Escuela

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Escuela, texte et mise en scène de Guillermo Calderon

Étrange de se trouver, après l’attentat contre Charlie Hebdo, à l’école de la guérilla, même si celle-ci s’organise pour la bonne cause, contre le général Pinochet. Guillermo Calderon a voulu, pour la commémoration du coup d’Etat du 11 septembre 1973 au Chili, faire revivre une cellule de militants clandestins. Les mouvements de résistance armée contre la dictature, bien qu’ils aient été importants au Chili, en Argentine, au Nicaragua, sont en effet aujourd’hui passés sous silence.
Les jeunes gens sont soumis à un entraînement sévère, qui nécessite des acteurs, des contorsions pas toujours faciles à réaliser. Leur maladresse, feinte ou réelle, prête souvent à rire. Le spectacle, au mécanisme bien huilé, est structuré comme un cours, au contenu parfois calqué mot pour mot sur des manuels d’instruction militaire. On apprend ainsi, en direct, à fabriquer une bombe, à ramper fusil en main, et quelques trucs aussi pour ne pas se mordre la langue, en tirant avec un revolver… Une formation politique accompagne les cours pratiques.
Pour justifier leur choix de la violence, les protagonistes évoquent, en préambule, lors d’une leçon de marxisme basique, joliment illustrée, l’exploitation des plus pauvres par le capitalisme. Ils soulignent aussi la répression féroce à la quelle se livra la dictature, venue au secours des classes possédantes chiliennes, avec le soutien des Yankees.  Les jeunes gens  montrent le fameux White Book américain, accusant le régime de Salvador Allende d’être le suppôt du communisme international.
Pour le spectateur français de l’après 7 janvier 2015, un petit rappel historique est nécessaire, sans quoi il pourrait prendre ce spectacle au premier degré, comme une apologie de la lutte armée, même si des chants révolutionnaires sud-américains le ponctuent. Escuela se situe en 1988, quand Augusto Pinochet organise un référendum. Pour les jeunes militants, il s’agit d’une caricature de démocratie, puisque le dictateur espère, même s’il perd, sauvegarder le régime qu’il a mis en place. La suite leur donnera raison: il conservera son poste de général-commandant en chef des armées  jusqu’en 1998…
Même si le spectacle développe un travail de mémoire essentiel, il lui manque une certaine distance, une dimension imaginaire. Les leçons tirent parfois en longueur et deviennent ennuyeuses, malgré l’énergie des comédiens. Le procédé s’épuise, alors que Guillermo Calderon dirige les opérations avec précision, et non sans humour.

Mireille Davidovici

Théâtre de la Cité internationale, 17 boulevard Jourdan 75014 T. 04 43 13 50 50 jusqu’au 17 janvier

 

 

 


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