Sleep, Awake

Sleep, Awake,  mise en scène et chorégraphie de Shao Zehui

 photoLe sommeil occupe un tiers de notre vie : cet état peu exploré dans le passé par la science,  fait l’objet de plus en plus de recherches médicales, et les troubles du sommeil sont  croissants dans la population, quelles que soient ses origines.
La chorégraphe Marion Lévy avait créé un beau spectacle, avec En Somme autour de cette question. Ici, c’est une compagnie chinoise qui cherche à nous en révéler les mystères.  C’est le sommeil pathologique qui est montré, en particulier l’insomnie et les terreurs nocturnes, ainsi que l’alternance sommeil/veille.
Cette troupe, (un comédien et trois danseuses), est confrontée à un double challenge : donner à voir un état qui, par essence, se déroule dans le silence et  l’obscurité, mais aussi  permettre ainsi à la danse contemporaine de naître dans un pays peu habitué , du moins pour l’instant, à cette forme chorégraphique.
 Le spectacle souffre d’un manque de rythme, en particulier dans les transitions, et l’accompagnement musical n’est pas toujours très lisible. Mais les quatre artistes défendent avec énergie leurs propositions.  Avec  l’équipe qui les accompagne, ils ont fait un long voyage pour présenter leur travail en Avignon. Il y a quelques beaux moments à retenir dans ces cinquante minutes et, en tout cas, on peut remercier cette troupe de sortir des cadres habituels de la danse chinoise pour venir rencontrer un nouveau public.

Jean Couturier

 Théâtre Golovine jusqu’au 23 juillet à 12h 30, T : 04 90 86 01 27


Archive pour 18 juillet, 2014

le nouveau festival d’Alba

Panier Piano,  leçon musi-comique arrosée de Leonor Stirman

C’est une vraie/fausse conférence d’une grande pianiste délaissée qui analyse le potentiel des spectateurs en leur touchant les mains. Golda Smendrick organise une master-class en se remémorant des souvenirs nostalgiques qui l’émeuvent, et qu’elle soigne à la vodka…
Elle fait d’abord une petite introduction théorique sur la musique, avec en alternance des sons et des silences,  et tente de faire faire aux spectateurs un échauffement vocal, évoque Frédéric Chopin et la gare de Minsk, titube en racontant le voyage de Gorevitch, s’endort sur son piano…
Entre deux séquences de délire verbal, elle joue un pot pourri de morceaux nostalgiques avec un certain brio. Panier-Piano est un spectacle destiné à la rue mai  peine à s’imposer dans un salle fermée, et …devant une quinzaine de spectateurs, malgré le vrai talent de la jolie pianiste.

Collège Saint-Jean Baptiste de la Salle à 14 h 30 jusqu’au 27 juillet, T: 04 32 76 20 63

Edith Rappoport.

Circo barolo, mise en scène d’Alain Reynaud et Ami Hattab

Le nouveau festival d’Alba-la-Romaine, dirigé depuis six ans par Alain Reynaud,  alias Félix Tampon de la compagnie des Nouveaux Nez et Compagnie, fondateur de la Cascade, et du Pôle National des Arts du Cirque de Bourg Saint-Andéol, propose du 10 au 14 juillet une quinzaine de spectacles de clowns et de cirque, dans un site agreste enchanteur.Plus de cent cinquante représentations, et des ateliers et des visites du site  attirent un public familial très populaire.
Chaque année, un collectif se réunit pour élaborer une création singulière, élaborée en quelques jours de répétitions, qui rassemble des artistes de cirque venus de différents horizons. Ce Circo Barolo répété à la Croix-Rousse à Lyon, a connu huit représentations qui se prolongent au-delà de la clôture du Festival au coucher du soleil dans ce site magnifique.
Félix Tampon mène la danse avec son nez rouge pour introduire ses compagnons. D’abord la ferme pédagogique avec Diane Dugard,  dresseuse de poules, la compagnie Corlao, avec Coraline Léger et Laura Colin, Serge Huercio et son vélo acrobatique et l’étonnant Luca Berganzi, voltigeur sur le fil, tous  accompagnés par les musiques du Trio Barolo qui donnent une résonance poétique à ce splendide espace…
Malgré quelques longueurs clownesques de Félix Tampon qui n’en finit pas de s’emmêler dans ses partitions, ce Circo Barolo est un délice poétique comparé aux touffeurs asphyxiantes du festival d’Avignon.

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Théâtre Antique d’Alba la Romaine jusqu’au 18 juillet  à 19h 30

www.lenouveaufestivaldalba.fr

Toni M.

Toni M. , texte de Gaétan Vassart, collaboration artistique de Bernard Sobel

 

 Gaëtan-VassartEn  2009, Toni Musulin,  convoyeur de fonds,  avait disparu au volant  du  fourgon blindé de la société qui l’employait  à Lyon,  avec 11,6 millions d’euros à bord. Il avait été condamné en 2010, à cinq ans de prison.  Sur ce butin de  11,6 millions d’euros, 9,1 avaient été retrouvés quelques jours après le vol.
Et Toni Musulin s’était rendu à la police de Monaco dix jours après…  Il a été libéré en 2013 mais a toujours nié avoir empoché la différence…
Les choses, entre temps, se seraient compliquées, puisque, selon Hervé Banbanaste, l’avocat du convoyeur de fonds, estimait  que l’affaire concernant le super-flic Michel Neyret remettait  en cause la disparition des  2,5 millions d’euros, alors même que l’enquête  avait été menée par le présumé flic ripou.

  Bref, cette affaire passionna l’opinion publique; depuis sa libération, Toni Musulin a retrouvé sa Serbie natale, et ce vol rocambolesque a déjà fait l’objet d’un film de Gilles Minouni en 2011 avec François Cluzet.
Gaétan Vassart, comédien que l’on a pu souvent voir dans les mises en scène de Bernard Sobel, s’est inspiré de ce fait-divers pour écrire une fiction où il raconte la fuite  mythique de cet homme qui rêvait d’une vie plus luxueuse que celle d’un petit convoyeur de fonds, et  dont la courte cavale a fini lamentablement, loin de Lyon et de ses quais brumeux, sous le beau soleil et les palmiers de Monaco, symbole de la richesse et du pouvoir financier. Le tout, ce qui est plus rare, sans aucune violence. Mais moralité: un hold-up  ou assimilé, c’est plus facile à réussir qu’une cavale qui nécessite une logistique de tout premier ordre…

  Cela se passe dans la toute petite chapelle Sainte-Claire du Théâtre des Halles. Sur la scène, quasiment rien qu’un châssis au centre, pour cacher quelques accessoires dont une poule que Gaétan Vassart plumera tout au long du spectacle, après l’avoir plongé dasn l’eau chaude. Et, sur le côté de la petite scène, une vraie poule, bien vivante. La mort, la vie, ou la vie, la mort?  Si c’est une idée de Nanard, elle est aussi sotte que grenue, et n’apporte rien du tout. D’autant plus que les animaux vivants sur une scène… on aura quand même beaucoup donné, d’un dindon dans Tartuffe chez  Dominique Pitoiset, d’un cheval chez Matthias Langhoff et des poules chez Jérôme Savary, etc…  On espère que la poule au moins n’est pas jetée, et est mise aussitôt à cuire…
Cela dit,  Gaétan Vassart s’empare de son texte  qu’il a écrit en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon,  avec beaucoup de finesse et de savoir-faire. Il n’y a pas foule pour l’écouter mais il est là, solide, assis sur une chaise, en train de plumer sa poule comme un paysan qui l’a fait des dizaines de fois, en  racontant  la belle histoire  de cet homme dont le rêve un peu naïf fascine toujours les populations; aux meilleurs moments, naît alors une certaine émotion.
Voilà, à vous de décider si ce monologue de soixante-dix minutes vaut le détour…

Philippe du Vignal

Théâtre des Halles Chapelle Sainte-Claire jusqu’au 27 juillet à 18h 30.

Haeesshek par El warsha

Haeeshek Je te (sur) vivrai par El Warsha

140714_rdl_0580 El Warsha (l’Atelier), créé en 1987  par Hassan El Geretly, regroupe de grands artistes égyptiens: musiciens, comédiens professionnels  mais aussi des gens du peuple qui ont ressuscité d’anciennes traditions populaires autour d’une collecte de contes, de récits de vies brisées par les guerres, tout en revenant à d’anciennes traditions de la geste hilalienne en arabe classique.
 El Warsha qui rayonne dans toute l’Égypte et bien au-delà,  a été étroitement associé aux luttes de la place Tahrir depuis janvier 2011. C’est en effet  une sorte de cabaret né des témoignages relatifs aux fameux « 18 jours » qui ont abouti à la chute du président Hosni Moubarak et qu’a recueillis Shady Atef, un jeune écrivain qui a ensuite  insufflé cette mémoire récente à cinq personnages et autant de monologues
  Dix-huit comédiens et musiciens pénètrent sur le plateau et se placent sur des chaises disposées en demi cercle. Sur une grand écran, à jardin, une phrase : «  Il vient une heure où protester ne suffit plus. Après la philosophie, il faut l’action !  La vive force achève ce que l’idée a ébauché …»
Hassan El Geretly introduit en français le récit de ses camarades dans les scènes en arabe avec traduction sur écran. Haeeshek est tout à fait remarquable de virtuosité dramatique, comique, tragique et toujours musicale pour dépeindre une réalité inquiétante mais jamais désespérante.
De l’histoire du chauffeur de taxi malade, qui se fait rouler quand il a payé  un pot-de-vin pour  récupérer son permis de conduire, à d’autres bien plus anciennes, comme la reconquête du canal de Suez, le déménagement des Nubiens chassés par l’édification d’un barrage, ou encore l’accueil en musique de Valéry Giscard d’Estaing , mais aussi le deuil impossible d’une mère venue pleurer son fils à l’hôpital, la troupe fait éclater une force de vie qui disparaît de notre société occidentale où chacun reste rivé sur ses écrans.

  Il faut féliciter Olivier Py d’avoir invité El Warsha !

Edith Rappoport

Cour de l’Université d’Avignon, dernière représentation  ce soir 18 juillet à 22 h. (On pourra retrouver El Warsha cet hiver au Tarmac à Paris. warshatroupe@gmail.com

Festival d’ Avignon off: 

Les Pendus  par la compagnie Kumulus, spectacle de Barthélémy Bompard, texte de Nadège Prugnard.

Nous avions pu découvrir ces fracassants Pendus en 2009, sur une place en pente au festival d’Aurillac où il était difficile d’appréhender l’incroyable violence de ce texte sur la peine de mort.
   La compagnie Kumulus a eu la bonne idée de le reprendre sur une scène frontale dans une cour calme d’un centre de  la Croix-Rouge, à l’écart du tumulte avignonnais.
Sur le plateau, quatre potences attendent les quatre condamnés, deux hommes et deux femmes, les mains liées derrière leurs dos, qui entrent, précédés des deux bourreaux en costumes. On leur met la corde au cou et on les entend revivre les cauchemars de leur vies dans une langue violente et hachée par toutes leurs douleurs.
Quatre personnalités différentes, un punk maltraité par sa famille, une immigrée voilée venue chercher de quoi nourrir ses enfants, une actrice et un écrivain.
Ils revivent les cauchemars de leurs vies passées, « Osons la colère pour ne pas mourir (…) j’en appelle au désordre …! » On les pend, leurs corps se balancent, les croque-morts s’en vont, et les morts parlent : « Est-ce que la mort c’est la mollesse de la queue ? (…) On ne vit que deux fois, la première quand on naît, la deuxième quand on meurt ! « 
  Le texte qui a de belles fulgurances poétiques, est d’une grande crudité et mitraillé avec virtuosité par Barthéléy Bompard, Thérèss Bosc, Céline Damiron et Nicolas Quillard « Ce n’est pas moi qui me tue, c’est la société qui me suicide ! (…) J’aurais voulu un monde où on ne me juge pas à la couleur de ma peau ! »
Après leur mort,  on décroche les cadavres, c’est enfin la catharsis qui nous apaise  avec  un negro spiritual.

Edith Rappoport

Cour de la Croix-Rouge 6,  rue Pont Évêque jusqu’au 20 juillet à 18 h 30.  T:  06 37 89 74 28

Aujourd’hui, demain ce sera hier de Philippe Dorin

Festival d’Avignon off

Aujourd’hui, demain ce sera hier
de Philippe Dorin

3b694b_be28c5f6d5b848f6a75558740c2865bf.jpg_srz_400_248_75_22_0.5_1.2_75_jpg_srzL’écriture de Philippe Dorin fait merveille dans le monde du théâtre jeune public, et ses  pièces ont été souvent mises en en scène par Sylviane Fortuny; on se souvient d’Abeilles, habillez- moi de vous,  ou de Sœur, je ne sais pas quoi frère. La compagnie  Picarde Ca va aller a travaillé en étroite collaboration avec l’auteur et les habitants de Tergnier pendant près de trois ans pour  présenter ce texte.
Un homme vient s’installer sur une chaise à l’avant-scène et nous propose un défi peu commun : nous ennuyer  ensemble cinq  minutes, les mauvaises langues diront que ça arrive bien souvent au théâtre ! Puis s’ensuit une série de situations avec deux autres personnages : le copain un peu allumé, la femme fatale qui demande de l’aide pour
attacher sa robe et la petite famille dont il va se retrouver le père.
On retrouve là les habitudes d’écriture de Philippe Dorin : de nombreux jeux sur le langage (le titre ici en est l’illustration), l’évocation de la famille et surtout, le temps qui passe et la journée d’un personnage découpée par les repères du repas de midi et de l’homme dans la télé qui donne les nouvelles du monde avec un grand sourire.
Les personnages, comme souvent chez Dorin, n’ont pas de prénom, ils sont le père, la mère, l’enfant. Ils surgissent et se retrouvent au milieu d’actions parfois farfelues et un peu absurdes, et contribuent à faire de ce théâtre,  un objet de drôlerie pour les enfants , et d’intérêt pour les plus grands.
Yann Berthelot, le personnage principal, joue malgré une grande atèle à la jambe et une béquille, et son rictus au moment du salut laisse penser qu’il est réellement blessé, mais son jeu prend très bien en compte ce handicap, bravo à lui. Il est bourré de mimiques et d’expressions grimaçantes qui ne sont pas sans rappeler Patrice Thibaud.
La mise en scène 
s’adresse particulièrement aux enfants par son rythme, ses couleurs, ses courses poursuites et par le jeu des comédiens un peu extravaguant et la musique très emballée. Un système de trois panneaux avec des stores est manipulé dans tous les sens et dans toutes les positions et permet aux acteurs d’y faire des ombres où  se cacher .Les adultes, eux  s’arrêteront plus sur le texte qui regorge de jeux  sur le langage et qui amène en douceur, chose rare, des questionnements philosophiques sur le temps qui passe, la mort ou la famille.
Voilà un spectacle q
ui déclenchera réactions et discussions chez les plus jeunes,  et  qui devrait intéresser les enseignants Une belle proposition pour enfants pas trop petits, afin qu’ils puissent goûter aux subtilités nombreuses du texte, et aux adultes qui n’ont pas enfoui leur part d’enfance !

Julien Barsan

Espace Alya jusqu’au 27 juillet, à 11h35 les jours impairs.

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Le Temps suspendu de Thuram

Festival d’Avignon off:

Le Temps suspendu de Thuram de Véronique Kanor,  mise en scène d’Alain Timar

 LE TEMPS SUSPENDU DE THURAM-D.Bernard-R.Tribord ©SoyléJournaliste, réalisatrice de courts-métrages, photographe, romancière, performeuse de la scène et slameuse, Véronique Kanor se dit en prise directe avec le mouvement contemporain d’une société en crise qu’elle capte par tous les moyens. Avec cette pièce,  la dramaturge souhaite que le sportif de renommée internationale prenne conscience « que là où il est, dans cette tribune où il distille sa pensée sur le monde noir, ce n’est peut-être pas une place choisie, mais imposée par l’entourage, les fans, les politiques et un peuple ».
L’auteure et créatrice vidéo caribéenne ajoute que le footballeur vedette guadeloupéen Lilian Thuram n’est certes pas « sa copine » mais il le deviendra. Comment se dégager des attentes collectives – un modèle acquis malgré soi ?
  À peine a-t-on déjà oublié les images récentes de la Coupe du monde de football 2014 avec la victoire au Brésil, de l’Allemagne sur l’Argentine,  que revient à l’esprit les photos de la Coupe du monde 1998 avec sa demi-finale France-Croatie au cours de laquelle Thuram qualifiait  la France pour la finale,  avec deux buts.
Pour la vidéaste, l’arrêt sur image avec Thuram à genoux savourant la victoire, et posant une main de « penseur » sur son visage, est une scène-culte inoubliable. Image donnée à voir au public …
  Cette posture mythique d’un temps suspendu – Thuram philosophe -  est à l’origine du texte dramatique, drôle et poétique, que met en scène avec éclat Alain Timar. Deux hommes se font face: l’un a kidnappé l’autre, un autre temps suspendu. Le premier n’a pas accompli sa vie selon son désir profond mais selon un bon-vouloir dicté, il a obéi au cadre social assigné d’office: époux, père, modeste travailleur incertain. Eugène est un vrai raté, il le sait, un looser, magnifiquement joué par l’acteur guadeloupéen Dominik Bernard qui ne cesse d’aller et venir et incarne un personnage nerveux, imprévisible.
  Le second, figure emblématique et modèle citoyen, s’apprêtait à inaugurer une école qui portera son nom. Thuram, qu’interprète avec délicatesse, le comédien guyanais Ricky Tribord, est un gagnant  à la part belle, joueur adulé et défenseur des opprimés.
 Or, les rôles sont bien évidemment inversés : le gagnant universel est caché sous une capuche, les mains et les pieds entravés, à la merci du responsable du rapt. Le beau perdant reprend la maîtrise du jeu, sommant son adversaire heureux à s’interroger  dans un jeu cruel, étayé d’humour, d’autodérision et de sarcasmes.
Le décor a tout d’un débarras, un non-lieu pour non existants et faux monnayeurs. La tension de la situation s’impose d’emblée et jamais elle ne décroît, forçant le kidnappé comme le spectateur – tous à la même enseigne – à dire sa vérité.
Un beau match, maîtrisé de part et d’autre,  grâce à l’art de la formule et de l’ironie.

 Véronique Hotte

  Théâtre des Halles, jusqu’au 27 juillet à 11h.

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