Entretien avec Hideki Noda

 

Entretien avec Hideki Noda

 

FullSizeRenderHideki Noda est dramaturge, acteur et metteur en scène, et directeur artistique du Tokyo Metropolitan Theatre depuis 2009,  qui occupe une place très importante à Tokyo. Il a subi une rénovation complète en 2012, comme le Théâtre national de Chaillot où ont aussi  lieu en ce moment  de grands  travaux.  Egg, que Hideki Noda y met en scène, a été présentée de nouveau au public japonais,  il y a quelques jours.

 - Vous avez donné les représentations de THE BEE au Théâtre national de Chaillot, l’année dernière, et le public français a découvert votre travail.Vous deviez être heureux de son enthousiasme; pensiez-vous avoir un tel accueil ?

  •  - Étonné, au-delà de mes prévisions! Je pensais, comme d’autres personnes, que le public français serait un peu froid. Je l’ai découvert d’emblée concentré et, du coup, je me suis senti tout de suite à l’aise sur scène.

 - Vous êtes célèbre au Japon et dans le monde théâtral anglo-saxon. Quels sont vos références théâtrales, vos souvenirs artistiques de théâtre ou de danse , en particulier en Europe ?

-À 16 ans, j’ai découvert Peter Brook avec Le Songe d’une nuit d’été. Cela m’a enthousiasmé. Plus tard,  j’ai vécu à Londres  où j’ai découvert le Théâtre de Complicité de Simon Mac Burney, et aussi le travail de Lilo Baur, tous deux anciens élèves de l’École Jacques Lecoq, œuvrant avec  le même état d’esprit et  la même approche du corps. J’ai d’ailleurs rencontré Jacques Lecoq quand il était en 1994-1995 au Japon.

 -  Vous allez revenir, en mars de cette année, dans la grande salle Jean Vilar du Théâtre de Chaillot avec Egg, pour  six représentations.

 - Le spectacle sera joué en japonais sur-titré en français par trente acteurs de notre pays. Egg est un sport imaginaire qui consiste à jouer avec des œufs. Je suis né au XX ème siècle et, pour moi, ce siècle a été marqué par deux entités : le sport, étroitement lié aux différents nationalismes politiques  et la chanson populaire, elle, liée au marketing de masse.
Ces deux choses font toujours bouger les peuples. Je veux expliquer le présent et le futur (les Jeux Olympiques auront lieu en 2020 à Tokyo), à travers le passé : ceux de Tokyo de 1964, et ceux de 1940 qui n’avaient pas eu lieu, à cause de la seconde guerre mondiale. C’est un spectacle qui remonte le temps, avec une scénographie simple: dix vestiaires et un rideau de scène, mais  les costumes de Kozue Hibino seront eux très signifiants.

- En cela,  vous rejoignez Jean Vilar qui, sur le grand  plateau de Chaillot,  qui, nommé directeur du Théâtre National de Chaillot, associait pour ses créations, scénographie épurée et riche travail de costumes, en particulier,  ceux de Léon Guischia.

- Oui, mais je voudrais dire que la musique est aussi, bien sûr, très importante; elle a été composée par Shiina Ringo, une pop-star au Japon. Une comédienne jouera d’ailleurs le rôle d’une pop-star imaginaire dans ce spectacle.

 - Vous avez  collaboré avec des équipes anglaises, comme avec celle le Soho Theatre de Londres. Avez-vous envie de  le faire aussi avec des metteurs en scène et directeurs français ?

- Dans notre métier du théâtre, je pense que les rencontres, même fortuites, sont importantes. Rencontrer Didier Deschamps a été un heureux hasard. Quand il est venu voir Egg à Tokyo, nous nous sommes rendus compte que nous avions une communauté d’esprit. Il attache, bien sûr, une grande importance à la notion de corps sur scène, comme moi. C’est pourquoi, je suis ici, et d’autres collaborations peuvent être envisagées dans l’avenir…

 

Jean Couturier

 

Egg sera présenté au Théâtre National de Chaillot du 3 au 8 mars.

 

 

 

 


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