Les sept Jours de Simon Labrosse

Les sept Jours de Simon Labrosse de Carole Fréchette, mise en scène de Cendre Chassanne.

   La metteuse en scène avait monté cette pièce en 2012 à l’Agora d’Évry,  et vient de la reprendre  pour l’été au Lucernaire. Simon Labrosse est au chômage, mais résolument optimiste:  « Dans la vie il y a toujours de l’espoir ». Quand il était petit, il avait reçu une brique sur le cortex…
« Bon gars, mais grand malade », Simon Labrosse, cascadeur émotif, lance des annonces pour résoudre les crises de couple, ou la dette en la contrôlant à distance. Il envoie aussi d’autres propositions insolites. Sa spécialité, c’est la vie ordinaire, jour après jour, il se lance dans de nouvelles aventures qui devraient lui attirer la fortune, tout en déplorant le départ de son amie, Nathalie, partie faire de l’aide humanitaire en Afrique.
Il veut se faire flatteur d’ego: « Ne vous en faites plus, donnez de l’argent pour vous soulager de vos préoccupations », et  alléger les consciences! Ses autres propositions des plus fantaisistes se succèdent au long de la semaine. Son chum a beau lui dire,  avec un bel accent joual, que,  pour l’argent, c’est sans espoir, il s’obstine à envoyer des messages amoureux enregistrés à sa Nathalie, qui lui reviennent avec « inconnu à cette adresse ! ».
Le petit Laurent Lévy  interprète ce Simon Labrosse avec un humour réjouissant entouré de Léo son massif compagnon (Philippe Saunier), et d’une amicale Nathalie complice elle-aussi de Simon.

Edith Rappoport

Théâtre du Lucernaire jusqu’au 20 septembre, du mardi au samedi à 20 heures.  T:  01 45 44 57 34                                                                                       


Archive pour 12 juillet, 2014

Née sous Giscard

Née sous Giscard de et par Camille Chamoux, mise en scène de Marie Dompnier.

 

Qu’est ce que l’enfance ? Comment grandit-on sous le règne de Giscard, « un aristo fin de race », avec l’impression de « ne pas être née au bon endroit, au bon moment » ? Quand l’année de ta naissance, les tubes ne sont plus ceux des Beatles ou de Gainsbourg mais Big Bisous ou La Chenille ?
«Le problème c’est quand, en plus, tu veux être artiste », constate Camille Chamoux, avec un x comme dans « génération x », celle dont elle fait partie et « qui n’a pas su trouver ses repères ». « J’ai roulé ma première pelle sur Roch Voisine, j’ai découvert l’humour avec Michel Leeb, la philosophie avec BHL, le jeu d’actrice avec Valérie Kapriski dans l’Année des Méduses, et l’humanitaire avec Kouchner », poursuit-elle. Comment avancer dans la vie avec « des bases molles »?

  Avant de se poser toute ses questions, la jeune femme instaure une complicité chaleureuse avec son public, interpellant les retardataires, parcourant les rangs en quête, non sans peine, d’un spectateur né après 1980. Elle calme le jeu avec La Bohème d’Aznavour : « Aujourd’hui il chanterait quoi ? L’intermittence ? L’âge d’or est révolu», persifle-t-elle.
Du métier, elle en a, mais  n’use pas des grosses ficelles, et ne va pas chercher les rires à tous prix, par des blagues ou des bons mots vulgaires. L’humour est fin, l’écriture sans bavures. Après Camille Attaque, coécrit avec Pauline Bureau et joué en solo plusieurs années avec succès, elle revient, seule en scène, avec un spectacle plus intimiste, plus personnel, où  elle évoque, sur le ton de la conversation avec la salle, les petits tourments de la vie, ses grands agacements, et  ses colères tempérées.
Elle s’en prend gentiment à l’air du temps, aux nouveaux parents, à son grand-père conservateur, à un père « madeliniste », à une instit’ qui ne sait pas expliquer la violence de  La Marseillaise à ses ouailles, à une ado d’aujourd’hui hyper-consommatrice, à « Ségo qui est à Obama,  ce que David Guetta est à Gainsbourg », à François Hollande… Elle s’adresse à ceux de sa génération, mais pas seulement, car les  parfums de l’enfance qui flottent sur le spectacle sont universels. Et nostalgie est un mot qui revient souvent sous sa plume acérée, comme un leitmotiv, souligné par quelques éléments de décor vintage (table en formica, lampadaire et disques vinyl) sur le plateau nu du théâtre. Petit ritounelle aussi, la chanson d’Anne Sylvestre  Pomme rouge verte ou bleue ponctue le solo. Avant un « au-revoir » solennel, clin d’œil à Giscard quittant la scène, elle conclut :  « Je me demande ce que la petite fille que j’étais, pense de moi ».
Du bien à n’en pas douter. Et le public, nombreux, ne s’y trompe pas.

 Mireille Davidovici

Théâtre du Petit Saint-Martin 17, rue René-Boulanger 75010 Paris T.  01 42 08 00 32 Jusqu’au 2 août; www.petitstmartin.com.  Et le  10 septembre, aux Théâtre des Sept Collines, 8 quai de la République 
19000 Tulle T : 05.55.26.99.10

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Falstafe

Festival d’Avignon in:

 Falstafe de Valère Novarina, mise en scène de Lazare Herson-Macarel

 

140705_rdl_0348Futur Henri V, le jeune prince passe son temps en débauche en compagnie de son ami Falstafe, malgré la condamnation et les remontrances paternelles.
Or, des ennemis de la dynastie déclarent la guerre à la couronne, Henry devra combattre son cousin Percy et accomplir son destin, selon l’honneur de sa lignée.
De son côté, Falstafe ne quitte pas son attitude dilettante, et s’obstine à profiter d’une jeunesse approximative, malgré les signes manifestes d’une dégradation physique et morale inéluctable: embonpoint, désengagement, lâcheté.
La vertu et l’honneur ne préoccupent guère le bouffon, mais l’illusion d’une vie légère de vains plaisirs et de faux enchantements – un terrain de jeu – qui élude la mort.
Le fou du prince s’amuse avec la vie insouciante et déjoue la mort instinctivement.
Falstafe (1975) de Valère Novarina est une adaptation de Henri IV de Shakespeare qui s’étend historiquement de la mort de Richard II à l’avènement de Henri V.
Lazare Herson-Macarel affirme, comme Novarina – mais comme Verdi aussi, et comme Orson Welles-, avoir resserré l’adaptation de sa mise en scène ludique autour de Falstafe et du parcours initiatique du prince Henry vers les responsabilités.
Aussi cette version destinée à la jeunesse répond-elle à la question de la filiation et de la transmission qui tient particulièrement à cœur le jeune metteur en scène et sa
compagnie au titre rimbaldien, « une jeunesse aimable, héroïque et fabuleuse ».
Ces passionnés des planches œuvrent au Festival du Nouveau Théâtre Populaire dans le Maine-et-Loire. À noter, l’absence de volonté de la part des cinq acteurs – Philippe Canales pour le Roi, Joseph Fourez pour Falstafe, Sophie Guibard pour Pistole et Worcester, Morgane Nairaud pour l’Hôtesse et Julien Romelard pour le Prince et Percy – de se poser sur la scène, comme  pédagogues sentencieux.
Les acteurs se risquent sur le plateau en toute connaissance de cause, pour en découdre à leur façon, et selon leur fraîcheur inventive, et n’hésitent pas à installer dans l’espace les signes scéniques repérables du désordre du monde.
Caddy de supermarché rempli de victuailles  bon marché, emballages envahissants et sacs en plastique volatiles. À son sommet, une radio obstinée diffuse les airs du temps.
L’hôtesse est une Marylin joyeuse qui joue et danse les cérémonies d’accueil. La planète est une vaste poubelle, un récipient urbain en plastique vert pour tous les détritus est posé sur le sol, le refuge privilégié et la caverne de Falstafe.
Le Roi est sur son piédestal, grimé comme un clown et vêtu d’une blouse de peintre artiste qui réalise, depuis une échelle, sa fresque dans les hauteurs, entre ciel et nuit.
Pistole agit en camarade décontracté, observateur et aide de camp plutôt enjoué. Falstafe quant à lui, en pantalon à carreaux et grossi par des prothèses, est l’amuseur qu’on attendait, gouailleur, excessif et trompeur trompé, et  fait rire le public.
On donnera la palme  à Julien Romelard en  chef militaire ; il se vêt et se dévêt en un tournemain. Dans cette scénographie de cirque et de clowns, la parole de Novarina est efficace, à la fois sobre et percutante, malgré les frasques et les folies de ses personnages.
Une farce, une belle ronde endiablée qui, d’un rien,  fait tout, et change la boue en or.

 Véronique Hotte

Chapelle des Pénitents blancs du 6 au 11 juillet.

 

 

 

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