Festival Seules… en scène du 12 au 21 mai Albertine Sarrazin

Festival Seules… en scène du 12 au 21 mai: Le Silence de Molière et Albertine Sarrazin

 

Seules...en-sceneC’est la cinquième édition de ce festival et la dernière,  puisqu’Olivier Meyer, le directeur du Théâtre de l’Ouest Parisien, devant la restriction drastique des budgets alloués par  la municipalité de Boulogne-Billancourt a décidé de partir.  Le T.O.P .  dans le meilleur des cas, ne serait plus qu’une salle d’accueil et non plus un théâtre de création ! Il y aurait, selon la mairie, d’autres priorités financières…
  Donc cette année, une fois encore, ce sont uniquement des femmes qui racontent, un seul soir, et seules en scène, une histoire qui, en général, a quelque chose à voir avec le parcours d’une vie, voire avec une autobiographie, par le biais d’un ou de textes qui ne sont pas de théâtre. Ainsi un soir pour chacune d’entre elles: Ariane Ascaride, Mona Heftre, Sandrine Bonnaire, Laurence Fabre, Valérie Zarrouk, Isabelle Fruchart du 12 au 20 mai.

 Le Silence de Molière de Giovanni Macchi, traduction de Jean-Paul Manganaro  et Camille Dumoulié, mise en scène de  Marc Paquien
 C’est donc d’abord Ariane Ascaride qui commence avec  un texte (1985) de Giovanni Macchia, écrivain italien (1912-2001) qui recrée un entretien entre Esprit-Madeleine et un interlocuteur., Elle était,  la fille unique de Molière et de sa comédienne Armande Béjart qui avait vingt ans de moins que lui et qu’il épousera en 1662,
Esprit-Madeleine qui vécut dans le milieu théâtral ne fut pas comédienne comme ses parents et resta dans l’ombre et la solitude.  Molière imagina pour elle le personnage de la petite Louison dans Le Malade imaginaire, qu’elle refusa de jouer, comme elle refusa plus tard de répondre aux attaques sordides dont son père fut l’objet: elle aurait été une enfant née d’un inceste. Et c’est de cette vie un peu fantasmée  dont ne sait finalement pas grand-chose de cette Esprit-Madeleine que nous entretient Giovanni Macchia dans un texte au départ qui n’était pas fait au départ pour le théâtre, dans une belle langue à la fois précise et poétique.
On entend bien ici le bonheur d’avoir ce père comédien, chef de troupe, écrivain à la fois respecté et en proie à de nombreuses haines, mais aussi la difficulté pour elle de se faire une place dans ce monde théâtral, et aussi la nostalgie de l’enfance, un grand-père pas connu, et la douleur de perdre  à dix ans son père, décédé comme on sait en 1673, presque sur le plateau, puis la difficulté de vivre dans un milieu théâtral qui la fascinait et qu’elle ne supportait pas : jalousies entres comédiens, libelles diffamatoires, accusations contre son père, manque de pitié du Roi…
  En fait, tout se passe comme si elle s’était réfugiée dans le silence du couvent où elle habitait pour échapper à quelque chose qui la poursuivait : « Ce silence, cette sereine absence de bonheur n’arrivent pas à me libérer de certaines pensées, de certains fantômes, de certains remords. Je me sens responsable de n’avoir rien fait: de n’avoir pas honoré mon père, de ne l’avoir pas assez aimé, de ne l’avoir pas défendu après sa mort…
Dans sa dernière comédie, la dernière justement, mon père avait mis en scène une petite fille. J’étais à cette époque une fillette entre sept et huit ans. Sans aucun doute, mon père, en écrivant cette scène avait pensé à moi, il l’avait écrite pour moi. Mon père a affronté le risque de mettre en scène une enfant, pour le simple goût de la voir jouer, et il l’a fait pour moi. (…) « Je n’ai pas aimé, je ne j’ai pas vécu ».
Cela se passe dans un beau décor très sobre de Gérard Didier, soit une pièce nue, avec juste une entrée côté jardin, et dotée d’une fenêtre ovale derrière un couloir. Sans aucun meuble sinon deux chaises que l’on apportera ensuite. Sans doute, il y a la présence d’Ariane Ascaride, sobre, impeccable, chaleureuse comme toujours et qui a une belle présence en scène… Mais la mise en scène de Marc Paquien, est très statique et des plus décevantes à cause de trop nombreuses erreurs dramaturgiques: le jeune comédien, personnage indispensable et presque toujours présent, n’est pas très à l’aise et récite souvent son texte.
Et les deux personnages ne bougent presque pas dans une pénombre assez pesante, avant qu’on n’y voit un peu plus clair. Que vient faire aussi la voix de Michel Bouquet, excellentissime comédien lisant des passages de ce Siècle de Molière, diffusée par  un gros poste de radio-cassettes?
Pourquoi Ariane Ascaride est-elle engoncée dans une robe longue qu’elle quitte ensuite pour se retrouver en pantalon et pull noir ? Pseudo-distanciation brechtienne ? Pourquoi cette musique inspirée de Vivaldi et Bach ? On est ici dans l’approximatif: le texte  de Giovanni  Macchia méritait mieux que cela. Jacques Nichet qui l’avait monté en 91 avec Dominique Valadié ,avait mieux réussi son coup avec de sobres images d’une grande beauté, à la fois lumineuses et très vivantes… Dommage.

Albertine Sarrazin, d’après des textes d’Albertine Sarrazin, et des articles de presse, mise en scène de Manon Savary.

 Mona Heftre, qui fut la remarquable actrice fétiche de Jérôme Savary mort il y a trois ans déjà, et sans laquelle sa carrière  du Magic Circus à l’Opéra-comique en passant par le Théâtre national de Chaillot, n’aurait pas été ce qu’elle a été, reprend un magnifique petit spectacle, mise en scène par sa fille Manon sur la vie et l’œuvre d’Albertine Sarrazin qui aurait 78 ans.
L’écrivaine fut adoptée à Alger à l’époque ville française, par le docteur Damien, un médecin militaire de 58 ans et son épouse. 
À dix ans, Albertine Damien est violée par son oncle et vit ensuite à Aix-en-Provence avec ses parents adoptifs, où elle est l’excellente élève d’un collège religieux. Mais le jeune interne au lycée n’est pas facile et  on se plaint de son indiscipline ; les temps sont rudes et son père la fera envoyer de force en prison spécialisée pour mineurs à Marseille. Rebaptisée Annick, elle y restera six ans ! jusqu’à sa majorité (21 ans à l’époque).
Elle obtient son bac s’enfuit avec une copine à Paris, se prostitue pour vivre, vole, tente un hold-up avec sa copine qui blesse une vendeuse avec le revolver qu’ Albertine a subtilisé à son père. Arrêtée et emprisonnée à Fresnes en 53 puis à Doullens (Somme) pendant sept ans, elle commence à écrire.
  Elle est mise au cachot, pour avoir embrassé une autre détenue sur la bouche et en 1957, s’évade en sautant de dix mètres, se brise l’astragale ; sur la la route, elle rencontre Julien Sarrazin, un petit cambrioleur qui la cache chez sa mère, puis chez une prostituée, et tombe amoureux d’elle. Elle est alors opérée de l’astragale. Mais un an après, Julien est incarcéré, et seule à Paris, elle fait le trottoir pour vivre, puis retrouve Julien et ils vont vivre à Calais.
En 58, ils sont  arrêtés, lui pour vol et, elle, pour usage de faux-papiers. Incarcérée à Amiens, elle s’occupe de la couture, étudie la philo, l’anglais, et écrit des poèmes et un Journal.Un an plus tard, Julien et Albertine (21 ans) se marient à Paris, entre deux gendarmes. « Mariage blanc dit-elle mais pas en blanc ».
Albertine  commence  La Cavale. Julien est libéré en 60 et elle obtient une grâce. Mais il est de nouveau incarcéré pour avoir volé des bijoux et Albertine pour les avoir portés. Libérée, elle s’installe à Alès pour se rapprocher de Nîmes où est il est emprisonné ; elle fait des piges au Méridional mais vole une bouteille de whisky : quatre mois de prison ! à Alès où elle écrit Les Soleils noirs qui deviendront L’Astragale.
1964 : Julien et Albertine, libérés, s’installent dans les Cévennes et Jean-Jacques Pauvert publie L’Astragale  et La Cavale. Grand succès ; elle reçoit le Prix des Quatre-jurys en 1966 et  La Traversière, est publiée. Mais fragile, alcool, tabac, et vie des plus dures, ne l’ont pas aidée et  elle meurt à 29 ans à la clinique Saint-Roch à Montpellier, des suites d’une opération du rein mal gérée. Julien réussira à faire condamner les responsables à l’équivalent de 100.000 € d’amende, ce qui était exceptionnel.
C’est toute cette existence, au départ déjà mal engagée etc haotique que raconte ce spectacle avec beaucoup de tendresse et de pudeur. Mona Heftre, en pantalon et pull noir,  a maintenant de beaux cheveux blancs. Mais la voix et gestualité sont toujours aussi impeccables; la grande dame du Magic Circus obéit à sa fille Manon Savary qui signe là une bonne et simple direction d’acteurs ( sauf le début, une vidéo assez laide en teinte violacée avec des images retravaillées d’Albertine Sarrazin qui devrait être éliminée). Mona Heftre chante aussi de temps en temps comme elle l’a fait souvent avec le répertoire de Serge Revzani, et bien, sans aucune prétention.
Il y a là  une évocation généreuse, aussi intelligente que sensible, de l’écrivaine qui n’a pas été épargnée par les bourgeois qui lui ont fait payer cher sa marginalité. Le public qui ne connaissait que vaguement Albertine Sarrazin et pas du tout Mona Heftre, s’est étonné que cela soit déjà fini après 80 minutes, et a salué la comédienne d’une longue ovation méritée. Si le spectacle passe en tournée près de chez vous, n’hésitez surtout pas.

Philippe du Vignal
 

TOP/ Théâtre de l’Ouest Parisien-Boulogne Billancourt 1 Place Bernard Palissy 92100 Boulogne-Billancourt. T: 01 46 03 60 44


Archive pour 16 mai, 2015

Festival Seules… en scène du 12 au 21 mai Albertine Sarrazin

Festival Seules… en scène du 12 au 21 mai: Le Silence de Molière et Albertine Sarrazin

 

Seules...en-sceneC’est la cinquième édition de ce festival et la dernière,  puisqu’Olivier Meyer, le directeur du Théâtre de l’Ouest Parisien, devant la restriction drastique des budgets alloués par  la municipalité de Boulogne-Billancourt a décidé de partir.  Le T.O.P .  dans le meilleur des cas, ne serait plus qu’une salle d’accueil et non plus un théâtre de création ! Il y aurait, selon la mairie, d’autres priorités financières…
  Donc cette année, une fois encore, ce sont uniquement des femmes qui racontent, un seul soir, et seules en scène, une histoire qui, en général, a quelque chose à voir avec le parcours d’une vie, voire avec une autobiographie, par le biais d’un ou de textes qui ne sont pas de théâtre. Ainsi un soir pour chacune d’entre elles: Ariane Ascaride, Mona Heftre, Sandrine Bonnaire, Laurence Fabre, Valérie Zarrouk, Isabelle Fruchart du 12 au 20 mai.

 Le Silence de Molière de Giovanni Macchi, traduction de Jean-Paul Manganaro  et Camille Dumoulié, mise en scène de  Marc Paquien
 C’est donc d’abord Ariane Ascaride qui commence avec  un texte (1985) de Giovanni Macchia, écrivain italien (1912-2001) qui recrée un entretien entre Esprit-Madeleine et un interlocuteur., Elle était,  la fille unique de Molière et de sa comédienne Armande Béjart qui avait vingt ans de moins que lui et qu’il épousera en 1662,
Esprit-Madeleine qui vécut dans le milieu théâtral ne fut pas comédienne comme ses parents et resta dans l’ombre et la solitude.  Molière imagina pour elle le personnage de la petite Louison dans Le Malade imaginaire, qu’elle refusa de jouer, comme elle refusa plus tard de répondre aux attaques sordides dont son père fut l’objet: elle aurait été une enfant née d’un inceste. Et c’est de cette vie un peu fantasmée  dont ne sait finalement pas grand-chose de cette Esprit-Madeleine que nous entretient Giovanni Macchia dans un texte au départ qui n’était pas fait au départ pour le théâtre, dans une belle langue à la fois précise et poétique.
On entend bien ici le bonheur d’avoir ce père comédien, chef de troupe, écrivain à la fois respecté et en proie à de nombreuses haines, mais aussi la difficulté pour elle de se faire une place dans ce monde théâtral, et aussi la nostalgie de l’enfance, un grand-père pas connu, et la douleur de perdre  à dix ans son père, décédé comme on sait en 1673, presque sur le plateau, puis la difficulté de vivre dans un milieu théâtral qui la fascinait et qu’elle ne supportait pas : jalousies entres comédiens, libelles diffamatoires, accusations contre son père, manque de pitié du Roi…
  En fait, tout se passe comme si elle s’était réfugiée dans le silence du couvent où elle habitait pour échapper à quelque chose qui la poursuivait : « Ce silence, cette sereine absence de bonheur n’arrivent pas à me libérer de certaines pensées, de certains fantômes, de certains remords. Je me sens responsable de n’avoir rien fait: de n’avoir pas honoré mon père, de ne l’avoir pas assez aimé, de ne l’avoir pas défendu après sa mort…
Dans sa dernière comédie, la dernière justement, mon père avait mis en scène une petite fille. J’étais à cette époque une fillette entre sept et huit ans. Sans aucun doute, mon père, en écrivant cette scène avait pensé à moi, il l’avait écrite pour moi. Mon père a affronté le risque de mettre en scène une enfant, pour le simple goût de la voir jouer, et il l’a fait pour moi. (…) « Je n’ai pas aimé, je ne j’ai pas vécu ».
Cela se passe dans un beau décor très sobre de Gérard Didier, soit une pièce nue, avec juste une entrée côté jardin, et dotée d’une fenêtre ovale derrière un couloir. Sans aucun meuble sinon deux chaises que l’on apportera ensuite. Sans doute, il y a la présence d’Ariane Ascaride, sobre, impeccable, chaleureuse comme toujours et qui a une belle présence en scène… Mais la mise en scène de Marc Paquien, est très statique et des plus décevantes à cause de trop nombreuses erreurs dramaturgiques: le jeune comédien, personnage indispensable et presque toujours présent, n’est pas très à l’aise et récite souvent son texte.
Et les deux personnages ne bougent presque pas dans une pénombre assez pesante, avant qu’on n’y voit un peu plus clair. Que vient faire aussi la voix de Michel Bouquet, excellentissime comédien lisant des passages de ce Siècle de Molière, diffusée par  un gros poste de radio-cassettes?
Pourquoi Ariane Ascaride est-elle engoncée dans une robe longue qu’elle quitte ensuite pour se retrouver en pantalon et pull noir ? Pseudo-distanciation brechtienne ? Pourquoi cette musique inspirée de Vivaldi et Bach ? On est ici dans l’approximatif: le texte  de Giovanni  Macchia méritait mieux que cela. Jacques Nichet qui l’avait monté en 91 avec Dominique Valadié ,avait mieux réussi son coup avec de sobres images d’une grande beauté, à la fois lumineuses et très vivantes… Dommage.

Albertine Sarrazin, d’après des textes d’Albertine Sarrazin, et des articles de presse, mise en scène de Manon Savary.

 Mona Heftre, qui fut la remarquable actrice fétiche de Jérôme Savary mort il y a trois ans déjà, et sans laquelle sa carrière  du Magic Circus à l’Opéra-comique en passant par le Théâtre national de Chaillot, n’aurait pas été ce qu’elle a été, reprend un magnifique petit spectacle, mise en scène par sa fille Manon sur la vie et l’œuvre d’Albertine Sarrazin qui aurait 78 ans.
L’écrivaine fut adoptée à Alger à l’époque ville française, par le docteur Damien, un médecin militaire de 58 ans et son épouse. 
À dix ans, Albertine Damien est violée par son oncle et vit ensuite à Aix-en-Provence avec ses parents adoptifs, où elle est l’excellente élève d’un collège religieux. Mais le jeune interne au lycée n’est pas facile et  on se plaint de son indiscipline ; les temps sont rudes et son père la fera envoyer de force en prison spécialisée pour mineurs à Marseille. Rebaptisée Annick, elle y restera six ans ! jusqu’à sa majorité (21 ans à l’époque).
Elle obtient son bac s’enfuit avec une copine à Paris, se prostitue pour vivre, vole, tente un hold-up avec sa copine qui blesse une vendeuse avec le revolver qu’ Albertine a subtilisé à son père. Arrêtée et emprisonnée à Fresnes en 53 puis à Doullens (Somme) pendant sept ans, elle commence à écrire.
  Elle est mise au cachot, pour avoir embrassé une autre détenue sur la bouche et en 1957, s’évade en sautant de dix mètres, se brise l’astragale ; sur la la route, elle rencontre Julien Sarrazin, un petit cambrioleur qui la cache chez sa mère, puis chez une prostituée, et tombe amoureux d’elle. Elle est alors opérée de l’astragale. Mais un an après, Julien est incarcéré, et seule à Paris, elle fait le trottoir pour vivre, puis retrouve Julien et ils vont vivre à Calais.
En 58, ils sont  arrêtés, lui pour vol et, elle, pour usage de faux-papiers. Incarcérée à Amiens, elle s’occupe de la couture, étudie la philo, l’anglais, et écrit des poèmes et un Journal.Un an plus tard, Julien et Albertine (21 ans) se marient à Paris, entre deux gendarmes. « Mariage blanc dit-elle mais pas en blanc ».
Albertine  commence  La Cavale. Julien est libéré en 60 et elle obtient une grâce. Mais il est de nouveau incarcéré pour avoir volé des bijoux et Albertine pour les avoir portés. Libérée, elle s’installe à Alès pour se rapprocher de Nîmes où est il est emprisonné ; elle fait des piges au Méridional mais vole une bouteille de whisky : quatre mois de prison ! à Alès où elle écrit Les Soleils noirs qui deviendront L’Astragale.
1964 : Julien et Albertine, libérés, s’installent dans les Cévennes et Jean-Jacques Pauvert publie L’Astragale  et La Cavale. Grand succès ; elle reçoit le Prix des Quatre-jurys en 1966 et  La Traversière, est publiée. Mais fragile, alcool, tabac, et vie des plus dures, ne l’ont pas aidée et  elle meurt à 29 ans à la clinique Saint-Roch à Montpellier, des suites d’une opération du rein mal gérée. Julien réussira à faire condamner les responsables à l’équivalent de 100.000 € d’amende, ce qui était exceptionnel.
C’est toute cette existence, au départ déjà mal engagée etc haotique que raconte ce spectacle avec beaucoup de tendresse et de pudeur. Mona Heftre, en pantalon et pull noir,  a maintenant de beaux cheveux blancs. Mais la voix et gestualité sont toujours aussi impeccables; la grande dame du Magic Circus obéit à sa fille Manon Savary qui signe là une bonne et simple direction d’acteurs ( sauf le début, une vidéo assez laide en teinte violacée avec des images retravaillées d’Albertine Sarrazin qui devrait être éliminée). Mona Heftre chante aussi de temps en temps comme elle l’a fait souvent avec le répertoire de Serge Revzani, et bien, sans aucune prétention.
Il y a là  une évocation généreuse, aussi intelligente que sensible, de l’écrivaine qui n’a pas été épargnée par les bourgeois qui lui ont fait payer cher sa marginalité. Le public qui ne connaissait que vaguement Albertine Sarrazin et pas du tout Mona Heftre, s’est étonné que cela soit déjà fini après 80 minutes, et a salué la comédienne d’une longue ovation méritée. Si le spectacle passe en tournée près de chez vous, n’hésitez surtout pas.

Philippe du Vignal
 

TOP/ Théâtre de l’Ouest Parisien-Boulogne Billancourt 1 Place Bernard Palissy 92100 Boulogne-Billancourt. T: 01 46 03 60 44

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