Pascal Descartes, L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune

 Pascal /Descartes, L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune de Jean-Claude Brisville, mise en scène de Daniel et William Mesguich

En 1985 qu’avait été créé cette pièce  au Petit-Odéon, dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel avec Henri Virlogeux et Daniel Mesguisch.
Depuis les Mesguisch, père et fils,  sont emparés depuis 2007 de ce dialogue: Daniel est Descartes, et son fils William incarne l’intraitable Pascal. Soit deux générations qui s’affrontent; la dimension du temps, de l’expérience donc leur mot à dire. À l’épreuve irréductible du vécu, s’ajoutent les variations de caractère de ces philosophes les plus célèbres de leur temps. Cette rencontre mythique a bien eu lieu au couvent des Minimes, près de l’ancienne Place Royale, le 24 septembre 1647…
Le jeune et maladif Blaise Pascal de 24 ans et l’expérimenté René Descartes de 51 ans – ne s’entendent pas! Pour parler du monde: science et religion, raison et sentiment, vide et foi,  ils ont des visions radicalement antagonistes. D’un côté, sagesse de l’expérience, goût du voyage et  choix des Pays-Bas comme terre d’accueil. Le « vieux » philosophe est homme de terrain et a roulé sa bosse; il aime  la raison et la mesure, et préfère se  taire plutôt que de susciter le scandale en dévoilant des vérités physiques nouvelles et subversives qui mettraient Dieu à mal.
Et chez Pascal,  tourment du questionnement, foi, exaltation mystique et radicalité pathétique d’une jeunesse ardente et fragile. Méfiant, Descartes  ne signera pas la lettre de défense d’un  ami janséniste écrite par Pascal pour le sauver  la rigueur des autorités morales.
L’échange verbal correspond à des points de vue intransigeants: raison ou passion, modération ou engagement profond. D’un côté, Voltaire avec ce qui relèverait de la réalité pragmatique, et de l’autre, Rousseau, avec ce qui ressortirait au rêve et à l’imaginaire. Donc nulle rencontre possible entre ces deux éthiques et esthétiques. Subsiste seul un idéal inaccessible de conciliation de systèmes de valeurs..
Ici, cette rencontre spirituelle est  incarnée dans un  face-à-théâtral attachant, joué avec acuité mais qui, et c’est dommage! n’échappe pas à un romantisme désuet et à une forme d’illustration de ce qui  aurait pu être un moment rare.

 
Véronique Hotte

 

Théâtre de Poche-Montparnasse, jusqu’au 2 novembre, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30. T: 01 45 44 50 21.


Archive pour 9 septembre, 2014

Pascal Descartes, L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune

 Pascal /Descartes, L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune de Jean-Claude Brisville, mise en scène de Daniel et William Mesguich

En 1985 qu’avait été créé cette pièce  au Petit-Odéon, dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel avec Henri Virlogeux et Daniel Mesguisch.
Depuis les Mesguisch, père et fils,  sont emparés depuis 2007 de ce dialogue: Daniel est Descartes, et son fils William incarne l’intraitable Pascal. Soit deux générations qui s’affrontent; la dimension du temps, de l’expérience donc leur mot à dire. À l’épreuve irréductible du vécu, s’ajoutent les variations de caractère de ces philosophes les plus célèbres de leur temps. Cette rencontre mythique a bien eu lieu au couvent des Minimes, près de l’ancienne Place Royale, le 24 septembre 1647…
Le jeune et maladif Blaise Pascal de 24 ans et l’expérimenté René Descartes de 51 ans – ne s’entendent pas! Pour parler du monde: science et religion, raison et sentiment, vide et foi,  ils ont des visions radicalement antagonistes. D’un côté, sagesse de l’expérience, goût du voyage et  choix des Pays-Bas comme terre d’accueil. Le « vieux » philosophe est homme de terrain et a roulé sa bosse; il aime  la raison et la mesure, et préfère se  taire plutôt que de susciter le scandale en dévoilant des vérités physiques nouvelles et subversives qui mettraient Dieu à mal.
Et chez Pascal,  tourment du questionnement, foi, exaltation mystique et radicalité pathétique d’une jeunesse ardente et fragile. Méfiant, Descartes  ne signera pas la lettre de défense d’un  ami janséniste écrite par Pascal pour le sauver  la rigueur des autorités morales.
L’échange verbal correspond à des points de vue intransigeants: raison ou passion, modération ou engagement profond. D’un côté, Voltaire avec ce qui relèverait de la réalité pragmatique, et de l’autre, Rousseau, avec ce qui ressortirait au rêve et à l’imaginaire. Donc nulle rencontre possible entre ces deux éthiques et esthétiques. Subsiste seul un idéal inaccessible de conciliation de systèmes de valeurs..
Ici, cette rencontre spirituelle est  incarnée dans un  face-à-théâtral attachant, joué avec acuité mais qui, et c’est dommage! n’échappe pas à un romantisme désuet et à une forme d’illustration de ce qui  aurait pu être un moment rare.

 
Véronique Hotte

 

Théâtre de Poche-Montparnasse, jusqu’au 2 novembre, du mardi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30. T: 01 45 44 50 21.

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