Le Miroir de Jade

Le Miroir de Jade conception et mise en scène de Sandrine Bonnaire et Raja Shakarna

 p183773_22015 est l’année du retour au théâtre pour Sandrine Bonnaire. Avant la mise en scène par Richard Brunel d’une adaptation de l’excellent roman de Samira Sédira L’Odeur des planches, (voir Le Théâtre du Blog) on la retrouve avec ce projet conçu avec son amie, Raja Shakarna, avec qui elle a passé son enfance dans la cité de la grande Borne, en Essonne. Le Miroir de Jade a été récemment créé à La Comédie de Valence.
Tout commence  où, sur le plateau très sombre, on devine une silhouette féminine prostrée  qui dissimule son visage. Des notes de musique naissent, issues de percussions et de cymbales frottées à l’archet: rien de très agréable à l’oreille mais  cela  diffuse bien une  certaine angoisse, dans un espace rectangulaire recouvert sur la quasi-totalité par une feuille plastique transparente diffusant la lumière.
Le symbole de la prison intérieure est clair. Pendant une longue première partie, le personnage souffre, se prend la tête entre les mains, convulse, et tente en vain de se lever. On comprend vite qu’elle vit un calvaire, et nous, il s’en faut de peu aussi ! On attend des mots, et si Sandrine Bonnaire est en scène,  on se dit qu’elle va parler.  eh! Non, elle ne parlera pas et, quand on en fait son deuil, le spectacle passe un peu mieux. Nous sommes donc en présence d’un personnage se réveillant d’un coma avec la nécessité de se reconstruire.
Mais… Sandrine Bonnaire n’est pas une danseuse, et même si on la sent très engagée et volontaire, le travail  « honnête » qu’elle propose, est sans commune mesure avec l’interprétation d’une professionnelle de la danse, et  comme il n’y a rien d’autre à déguster ! Ici,  tout est signifié à gros traits pour dire  la renaissance du personnage,  mais surligné!
Son désordre intérieur  fait l’objet d’une première scène très longue où Sandrine Bonnaire se roule par terre sans parvenir à se redresser. Puis le moment de sa renaissance est symbolisé par une musique à fond et des lumières stroboscopiques. Pour se défaire de ses chaînes, elle fait tomber les parois de plastique comme on arracherait un rideau de douche, là encore l’image est plus que claire.
Les percussions de Yi-Ping Yang et surtout le jeu magnifique, tout en nuances du maître arménien du kamantcha, Gaguik Mouradian, apportent une part d’évasion. Sandrine Bonnaire fait de son mieux pour ce retour au théâtre, et prend le risque d’apparaître hirsute, tremblante et blessée, s’inspirant d’une agression qu’elle a subie pour construire son personnage, mais, sans son nom au générique, on ne viendrait sans doute pas voir ce  spectacle…

Julien Barsan

Théâtre du Rond Point à 18h 30 T. 01 44 95 98 21, jusqu’au 11 avril.

 

 


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