Toni M.

Toni M. , texte de Gaétan Vassart, collaboration artistique de Bernard Sobel

 

 Gaëtan-VassartEn  2009, Toni Musulin,  convoyeur de fonds,  avait disparu au volant  du  fourgon blindé de la société qui l’employait  à Lyon,  avec 11,6 millions d’euros à bord. Il avait été condamné en 2010, à cinq ans de prison.  Sur ce butin de  11,6 millions d’euros, 9,1 avaient été retrouvés quelques jours après le vol.
Et Toni Musulin s’était rendu à la police de Monaco dix jours après…  Il a été libéré en 2013 mais a toujours nié avoir empoché la différence…
Les choses, entre temps, se seraient compliquées, puisque, selon Hervé Banbanaste, l’avocat du convoyeur de fonds, estimait  que l’affaire concernant le super-flic Michel Neyret remettait  en cause la disparition des  2,5 millions d’euros, alors même que l’enquête  avait été menée par le présumé flic ripou.

  Bref, cette affaire passionna l’opinion publique; depuis sa libération, Toni Musulin a retrouvé sa Serbie natale, et ce vol rocambolesque a déjà fait l’objet d’un film de Gilles Minouni en 2011 avec François Cluzet.
Gaétan Vassart, comédien que l’on a pu souvent voir dans les mises en scène de Bernard Sobel, s’est inspiré de ce fait-divers pour écrire une fiction où il raconte la fuite  mythique de cet homme qui rêvait d’une vie plus luxueuse que celle d’un petit convoyeur de fonds, et  dont la courte cavale a fini lamentablement, loin de Lyon et de ses quais brumeux, sous le beau soleil et les palmiers de Monaco, symbole de la richesse et du pouvoir financier. Le tout, ce qui est plus rare, sans aucune violence. Mais moralité: un hold-up  ou assimilé, c’est plus facile à réussir qu’une cavale qui nécessite une logistique de tout premier ordre…

  Cela se passe dans la toute petite chapelle Sainte-Claire du Théâtre des Halles. Sur la scène, quasiment rien qu’un châssis au centre, pour cacher quelques accessoires dont une poule que Gaétan Vassart plumera tout au long du spectacle, après l’avoir plongé dasn l’eau chaude. Et, sur le côté de la petite scène, une vraie poule, bien vivante. La mort, la vie, ou la vie, la mort?  Si c’est une idée de Nanard, elle est aussi sotte que grenue, et n’apporte rien du tout. D’autant plus que les animaux vivants sur une scène… on aura quand même beaucoup donné, d’un dindon dans Tartuffe chez  Dominique Pitoiset, d’un cheval chez Matthias Langhoff et des poules chez Jérôme Savary, etc…  On espère que la poule au moins n’est pas jetée, et est mise aussitôt à cuire…
Cela dit,  Gaétan Vassart s’empare de son texte  qu’il a écrit en résidence à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon,  avec beaucoup de finesse et de savoir-faire. Il n’y a pas foule pour l’écouter mais il est là, solide, assis sur une chaise, en train de plumer sa poule comme un paysan qui l’a fait des dizaines de fois, en  racontant  la belle histoire  de cet homme dont le rêve un peu naïf fascine toujours les populations; aux meilleurs moments, naît alors une certaine émotion.
Voilà, à vous de décider si ce monologue de soixante-dix minutes vaut le détour…

Philippe du Vignal

Théâtre des Halles Chapelle Sainte-Claire jusqu’au 27 juillet à 18h 30.

 


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