Habitaculum

Festival d’Aurillac

Habitaculum par la compagnie  Kamatchàtka  

  Cette compagnie née en 2006 de la rencontre d’artistes de différentes disciplines, implantée à Barcelone, elle a créé Habitaculum il y a cinq ans. C’est une sorte de spectacle,  ou plutôt une installation fondée sur un langage non verbal: pas une parole n’est prononcée pendant une heure et demi par les douze interprètes, et qui doit beaucoup aux arts plastiques.
 Cela se passe à la périphérie du centre ville, dans une zone de petite industrie. Après quelques détours, on arrive par groupe d’une vingtaine pas plus, à l’entrée d’une vieille et belle  demeure cantalienne au bout d’un grand pré bien vert. 
Nous sommes immédiatement délivrés de nos sacs et certains reçoivent en échange une des quelque anciennes cinquante vieilles valises. Puis arrivés dans l’entrée de la maison dont le sol est couverts de centaines de petites clés de toute espèce. A main gauche, un salon avec des rangées de citrons posés ou suspendus au plafond, et une petite trampoline.
A main droite, une belle et grande cuisine d’autrefois avec cheminée en pierre. Un des acteurs prépare en silence quelque chose qui ressemble à du vin chaud.
  On monte ensuite au premier puis au second étage de la maison où dans chaque pièce qui constitue,  si on a bien compris,  une sorte de cocon affectif,  un des interprètes est chargé, dans le plus grand silence, de créer une complicité avec entre spectateurs. Il y a en particulier,  une pièce où on est assis sur de vieilles valises pour boire une petite tasse d’une mixture non identifiée, du genre vin chaud coupée d’eau…
Il y a aussi une pièce aux murs remplis de très belles photos anciennes de famille et de guerre, sans doute la plus émouvante, et une autre, vide où une baignoire en zinc d’autrefois, remplie d’eau,  sert de pédiluve collectif pour six personnes et où chacun est prié de masser les pieds de son voisin avec des tranches de citron, après que l’on vous ait  enlevé chaussures et chaussettes que vous serez prié de récupérer ensuite sur le tapis ou sur les étagères d’une autre pièce uniquement réservée à cette plaisanterie.
 Il y a aussi au premier étage une grande pièce dotée d’une tempête de billes blanches de polystyrène soufflées par de gros ventilateurs. Drôle? Pas vraiment,  mais les enfants semblent apprécier…
  La visite se prolonge derrière la maison où un chemins de sable est tracé avec dessus une longue rangée de bouteilles vides. A la sortie, on vous confie une valise et on vous habille d’autorité avec un vieux manteau. Et on vous serre dans les bras comme le vieil ami de la famille Kamatchàtka  que vous devez être devenu.
  Cette promenade, payante,  est  tout à fait au point sur le plan technique, mais reprend souvent des poncifs comme le portage de vieilles valises, la participation du public aux petites actions, etc… lequel public semble content, mais nous a semblé bien longuette et pas très passionnante surtout pendant une heure et demi!
Bref, malgré une note d’intention qui se voudrait enthousiaste, on reste sur sa faim. « Habitaculum est une expérenice unique, un voyage dans une installation vivante », disent ses créateurs,  » Et c’est de l’essentiel et de la simplicité que naît l’échange avec l’autre. Sentir , toucher, jouer… avec la liberté de celui qui ne connaît pas et ne juge pas ».
On veut bien mais on est  ici vraiment un peu loin du compte!

Philippe du Vignal

Spectacle joué  du 20 au 23 août.

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