Lorenzaccio

Lorenzaccio d’Alfred de Musset, mise en scène de Gérald Garutti

  lorenzoDans Florence, ville corrompue de la Renaissance, les familles Cibo, Médicis et Strozzi, se livrent aux pires débauches. « Les Médicis gouvernent Florence au moyen de leur garnison … »On est en plein carnaval mais ces désordres de la Cour irritent le Pape.
Lorenzaccio, jeune cousin du duc régnant, Alexandre de Médicis, duc de Florence, un bouffon et un lâche, médite en secret son assassinat qui libérerait  sa patrie et donnerait le pouvoir aux  républicains. Il  renonce donc à son honneur et à sa réputation, et s’insinue dans les bonnes grâces du tyran, mais finit lui aussi par se laisser gagner par la pourriture familiale, en voulant gagner sa confiance pour mieux pouvoir l’anéantir… » Il est trop tard. Je me suis fait à ce métier. Le vice a été pour moi un vêtement ; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort au milieu de ma gaieté. Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin, et ce qui m’étonne en lui, c’est qu’il n’y ait pas laissé sa raison. Profite de moi, Philippe, voilà ce que j’ai à te dire ; ne travaille pas pour la patrie ».
Il  va lui  livrer ainsi ses proies féminines, les unes après les autres, et croit préserver sa pureté, en l’assassinant.«
Mais cet assassinat fera basculer le pouvoir aux mains d’un autre clan et n’entraînera donc aucun changement politique. Lorenzaccio, tombé dans le vice, comptait s’élever grâce à un acte héroïque, mais calomnié, il voit alors sa tête mise à prix et s’offrira lui-même au couteau de ses assassins. Constat amer d’Alfred de Musset sur la vanité de toute action humaine et sur la révolution ratée de 1830.

La  première partie est  maladroitement mise en scène, et  les  déplacements de trente interprètes  sur le plateau, (quinze comédiens professionnels et un chœur d’amateurs) ne sont absolument pas maîtrisés si bien que l’on ne voit rien; ensuite cela va mieux,  et Stanislas Roquette, tout à fait remarquable, réussit à imposer avec force la figure mythique du personnage de Lorenzaccio, en particulier dans les dialogues avec la marquise de Cibo (Nine de Montal) et Philippe Strozzi (Claude-Bernard Pérot). 
Il parvient à ressusciter, en le dépassant, Gérard Philipe qui mit en scène la pièce et joua Lorenzo en 1952, au Théâtre National Populaire, et dont la voix  résonne encore dans nos têtes. Alexandre de Médicis (Maximilien Seweryn),  qui ne se lasse pas des proies féminines que son cousin lui livre pour mieux l’approcher et parvenir à le tuer, est lui aussi bien, du moins dans la gestuelle plus que dans l’oralité. 
Il y a ainsi quelques belles scènes éclairées par le déploiement de soieries…

Edith Rappoport

Spectacle vu au Théâtre Montansier de Versailles le 8 février.

 


Pas encore de commentaires to “Lorenzaccio”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...