La Maison de Bernarda Alba

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La Maison de Bernarda Alba de Federico Garcia-Lorca, traduction et mise en scène d’Hervé Petit.

 

 

 Federico  Garcia-Lorca  écrit  cette pièce en juin 1936, prémonitoire de  la guerre d’Espagne qui se déclenchera un mois plus tard; publiée en 45 et créée la même année à Buenos Aires , après la mort de son auteur assasiné par les anti républicains. Il avait 38 ans.
La pièce se passe dans un implacable huis-clos, celui de la maison de Bernarda, une veuve de 60 ans. Le jeune et beau Pepe El Romano, que l’on ne verra jamais, veut se marier avec Angustias, 39  ans, la fille issue d’un premier mariage de Bernarda, et riche de l’héritage laissé par son père. Il y a aussi Adela, 20 ans, la plus jeune de ses filles, qui aime et c’est réciproque, Pepe el Romano, Magdalena, 30 ans et Martirio, 24 ans, veuve et particulièrement frustrée. Il faut ajouter à cette galerie de personnages féminins, Maria Josepha, 80 ans, la mère de Bernarda et  Poncia (60 ans), une des autres domestiques
Bernarda, mère rigide et dominatrice, impose à ses filles de rester cloîtrées pendant le temps du deuil de leur père. Cette maison se referme donc sur  huit figures féminines: la mère, ses quatre filles, leur grand-mère et deux bonnes. Tout homme qui passe, est donc observé, convoité, surtout quand il fait mine de s’intéresser à Angustias mais en réalité à son joli pactole.
Cette mère commande tout, canne à la main,et n’hésite pas à frapper ses filles quand elles désobéissent. En tyran qui ne laisse rien passer, même pas sa peine, elle se targue de rester digne et de ne pas pleurer. Les sœurs font parfois front contre leur mère mais  se dressent vite contre une autre, par jalousie.Bref, ici, la méchanceté est partout, le fiel exsude à chaque réplique, et les sœurs parviennent toujours à se fâcher et à se dresser les unes contre les autres pour en jeter une en pâture. Evidemment, tous les coups bas sont permis contre, entre autres, la bosse de Martirio, le célibat d’Angustias…
Très ancrée dans la société espagnole de l’époque, la pièce, de par son caractère presque diabolique, rend possible des partis pris de mise en scène originaux,  et nombre de metteurs en scène ne s’en sont  pas privés! Ici, nous sommes face à un (trop) grand respect du texte et la réalisation, parfois plaquée, est bien conventionnelle. Quand on s’attaque à un tel monument, mieux vaudrait que le résultat soit parfait, et là, le compte n’y est pas du tout.
Jeu  très classique quant aux prises de parole, intonations, déplacements, etc… si bien que l’âpreté, le côté presque trash de cette écriture ne ressort pas ici: les comédiennes prennent des poses et n’arrivent pas à trouver  l’indispensable ton juste. Celle qui joue la mère est d’une raideur caricaturale, et ne propose aucune évolution…  Du coup, les autres personnages s’installent  aussi vite  dans le systématisme.
Il y a ainsi de curieux moments quand, par exemple la mère crie silence plusieurs fois, alors même que ses filles sont muettes comme des carpes ! Le ballet des entrées et sorties est mal réglé: quand des comédiennes sortent à jardin, une autre entre tout de suite à cour… A un moment, un rideau en plastique s’élève, manipulé presque à vue, mais l’opération est mal maitrisée,  et il fait des plis!
Côté costumes, aucune folie non plus : noir raide du deuil, ou blanc de la chemise de nuit, et la mère en devient ridicule, alors qu’elle devrait nous effrayer.
Anna Sigalevitch fait partie de la distribution et on peut aussi entendre cette critique dans La Dispute, une émission d’Arnaud Laporte (France-Culture), qui, lui,  fait de ce  spectacle…  son coup de cœur. Curieux et point trop honnête mélange des genres!

Julien Barsan

Théâtre de Ménilmontant jusqu’au 25 novembre, le jeudi 30 octobre à 19h et les mardi 4, 11, 18 et 25 novembre à 19h. T : 01 46 36 98 60

 

 


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