presque chiffonnée et salie. »
L’installation de Johny Lebigot a des parfums beckettiens  mais c’est avant tout un hommage et un éloge de la vie disparue, un rappel du lot existentiel de chacun de nous, avec ses traces voilées de cendres, d’os, de crânes et squelettes d’animaux. La mise en scène de ces éléments fait entendre d’abord le souffle initial qui habite l’être vivant, chemin de mémoire et parcours inaliénable avant qu’il ne disparaisse.

Véronique Hotte

Atelier Johnny Le Bigot 82 rue Compans 75019 Paris, du 24 juin au 5 juillet.

 


Pas encore de commentaires to “Écho de Johnny Lebigot”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...