l’Amour d’écrire en direct

L’amour d’écrire en direct,  animation et mise en scène de Marc-Michel Georges

 Après sept ans d’existence dans  plusieurs salles de Paris, et en province, L’amour d’écrire en direct  a lieu tous les deux mois de façon bimestrielle. C’était lundi  la 44ème édition de cet ovni, à cheval sur le cabaret et l’écriture de textes en direct avec un objectif précis: que le public puisse voir de près à quoi ressemblent de jeunes écrivains, et comment ils arrivent, à partir d’une phrase ou de quelques mots proposés par un spectateur  à pondre un texte en un temps record, voire même directement sur la scène. Donc unité de lieu, de temps (chronométré), et d’action: bref, les vieilles règles de la dramaturgie classique susceptibles d’être ici appliquées à l’écriture et à l’improvisation.
Cela se passe au Pan Piper, une ancienne petite usine reconvertie en lieu multi-fonctionnel situé dans l’impasse Lullier,  à cent mètres du métro Philippe Auguste, doté de plusieurs salles de répétition et d’un restaurant. En sous-sol, une salle avec un bar un peu chic, avec, au mur, des affichettes indiquant que les  Soirées sont soutenues par les Ecrivains Associés du Théâtre (EAT) et la Fondation Inter-Fréquence sous l’Egide de la Fondation de France, et plus loin, cent cinquante chaises (pas attachées, bonjour la sécurité!)  et une petite scène  pas assez haute. (Donc le public ne voit pas bien) mais elle est correctement équipée de pendrillons noirs, d’un micro sur pied, et de quelques projos qui diffusent une lumière bleue et jaune.
2014-01-27 20.51.09Marc-Michel Georges salue le public- une centaine  de personnes- où il y a quand même quelque jeunes gens, sans doute amis des écrivains. Le droit d’entrée est de douze € et on peut faire don d’un petit objet ni lourd, ni cher, ni encombrant qui donnera lui aussi prétexte à écriture pour le philosophe de service, lundi dernier, c’était François Thomas, avec, sans doute, le texte drôle et le plus brillant de la soirée, où il cite nombre d’écrivains, dont Parménide.
Marc-Michel Georges, très à l’aise, salue aussi la marraine de cette quarante-quatrième édition : Elsa Wolliaston, la grande dame de la danse africaine… Il salue aussi un écrivain, connu pour ses plagiats de Guillevic et un ex-directeur de petit théâtre connu, lui, pour son manque de scrupules… Passons!
Il fait ensuite entrer sur scène  trois  jeunes écrivains: Camille Solal, Carine Marouteau, Baptiste Moussette, et Hana Zavadilova, elle, un peu plus âgée, et auteure d’une pièce jouée. Et deux slameuses,  Shein B et Laureline Kuntz.
D’abord, un air d’accordéon joué par Marc-Michel Georges, ainsi qu’un petit film de lui, court mais un peu laborieux dont il  revendique la paternité, et, indique-t-il, réalisé en une journée, où il incarne un mari et, travesti avec perruque, sa femme.
Les écrivains, eux, ont été priés par lui d’écrire plusieurs fois en un temps imposé chrono, un texte à partir d’une phrase donnée par un spectateur, ou sur un thème imposé. Vieux truc d’improvisation  théâtrale reconverti pour l’écriture. Mais cela marche, même si c’est très inégal: le texte pondu à l’arrache par Baptiste Moussette, est, lui, particulièrement  intéressant.
Un des meilleurs moments  du spectacle est aussi celui où chaque écrivain à partir de quelques mots imposés,  doit écrire au stylo et en deux minutes (ou plutôt faire semblant…) un petit texte. Ce cocktail impro théâtrale/ écriture est des plus réjouissants…
Quant à Laureline Kuntsz, comédienne à l’excellente diction, ce qui ne gâche rien, elle dit, accoudée au bar, un monologue où elle s’amuse à jouer avec les mots: c’est à la fois drôle, subtil et d’une rare élégance… L’autre monologue de Shein B est moins convaincant. Il y a aussi, sur la fin, un avocat (celui qui veut dans le public mais bon, cela sent un peu  la triche!) qui, chacun, viendra défendre un des textes.
Le spectacle avance bien lentement, et sans autre rythme que celui du bruit des langue de belle-mère distribuées au public qui renâcle un peu à s’en servir. En fait, il y a de bons moments où l’on rit de bon cœur, mais d’autres où on s’ennuie ferme pendant ces deux heures annoncées (en réalité rallongées de trente minutes!), ce qui est beaucoup trop long.
La faute à quoi? A un démarrage des plus laborieux, au petit film où il se fait plaisir, que Marc-Michel Georges aurait pu nous épargner, à certaines interventions assez faibles (mais c’est la loi du genre!). Et surtout à une mise en scène qui n’est pas du bois dont on fait les flûtes. En fait, tout se passe comme s’il voulait remplir ici un temps déterminé, et cela ne peut pas fonctionner à plein régime. Et c’est d’autant plus dommage qu’il y a ici nombre d’ingrédients tout à fait intéressants dans la recette concoctée par Marc-Michel Georges.
Donc à suivre  à la prochaine édition…

Philippe du Vignal

Pan Piper,  Impasse Lullier 75011 Paris

 

 


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