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Cartel, conception, scénographie et direction Michel Schweizer

 

  photoPour Michel Schweizer, «Le théâtre, dit-il, est un des rares endroits où nous pouvons encore nous regarder face à face, où nous pouvons tenter le risque de l’inconnu.» Il réunit avec lui sur le plateau nu, deux danseurs, une cantatrice, et une régisseuse. Et il y a aussi trois cyclistes qui pédalent pour générer la lumière et qui lui permettent ainsi d’avoir une attitude éco-responsable… Et trois projecteurs mobiles et deux malles d’accessoires…
Jean Guizerix, ancien danseur étoile et maître de ballet à l’Opéra de Paris et Romain di Fazio, jeune danseur du ballet de Thierry Malandain à Biarritz, font osciller cette création entre passé et présent de la danse.
Certains spectateurs ont pu se sentir un peu exclus de cet univers, à cause de nombreuses références chorégraphiques, mais cette rencontre a été marquée par de très beaux moments d’émotion.
Jean Guizerix, à 69 ans, évoque son passé et insiste sur l’importance du geste dans l’art de la danse.  «Nos mains, dit-il,  sont nos pieds, tant que le danseur ne connaît pas le mouvement avec ses mains, il ne l’a pas véritablement intégré dans son corps .»
Suit un  ballet de mains à deux, qui reprend la célèbre scène du Prélude à l’après midi d’un faune.
Puis  l’ancien danseur-étoile se lance, malgré un corps un peu  fragilisé par le temps, dans une belle évocation dansée de Raymonda où, en 1983, Rudolf Noureev lui avait confié un rôle. «Voilà 24 ans qu’il s’est absenté», dit-il avec pudeur. Il a passé vingt-huit ans à l’Opéra de Paris et se souvient d’un  autre choc artistique: sa rencontre avec Merce Cunnigham à New York en 1973, quand il  lui  donna à danser Un jour ou deux.
A cet instant précis, pour Jean Guizerix, l’âge alors n’existe plus,  et il se lance dans un solo plein de grâce et d’audace, sous le regard  admiratif de Romain di Fazio, qui, après quelques questionnements existentiels, se met aussi à jouer et danser, avec l’énergie et la fougue de sa jeunesse.
Ponctué par les interventions orales décalées de Michel Schweizer, qui, tel Tadeusz Kantor, le célèbre metteur en scène polonais, ne quitte jamais le plateau, ce dialogue constitue une belle soirée mais aussi un partage d’émotions passées ou futures que procure la mémoire sensorielle du corps dansant.
Jean Guizerix le résume joliment par ces mots: «Le temps n’a pas de  prise sur ce que le corps a aimé.»

 Jean Couturier

www.letempsdaimer.com

 

 


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