Le Cabaret de l’austérité

Le Cabaret de l’austérité, de Zohar Wexler, d’après des textes et chansons de Gilad Kahana


art_5280.jpg=584x328
Le titre – séduisant et racoleur -  et sa programmation certains jours de la semaine seulement – auraient dû nous inciter à plus de méfiance, méfiance aussitôt renforcée quand on  voit, en entrant dans cette salle de 150 places, qu’il y a dix-huit spectateurs. Cherchez l’erreur…
Sur une petite scène toute en longueur et sans profondeur, un espace, à jardin, réservé à des portants de costumes et à de mini-tables de maquillage, au centre, une sorte de banc qui encombre le plateau, avec, dans le fond un écran pour vidéos, et à cour, trois musiciens aux guitares et à la batterie derrière un tulle tendu.

  Cela commence par un sketch, dans une rue représentée par une vidéo, entre un homme chômeur et une femme qui lui demande un peu d’argent, avant de lui dire qu’elle occupe un emploi bien payé. Ah! Ah! Ah! Que c’est drôle et fin! Les sketches suivants, qui ont  pour cadre un appartement, un trottoir ou un bureau… sont  tous tous aussi frappés au coin de la vulgarité, et ne dépassent pas le degré zéro de l’écriture sur l’échelle de Richter.
D’austérité, on ne parle guère; en revanche, on s’ennuie ferme! Ces pauvres petites scènes, nous prévient-on
, « sont tirées des chroniques de Gilad Kahana, parues dans la presse israélienne à la suite en 2011 à Tel-Aviv, d’une vague de protestation, qui rappelle les Indignés d’Espagne, d’Italie ou de Grèce. » M. Gilad Kahana est, parait-il, une  vedette de la chanson pop en Israël. On veut bien le croire mais une chose est sûre: il écrit théâtralement comme un sabot.
Et, tenez-vous bien, on nous précise que « c’est une première mondiale (SIC!) ponctuée par les chansons écrites et composées par l’auteur et que ce « spectacle protéiforme ( RE-SIC!)  se joue à trois, quatre ou cinq comédiens et musiciens ». Le soir où nous y étions, il y avait trois musiciens qui jouaient sans conviction, l’un d’entre eux chantant au micro de temps à autre. Et quatre acteurs (  » dont les rôles changent d’une représentation à l’autre créant un spectacle unique à la manière du cabaret » (RE-RE-SIC!)…:  Julie Pouillon, bonne comédienne qu’on préfèrerait voir ailleurs, et Flora Taguiev; et  Zohar Wexler qui  a aussi commis une pseudo-mise en scène, aussi bâclée que prétentieuse, et un autre acteur non identifié.
On les voit changer de costumes et de perruques sans arrêt sur cette petite scène encombrée, les dieux du théâtre  savent pourquoi! Cela doit faire moderne dans l’esprit de Zohar Wexler qui signe sans aucun état d’âme: « concept, traduction, mise en scène et décors »!  Tous aux abris! Que sauver de ce naufrage? Uniquement, le travail des comédiens, qui, mal dirigés  font ce qu’ils peuvent pour éviter  au spectacle de couler. Il devrait y avoir un des prix du Syndicat de la critique pour récompenser ce genre de performance!
Reste à savoir comment une chose aussi insignifiante qu’ennuyeuse, a pu trouver un théâtre pour l’accueillir, et quelques spectateurs/trices qui, à part une (sans doute une amie d’un des comédiens) s’ennuyaient ferme. Sans doute, grâce à une prévente habile aux familles et aux copains, tous priés d’envoyer un petit chèque… Mais, bon, il y a quand même une justice, cela ne suffit heureusement pas!
  Au fait, on a oublié de vous donner cette information capitale: malgré l’ovation debout du couple Bruni/Sarkozy et la venue de Manuel Vals et de François Hollande, (si, si, c’est vrai!), le spectacle de B.H.L. au théâtre de l’Atelier va s’arrêter, comte-tenu de l’énorme affluence …
La faute à qui? Au public évidemment, qui n’a rien compris à cette merveille du théâtre contemporain dont nous vous avions dit l’intérêt tout à fait exceptionnel (voir Le Théâtre du Blog). Que c’est triste! Sortez vos mouchoirs avant d’envoyer un mot de condoléances à B.H.L. Le meilleur fera gagner deux places à son auteur pour le prochain  spectacle du philosophe
.
Philippe du Vignal
Théâtre de la Reine blanche 2 bis Passage Ruelle 75018 Paris
 
 


Pas encore de commentaires to “Le Cabaret de l’austérité”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...