Murmures des murs

urlMurmures des murs, conception et mise en scène de Victoria Thierrée-Chaplin

  C’est un spectacle créé en 2011 par  la conceptrice qui a  imaginé avec Jean-Baptiste Thierrée de magnifiques et savoureux spectacles, depuis 1971 déjà, avec Le Cirque Bonjour devenu ensuite Le Cirque imaginaire puis Le Cirque invisible. Avec, à chaque fois, un mélange étonnant de grâce et de poésie.
   Sur la grande scène du Rond-Point, une jeune femme est assise parmi des cartons de déménagement; un jeune homme arrive pour lui signifier qu’elle doit partir. Un flot de poussière blanche tombe des cintres. Elle emballe  ses chaussures, un  parapluie et un vase qu’elle doit casser pour qu’il entre dans le carton trop petit. Elle prend soin de ne pas oublier de s’emballer elle-même, entre dans un carton puis  ressort intacte d’un autre carton quelques mètres plus loin.
  On la voit aussi enlever soigneusement plusieurs couches de papier peint comme autant de mémoires anciennes d’un passé révolu. Les références à l’art contemporain, notamment à Supports/Surfaces et à Jacques Villeglé sont évidentes.  Puis brutale surprise : une sorte de monstre l’enlace presque amoureusement puis la serre pour la manger..
 Il y a aussi, montées sur patiences (et circulant un peu trop souvent!)  de charmantes maisons vénitiennes peintes sur toile, vétustes et poétiques avec un petit balcon où, très gracieuse, Aurélia Thierrée arrive comme enchantement, avant de revenir encore plus vite par la porte d’entrée. Elle danse aussi le tango et esquisse quelques pas de claquettes.
 Bref, on l’aura compris, il y a des images souvent réussies,  avec de l’acrobatie et de la magie dans l’air. C’est un travail d’une précision absolue, parfaitement synchronisé qui doit beaucoup aux techniciens du plateau et auquel participent de bons comédiens comme Jaime Martinez et Antonin Maurel.  Mais  il manque tristement le fil rouge d’une solide dramaturgie à ce spectacle sans paroles. N’est pas Bob Wilson (celui des années 70) qui veut, et il ne suffit pas d’entasser de belles images pour faire sens…
Bizarrement, ce n’est pas Victoria mais Aurélia qui parle dans la note d’intention et à la question: “ Victoria Thierrée-Chaplin signe la mise en scène et les costumes…Quelles sont vos autres influences, vos autres sources d’inspiration?” La comédienne  semble alors botter en touche et ne répond pas vraiment: “C’est très (trop) personnel comme question. Victoria pourrait y répondre mieux que moi”. Mais alors,  qui fait quoi dans ce spectacle, alors  que Victoria en est indiquée comme la conceptrice? Comprenne qui pourra…
On reste donc sur sa faim, surtout quand on a vu juste avant Nous sommes pareils à des crapauds ( voir Le Théâtre du Blog). A vous de décider mais on vous aura prévenu: le compte n’y est pas. Dommage…

 Philippe du Vignal

 Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin-Roosevelt 75008 Paris jusqu’au 23 mai à 21 heures.


Archive pour 8 mai, 2015

Murmures des murs

urlMurmures des murs, conception et mise en scène de Victoria Thierrée-Chaplin

  C’est un spectacle créé en 2011 par  la conceptrice qui a  imaginé avec Jean-Baptiste Thierrée de magnifiques et savoureux spectacles, depuis 1971 déjà, avec Le Cirque Bonjour devenu ensuite Le Cirque imaginaire puis Le Cirque invisible. Avec, à chaque fois, un mélange étonnant de grâce et de poésie.
   Sur la grande scène du Rond-Point, une jeune femme est assise parmi des cartons de déménagement; un jeune homme arrive pour lui signifier qu’elle doit partir. Un flot de poussière blanche tombe des cintres. Elle emballe  ses chaussures, un  parapluie et un vase qu’elle doit casser pour qu’il entre dans le carton trop petit. Elle prend soin de ne pas oublier de s’emballer elle-même, entre dans un carton puis  ressort intacte d’un autre carton quelques mètres plus loin.
  On la voit aussi enlever soigneusement plusieurs couches de papier peint comme autant de mémoires anciennes d’un passé révolu. Les références à l’art contemporain, notamment à Supports/Surfaces et à Jacques Villeglé sont évidentes.  Puis brutale surprise : une sorte de monstre l’enlace presque amoureusement puis la serre pour la manger..
 Il y a aussi, montées sur patiences (et circulant un peu trop souvent!)  de charmantes maisons vénitiennes peintes sur toile, vétustes et poétiques avec un petit balcon où, très gracieuse, Aurélia Thierrée arrive comme enchantement, avant de revenir encore plus vite par la porte d’entrée. Elle danse aussi le tango et esquisse quelques pas de claquettes.
 Bref, on l’aura compris, il y a des images souvent réussies,  avec de l’acrobatie et de la magie dans l’air. C’est un travail d’une précision absolue, parfaitement synchronisé qui doit beaucoup aux techniciens du plateau et auquel participent de bons comédiens comme Jaime Martinez et Antonin Maurel.  Mais  il manque tristement le fil rouge d’une solide dramaturgie à ce spectacle sans paroles. N’est pas Bob Wilson (celui des années 70) qui veut, et il ne suffit pas d’entasser de belles images pour faire sens…
Bizarrement, ce n’est pas Victoria mais Aurélia qui parle dans la note d’intention et à la question: “ Victoria Thierrée-Chaplin signe la mise en scène et les costumes…Quelles sont vos autres influences, vos autres sources d’inspiration?” La comédienne  semble alors botter en touche et ne répond pas vraiment: “C’est très (trop) personnel comme question. Victoria pourrait y répondre mieux que moi”. Mais alors,  qui fait quoi dans ce spectacle, alors  que Victoria en est indiquée comme la conceptrice? Comprenne qui pourra…
On reste donc sur sa faim, surtout quand on a vu juste avant Nous sommes pareils à des crapauds ( voir Le Théâtre du Blog). A vous de décider mais on vous aura prévenu: le compte n’y est pas. Dommage…

 Philippe du Vignal

 Théâtre du Rond-Point 2 bis avenue Franklin-Roosevelt 75008 Paris jusqu’au 23 mai à 21 heures.

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