Pierre est un panda

Pierre est un  panda de Christophe Pellet.

 1.preview A Pantin (Seine Saint-Denis), La Fabrique d’utopie, dirigée par Jean-Louis Heckel, consacré à la marionnette contemporaine, se veut un pôle de rencontre entre les différents acteurs de cet art. Ici, dit-il, donner une place aux écrivains ne tient pas de l’utopie. Fort de son goût pour la littérature dramatique, il a donc invité, pour la première fois en 2014, un écrivain en résidence.
  Christophe Pellet, malgré son peu d’accointance avec la marionnette, a livré au bout de quelques mois, une pièce de théâtre, Pierre est un panda, aussitôt publiée chez l’Arche. « L’écriture pour la marionnette, dit-il, offre une entière liberté d’imaginaire. Après avoir écrit Qui a peur du loup pour la compagnie du Veilleur, je renouvelle cette expérience d’écriture sur le terrain. Cette fois-ci, il s’agit davantage d’une rencontre avec un lieu, La Nef, et avec les habitants d’une ville, Pantin. Un lieu, mais aussi les gens qui le font vivre… Qu’est-ce qu’écrire, sinon rejoindre une communauté et partager avec elle des imaginaires… et une utopie ?»  Pour fêter la fin de sa résidence, la Nef a proposé un événement autour des œuvres de l’auteur, avec des lectures, – marionnettes à l’appui ou pas -, et des performances. Dont l’une, menée par Christophe Pellet lui-même, et tirée de son prochain essai sur Tennessee Williams.
Nous avions déjà vu un spectacle du même type, fort réussi Pour une contemplation subversive, (voir Le Théâtre du blog, novembre 2012). Ici, nous assistons à une première ébauche, élaborée avec la complicité du metteur en scène Christophe Lemaître.
A l’abri derrière un grand fauteuil, le protagoniste visionne avec nous la bande-annonce en version originale d’Un tramway nommé désir, pour introduire l’écrivain à l’ombre duquel il a forgé, entre autres, son œuvre dramatique : « J’étais adolescent, quand j’ai rencontré l’univers de Tennessee Williams… … », dit-il, en se tournant alors timidement vers le public, pour entrer dans le vif de sa courte conférence.
  Il voit, derrière les visages lisses des stars d’autrefois, éternellement figées dans leur jeunesse, un seul et même visage, masculin et féminin confondus, le spectre vénéneux de Tennessee Williams. Lumineux mais fantômes parmi les fantômes, acteurs et actrices de cinéma sont immatériels, à l’inverse de ceux du théâtre, faits, eux, de chair et de sang. Mais, dans les deux cas, qu’advient-il de l’auteur? Il s’efface, s’aveugle, devient un personnage, et abandonne le réel pour la fiction ou le contraire… «Chaque pays a son Sud, un Sud dégradé » : Toulonnais d’origine, l’écrivain trouve des analogies entre le Sud de son modèle américain, et celui où il a grandi, dont il constate les blessures originelles, celles qui accablent aussi Nina Simone, autre figure de son adolescence (morte en 2003 dans la déchéance, à Carry-le-Rouet, près de Marseille).
Au-delà de cet exercice d’admiration, Christophe Pellet nous livre une réflexion fine, souvent paradoxale, toujours sensible, sur le cinéma, le théâtre, la place de l’auteur. Tout en nous conduisant subrepticement au cœur de son œuvre et de celle de son maître, l’une en miroir de l’autre. Dans l’esprit de transmission qui anime La Nef, Christophe Pellet a souhaité donner la parole à la relève, la « génération 90″, nouvelle vague d’auteurs dramatiques qu’il connaît bien, pour avoir enseigné plusieurs années à la section écriture de l’E.N.S.A.T.T. Il a donc invité trois jeunes femmes à débattre et partager, devant le public, leurs expériences et leur approche du théâtre.
Alexandra Badea, Aurianne Abecassis et Pauline Peyrade, venues chacune d’horizons très différents, racontent en quoi le théâtre est le lieu de liberté où elles ont trouvé leur mode d’expression, et où elles peuvent faire entendre leur colère. Non sans évoquer les difficultés, qui ne datent pas d’aujourd’hui, qu’ont les écrits dramatiques français à trouver le chemin d’un plateau : à l’instar des pièces de Christophe Pellet, bien qu’il soit aujourd’hui un auteur connu et reconnu…

 Mireille Davidovici

 Le 30 novembre, à La Nef – Manufacture d’utopies, 20 rue Rouget de Lisle, 93500 Pantin ; www.la-nef.org La plupart des textes de Christophe Pellet sont publiés chez l’Arche. Sa biographie de Tennessee Williams va faire partie d’une collection lancée par un éditeur suisse, Ides et Calendes, qui demande à des auteurs de théâtre vivants d’écrire sur des auteurs disparus. Le premier ouvrage: Eschyle, par Florence Dupont.

 


Archive pour 4 décembre, 2014

Pierre est un panda

Pierre est un  panda de Christophe Pellet.

 1.preview A Pantin (Seine Saint-Denis), La Fabrique d’utopie, dirigée par Jean-Louis Heckel, consacré à la marionnette contemporaine, se veut un pôle de rencontre entre les différents acteurs de cet art. Ici, dit-il, donner une place aux écrivains ne tient pas de l’utopie. Fort de son goût pour la littérature dramatique, il a donc invité, pour la première fois en 2014, un écrivain en résidence.
  Christophe Pellet, malgré son peu d’accointance avec la marionnette, a livré au bout de quelques mois, une pièce de théâtre, Pierre est un panda, aussitôt publiée chez l’Arche. « L’écriture pour la marionnette, dit-il, offre une entière liberté d’imaginaire. Après avoir écrit Qui a peur du loup pour la compagnie du Veilleur, je renouvelle cette expérience d’écriture sur le terrain. Cette fois-ci, il s’agit davantage d’une rencontre avec un lieu, La Nef, et avec les habitants d’une ville, Pantin. Un lieu, mais aussi les gens qui le font vivre… Qu’est-ce qu’écrire, sinon rejoindre une communauté et partager avec elle des imaginaires… et une utopie ?»  Pour fêter la fin de sa résidence, la Nef a proposé un événement autour des œuvres de l’auteur, avec des lectures, – marionnettes à l’appui ou pas -, et des performances. Dont l’une, menée par Christophe Pellet lui-même, et tirée de son prochain essai sur Tennessee Williams.
Nous avions déjà vu un spectacle du même type, fort réussi Pour une contemplation subversive, (voir Le Théâtre du blog, novembre 2012). Ici, nous assistons à une première ébauche, élaborée avec la complicité du metteur en scène Christophe Lemaître.
A l’abri derrière un grand fauteuil, le protagoniste visionne avec nous la bande-annonce en version originale d’Un tramway nommé désir, pour introduire l’écrivain à l’ombre duquel il a forgé, entre autres, son œuvre dramatique : « J’étais adolescent, quand j’ai rencontré l’univers de Tennessee Williams… … », dit-il, en se tournant alors timidement vers le public, pour entrer dans le vif de sa courte conférence.
  Il voit, derrière les visages lisses des stars d’autrefois, éternellement figées dans leur jeunesse, un seul et même visage, masculin et féminin confondus, le spectre vénéneux de Tennessee Williams. Lumineux mais fantômes parmi les fantômes, acteurs et actrices de cinéma sont immatériels, à l’inverse de ceux du théâtre, faits, eux, de chair et de sang. Mais, dans les deux cas, qu’advient-il de l’auteur? Il s’efface, s’aveugle, devient un personnage, et abandonne le réel pour la fiction ou le contraire… «Chaque pays a son Sud, un Sud dégradé » : Toulonnais d’origine, l’écrivain trouve des analogies entre le Sud de son modèle américain, et celui où il a grandi, dont il constate les blessures originelles, celles qui accablent aussi Nina Simone, autre figure de son adolescence (morte en 2003 dans la déchéance, à Carry-le-Rouet, près de Marseille).
Au-delà de cet exercice d’admiration, Christophe Pellet nous livre une réflexion fine, souvent paradoxale, toujours sensible, sur le cinéma, le théâtre, la place de l’auteur. Tout en nous conduisant subrepticement au cœur de son œuvre et de celle de son maître, l’une en miroir de l’autre. Dans l’esprit de transmission qui anime La Nef, Christophe Pellet a souhaité donner la parole à la relève, la « génération 90″, nouvelle vague d’auteurs dramatiques qu’il connaît bien, pour avoir enseigné plusieurs années à la section écriture de l’E.N.S.A.T.T. Il a donc invité trois jeunes femmes à débattre et partager, devant le public, leurs expériences et leur approche du théâtre.
Alexandra Badea, Aurianne Abecassis et Pauline Peyrade, venues chacune d’horizons très différents, racontent en quoi le théâtre est le lieu de liberté où elles ont trouvé leur mode d’expression, et où elles peuvent faire entendre leur colère. Non sans évoquer les difficultés, qui ne datent pas d’aujourd’hui, qu’ont les écrits dramatiques français à trouver le chemin d’un plateau : à l’instar des pièces de Christophe Pellet, bien qu’il soit aujourd’hui un auteur connu et reconnu…

 Mireille Davidovici

 Le 30 novembre, à La Nef – Manufacture d’utopies, 20 rue Rouget de Lisle, 93500 Pantin ; www.la-nef.org La plupart des textes de Christophe Pellet sont publiés chez l’Arche. Sa biographie de Tennessee Williams va faire partie d’une collection lancée par un éditeur suisse, Ides et Calendes, qui demande à des auteurs de théâtre vivants d’écrire sur des auteurs disparus. Le premier ouvrage: Eschyle, par Florence Dupont.

 

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