Le Petit Marcel

Marcel de et avec Jos Houben et Marcello Magni

  cote-slide-marcel-3Jos Houben, dont le spectacle-conférence L’Art du Rire se joue encore (voir Le Théâtre du Blog), revient aux Théâtre des Bouffes du Nord avec Marcel, son dernier opus.  Jos Houben et Marcello Magni, tous deux anciens élèves de la fameuse école Jacques Lecoq,  ont créé à Londres, le Théâtre de Complicité avec Simon McBurney et ont joué sur cette scène des Bouffes du Nord Fragments de Samuel Beckett, mis en scène par Peter Brook. Pour eux, Marcel, disent-ils, est «l’homme-gag que nous sommes tous et qui, dans un monde concret aux multiples obstacles, maintient tant bien que mal son équilibre. Son corps âgé n’a plus l’agilité de la jeunesse mais Marcel a gardé un atout : l’esprit d’enfance. Il invente des raccourcis, joue à contrepied et va dans le contresens. Pour Marcel, rien n’est jamais gagné, mais  rien n’est jamais perdu non plus. (…) Le gag est un poème . Il fait rire par son effet de surprise, la virtuosité de son exécution et l’humanité qu’il révèle».   On découvre ici un personnage qui vient chercher une sorte d’attestation de capacité qui lui permettra de continuer  à travailler. Il sent bien qu’il vieillit et il est un peu angoissé, avant d’aller effectuer une batterie de tests. Ce Marcel, (Marcelo Magni) râblé, bronzé, pas très grand,casquette vissée sur la tête a un physique méditerranéen; bref, le contraire de Jos Houben, lui, grand et pâle, en blouse blanche et  portant des lunettes, incarnant tous les pontes qui vont tenter de faire flancher Marcel, dans un duo qui rappelle les grandes heures du clown mais aussi évidement les grands comiques américains, notamment Buster Keaton, Laurel et Hardy…  La scénographie, une belle courbe ascendante en bois, sert à de nombreux jeux, chutes et glissades. L’argument est vite posé, avec des gags comme un parapluie qui ne cesse de se déplier, un chapeau, et  un premier niveau de la courbe sur lequel Marcel ne cesse de riper… Ces deux clowns burlesques n’ont rien de révolutionnaire, mais leurs petits trucs et gags, même connus, participent d’une grande tendresse, avec, en toile de fond, la vieillesse et l’exclusion auxquelles Marcel, dont on apprend qu’il est un enfant de la balle, se prépare peu à peu.  Quand une lune descend des cintres, elle devient dans les mains de Marcel, un chapeau napoléonien, puis une gondole vénitienne, une harpe… Tout fait jeu, tout ici est détourné, pour le plaisir de tous. C’est un clown simple et tendre, qui  réunit un public de tout âge, fait rire les plus petits, et émeut les plus grands; il y a des images qui sonnent très juste, comme ce cadre de porte qui aide Marcel à se déplacer et qui évoque très clairement un déambulateur...   Jos Houben laisse beaucoup de place à Marcelo Magni, et c’est tant mieux; il déploie en effet un univers italien qui rappelle Federico Fellini, ou ces compagnies de cirque jouant sur la tendresse, l’humour et la modestie, comme le Circo Rippopolo. C’est aussi le monde des simples et des petites gens qui est ici magnifié.  La petite heure passée en leur compagnie, dans le cadre enchanteur des Bouffes du Nord, ne restera pas inoubliable, mais a le grand avantage de faire passer un excellent moment.

Julien Barsan

 Spectacle vu au Théâtre des Bouffes du Nord, Paris.  Théâtre d’Arras, les 31 mars et 1er avril; Hippodrome de Douai, le 2 avril et La Comète de Chalons-en-Champagne, les  14 et 15 avril.

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2 commentaires

  1. Bonjour,
    D’abord, merci de nous avoir lu.
    Vous avez raison, les critiques sur ce spectacle sont dans la grande majorité plutôt bonnes, la mienne est plus nuancée! Je suis aussi d’accord avec vous sur le fait que les gags n’ont rien de très nouveau;c’est d’ailleurs ce que j’écris.
    Mais il y a tellement de spectacles trop longs, trop ambitieux,orgueilleux,abscons,que je n’ai pas boudé mon plaisir à cette pastille d’humour et de douceur.

    Julien Barsan

  2. Gostain dit :

    Franchement, je trouve toutes les critiques sur ce spectacle, que j’ai vu, bien indulgentes. Le travail théâtral est bien modeste, Jos Houben joue à minima, les « gags » sont bien maigres et éculés. Bref, un moment gentillet, au final assez ennuyeux, et cher pour 45 minutes.

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