Sleep

Sleep, conception et chorégraphie de Saburo Teshigawara

 

photoSaburo Teshigawara a invité Aurélie Dupont, une des danseuses étoiles de l’Opéra de Paris les plus connues au Japon,  pour sa nouvelle création à Tokyo.
Il l’a associée pour Sleeep, à son interprète-fétiche Rihoko Sato que nous avions vue au printemps dernier, au Théâtre national de Chaillot et à la Maison de la Culture du Japon, . Comme toujours,  le chorégraphe  a choisi la partition musicale,  enregistrées et parfois mixée à des  sons de la nature.
Il crée les costumes et, conçoit, pour tout scénographie, un plateau nu, surmonté de tables, de chaises, et de plaques en plexiglass translucides descendant des cintres et délimitant l’espace de jeu en fonction des différentes scènes. Un miroir rectangulaire horizontal, au fond, permet de multiples jeux de lumière, toujours très précis.  Saburo Teshigawara fait alterner des mouvements lents et souples avec des séquences très rapides et saccadées. mais sa gestuelle est toujours aussi harmonieuse et aussi envoûtante.
Deux jeunes danseuses japonaises accompagnent le duo en noir et blanc. Aurélie Dupont  a une partition égale à celle des autres artistes; sa fluidité et sa douceur de geste contrastent, dans certaines scènes, avec l’énergie survoltée de Rihoko. Saburo Teshigawara élabore une forme de danse très ouverte,  où les tableaux successifs des corps en mouvement donnent lieu à de multiples interprétations. Il dit : «Tout est mouvement à l’intérieur de notre corps, les fluides, le pouls, la respiration.»
Nous pouvons y voir des rêves et des cauchemars se croiser, avec des moments d’une grande intensité émotionnelle, en particulier, au moment  où les artistes entament ensemble une danse lente sur la musique d’Alina d’Arvo Pärt. Une autre séquence, pleine d’humour, sur  le Casse-noisette de Tchaïkovski,  mêlée à des cris de femmes, ponctue le milieu de ce spectacle  d’une heure trente. Entrées et sorties des danseuses  presque imperceptibles: l’une remplace l’autre comme par magie. Et solos,  duos ou trios alternent mais parfois les cinq artistes sont tous ensemble sur scène. Ce qui est remarquable ici:  la danse est permanente, et  se suffit à elle-même, dans toute sa beauté.
Le spectacle oscille constamment entre rêve et réalité et l’on pense aux dernières répliques du Songe d’une nuit d’été  : « Si nous n’avons vécu, ombres que nous sommes, figurez-vous seulement,  pour tout arranger, que vous avez  seulement  dormi ici, pendant que toutes ces visions vous apparaissaient.»
On souhaite vraiment que Sleep soit présenté  un jour en France.

 Jean Couturier

Tokyo Metropolitan Theater du 14 au 17 août.

http://www.st-karas.com/sleep/

 

 


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