Létée

Létée de Stéphane Jaubertie, mise en scène de Maud Hufnagel et Bruno Sébag

letee_pm2Pour ceux qui avaient vu la petite merveille qu’était Petit Pierre de Suzanne Lebeau, adapté par Maud Hufnagel, les retrouvailles avec cette metteuse en scène s’annonçaient prometteuses. Elle créée en effet  des spectacles « où le rapport à la scénographie, aux objets et à différentes techniques visuelles (projections, utilisation de photos ou de films, dessins en direct, créations de mécanismes…) ont une place prépondérante ».
Tôle, dessin en direct, ombres pour Petit Pierre, marionnettes pour La Mastication des Morts, marionnettes et vidéo pour L’Homme à l’oreille coupée… Dans Létée, on découvre un travail de panneaux pivotants sur eux-mêmes  qui constituent aussi  un écran pour une très belle vidéo.
Stéphane Jaubertie est la nouvelle référence du théâtre jeune public, (Yael Tautavel, Jojo au Bord du Monde ou Une Chenille dans le Cœur.) et Nino D’Introna, ex-directeur du Centre Dramatique National dédié au jeune public à Lyon, l’avait  découvert et mis trois fois en scène.

  Létée, une petite fille, vit dans une famille qui semble être heureuse, mais elle tente par curiosité l’expérience de la disparition, comme elle le dit « juste pour voir. Pour voir d’où je viens. Pour voir où je vais » Elle y parvient tellement bien qu’au moment où elle cherche à réintégrer sa famille, personne ne la reconnaît. La voilà donc qui va devoir égrener les souvenirs communs, petits ou grands moments de la vie qui ont fait ce qu’elle est.
  Moments de bonheur bien sûrs, souvenirs de vacances partagées, mais aussi mélancolie quand elle repense au divorce de ses parents, regrets de la complicité perdue avec son frère… Le texte raconte l’identité en devenir d’un enfant, et comment il arrive à  se construire dans une relation forte avec sa famille. Cette réapparition permet aussi d’aborder les doutes et angoisses que les enfants peuvent rencontrer : séparation des parents, rapports avec les grands-parents.
  Pour cette adaptation, Maud Hufnagel s’adresse aux enfants, avec un jeu à destination des plus jeunes dont  elle parvient à capter l’attention; sa mise en scène est fondée sur des éléments simples mais bien maîtrisés et qui fonctionnent,  comme cette  pluie de confettis ou cette « apparition »  en haut du décor, ou encore une course effrénée à travers les panneaux en mouvement….
  La vidéo qui accompagne le spectacle est d’une belle sobriété : un noir et blanc peu contrasté,  avec  les  autres personnages: grand-mère, père et frère. Un délicat jeu de clair et flou permet de mettre en avant  celui qui a la parole. Plus qu’un film, ce sont des portraits animés qui donnent une belle profondeur de champ à ce qui se passe sur le plateau.
Pour maintenir le rythme sur cinquante minutes, Maud Hufnagel  court parfois un peu après le spectacle, en s’autorisant assez peu de silences ou de temps plus calmes, qui risqueraient, selon elle, de faire retomber l’attention des plus jeunes spectateurs.

  Avec Létée, le théâtre Dunois montre une fois de plus sa capacité à accueillir des spectacles intelligents et sensibles aux enfants de tout âge.

Julien Barsan

Théâtre Dunois jusqu’au 21 décembre. T : 01 45 84 72 00.  Le texte est publié aux Editions théâtrales.


Archive pour 15 décembre, 2014

Létée

Létée de Stéphane Jaubertie, mise en scène de Maud Hufnagel et Bruno Sébag

letee_pm2Pour ceux qui avaient vu la petite merveille qu’était Petit Pierre de Suzanne Lebeau, adapté par Maud Hufnagel, les retrouvailles avec cette metteuse en scène s’annonçaient prometteuses. Elle créée en effet  des spectacles « où le rapport à la scénographie, aux objets et à différentes techniques visuelles (projections, utilisation de photos ou de films, dessins en direct, créations de mécanismes…) ont une place prépondérante ».
Tôle, dessin en direct, ombres pour Petit Pierre, marionnettes pour La Mastication des Morts, marionnettes et vidéo pour L’Homme à l’oreille coupée… Dans Létée, on découvre un travail de panneaux pivotants sur eux-mêmes  qui constituent aussi  un écran pour une très belle vidéo.
Stéphane Jaubertie est la nouvelle référence du théâtre jeune public, (Yael Tautavel, Jojo au Bord du Monde ou Une Chenille dans le Cœur.) et Nino D’Introna, ex-directeur du Centre Dramatique National dédié au jeune public à Lyon, l’avait  découvert et mis trois fois en scène.

  Létée, une petite fille, vit dans une famille qui semble être heureuse, mais elle tente par curiosité l’expérience de la disparition, comme elle le dit « juste pour voir. Pour voir d’où je viens. Pour voir où je vais » Elle y parvient tellement bien qu’au moment où elle cherche à réintégrer sa famille, personne ne la reconnaît. La voilà donc qui va devoir égrener les souvenirs communs, petits ou grands moments de la vie qui ont fait ce qu’elle est.
  Moments de bonheur bien sûrs, souvenirs de vacances partagées, mais aussi mélancolie quand elle repense au divorce de ses parents, regrets de la complicité perdue avec son frère… Le texte raconte l’identité en devenir d’un enfant, et comment il arrive à  se construire dans une relation forte avec sa famille. Cette réapparition permet aussi d’aborder les doutes et angoisses que les enfants peuvent rencontrer : séparation des parents, rapports avec les grands-parents.
  Pour cette adaptation, Maud Hufnagel s’adresse aux enfants, avec un jeu à destination des plus jeunes dont  elle parvient à capter l’attention; sa mise en scène est fondée sur des éléments simples mais bien maîtrisés et qui fonctionnent,  comme cette  pluie de confettis ou cette « apparition »  en haut du décor, ou encore une course effrénée à travers les panneaux en mouvement….
  La vidéo qui accompagne le spectacle est d’une belle sobriété : un noir et blanc peu contrasté,  avec  les  autres personnages: grand-mère, père et frère. Un délicat jeu de clair et flou permet de mettre en avant  celui qui a la parole. Plus qu’un film, ce sont des portraits animés qui donnent une belle profondeur de champ à ce qui se passe sur le plateau.
Pour maintenir le rythme sur cinquante minutes, Maud Hufnagel  court parfois un peu après le spectacle, en s’autorisant assez peu de silences ou de temps plus calmes, qui risqueraient, selon elle, de faire retomber l’attention des plus jeunes spectateurs.

  Avec Létée, le théâtre Dunois montre une fois de plus sa capacité à accueillir des spectacles intelligents et sensibles aux enfants de tout âge.

Julien Barsan

Théâtre Dunois jusqu’au 21 décembre. T : 01 45 84 72 00.  Le texte est publié aux Editions théâtrales.

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