Light Bird

Light Bird chorégraphie et  mise en scène de Marilén Iglesias-Breuker et Luc Petton

 IMG_0447C’est grâce au phénomène d’empreinte que Luc Petton et son équipe ont réussi à construire un spectacle autour des grues de Mandchourie. Konrad Lorenz, fondateur de l’éthologie, a découvert le mécanisme de l’imprégnation, en remarquant que l’oison, à peine sorti de son œuf, s’attache au premier être vivant rencontré. Il définit ainsi ce phénomène : «Un processus d’acquisition qui lie le comportement à un objet déterminé (…) «Une propriété remarquable de l’empreinte, précise-t-il, est qu’elle se rapporte toujours à l’espèce, et non pas à l’individu dont émane le stimulus imprégnant».
  Cette qualité a permis à Luc Petton, ornithologue amateur dès l’enfance, d’induire avec ses danseurs  ce  phénomène avec six grues de Mandchourie, de deux générations différentes. Il avait utilisé le même processus avec des cygnes, pour  Swan. La grue est l’objet d’une grande attention en Asie, et a inspiré nombres de contes et légendes; ses parades amoureuses sont connues du grand public grâce aux documentaires animaliers. Malgré tout, elle reste un animal sauvage et chaque représentation est différente car l’interaction  avec l’homme peut, ou non,  se produire.
   Pour Luc Petton, sur scène avec un jeune danseur, deux danseuses coréennes et le musicien: «Danser avec les oiseaux implique une disposition à l’imprévisible. Les interprètes ont développé une aptitude à l’aléatoire, tout en restant vigilant à la trame du spectacle. La composition est à la fois structurée et entrouverte.» Le spectacle en quatre parties, s’ouvre sur un très beau solo tout en délicatesse, où une danseuse évoque, sans les imiter, les mouvements des oiseaux,  avant d’être rejointe par les autres artistes.
Puis, nous découvrons les deux couples de jeunes grues. La troisième séquence redonne place aux humains qui dansent sur un sol étrange, mouvant, composé de peaux. Pour finir, un couple, âgé de presque deux ans, « joue » avec les cinq danseurs, en particulier avec Luc Petton.
Le soir de la première, l’interaction avec les quatre jeunes oiseaux s’est révélée difficile ; un peu sur la défensive, ressentant sans doute la présence d’un très nombreux public, ils ont préféré nous gratifier de belles envolées plutôt que d’entrer en relation avec les danseurs. Une des grues, postée en sentinelle, testait la solidité du filet qui la séparait du public. Les deux autres, plus âgées, ont préféré «entrer en interaction», non sans une certaine résistance, avec Luc Petton plutôt qu’avec les autres artistes. C’est la part d’imprévu qui donne de la valeur à ce spectacle original.
  La veille, à la répétition générale, les oiseaux, plus calmes, s’étaient au contraire révélés pleins de curiosité à l’égard des danseurs, donnant à voir de belles images tendres et poétiques. Le chorégraphe et Marilén Iglesias-Breuker ont collaboré avec Eric Bureau, conseiller pour les oiseaux du réalisateur Jacques Perrin,  et cette  aventure va se poursuivre jusqu’en Corée en 2016.
  Cette expérience peu courante sur scène est à découvrir: ces grues vont  disparaître  par suite de la modification de leur biotope. Allez leur rendre hommage, elles sont, d’une certaine façon, nos ancêtres…

Jean Couturier

Théâtre National de Chaillot du 5 au 13 mai.                       

 


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