Le Kojiki

Kojiri

Le Kojiki- Demande à ceux qui dorment, texte et mise en scène d’Yann Allegret

 

Le Théâtre Dunois présente la première création jeune public de la compagnie (&) So Weiter, (plus facile à écrire qu’à prononcer !)  qui propose aussi recherches et rencontres, entre autres, avec des sportifs comme pour La Plénitude des Cendres (voir Le Théâtre du Blog). Le Kojiki s’inspire d’une très ancienne légende japonaise, dont le texte vient d’être réédité dans une jolie version illustrée, aux éditions Gallimard-Jeunesse. Une  version radiophonique a aussi été enregistrée, et diffusée sur France Culture*.
Un père est venu embrasser dans son lit sa fille, dont la mère est absente. C’est certainement cette absence inhabituelle qui la contrarie un peu et l’empêche de s’endormir. Elle s’imagine tout un monde et une voix qui  lui pose deux questions auxquelles elle devra impérativement répondre sous peine de ne plus jamais fermer les yeux. Comment tout a commencé ? Pourquoi tu es toi-même ?  Deux interrogations que la petite fille relaiera à son père qui, pour bien y répondre,  lui racontera une histoire qui va remonter  jusqu’avant la création du monde.
C’est évidemment un récit initiatique qui prend la forme d’une épopée avec deux héros, Izanami et Izanagi, sorte de démiurges. Comme dans beaucoup d’autres textes, l’idée est de raconter une belle histoire aux enfants pour répondre à leurs premières questions et angoisses existentielles.  Comme dans Kant, un texte  magnifique de Jon Fos, où là aussi, un père doit répondre à son fils qui ne trouve pas le sommeil…
Aurélia Poirier incarne la petite fille en pyjama; elle évolue parmi des éléments réalistes : table et chaise, lit-c’est là la force du conte et du rêve- qui vont se retrouver noyés dans la fumée et la couleur. Maya Vignando  (la mère) et Pascal Farré, (le père) jouent aussi les deux divinités. Il s’agit de rêves aux lumières très colorées;  les comédiens s’enduisent aussi de pigments de couleur et lancent des confettis .
Mais le jeu trop appuyé, et les gestes, trop amples, manquent de naturel.  Quant à l’histoire, déjà  bien difficile à suivre, elle se perd en circonvolutions, malgré une belle idée de départ. Avec des situations  décrites, au lieu d’être simplement jouées. Certains effets fonctionnent mal  et ce qui est donné à voir est souvent trop riche; bref,  nous sommes vite noyés par une abondance de couleurs et de paroles. Un peu d’épure dans la mise en scène et l’écriture, aurait  sans doute amélioré cette légende.
Le Théâtre pour le jeune public est une alchimie difficile mais peut être magnifique, quelque soit l’âge. Ici les ingrédients sont là mais la mayonnaise ne prend pas malgré des idées et de bons acteurs .

Julien Barsan

Théâtre Dunois à Paris,  les 23 et 30 mai à 18h; les 24 et 30 mai à 16h, et le 27 mai à 15h  T. 01 45 86 39 24

*http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4760404


Archive pour 22 mai, 2015

Dogugaeshi

Dogugaeshi©Richard Termine

 

Dogugaeshi, mise en scène de Basil Twist

 

Par un jeu de perspective impressionnant, des châssis mobiles richement décorés de motifs abstraits ou d’animaux du bestiaire japonais (aigles, tigres, dragons)  glissent les uns après les autres, et  s’ouvrent  jusqu’ au vertige vers le fond du plateau, créant  des effets d’optiques fascinants. Folâtrant dans  ce dédale mouvementé, une seule marionnette : un renard blanc à neuf queues, bien connu des Nippons pour sa ruse et son caractère maléfique.
 Ici, le sympathique animal  évolue sur la musique de Yumiko Tanaka qui  rythme aussi  la  danse du décor par son chant, et sur les cordes de son shamisen. Se découpent de petites fenêtres sur la mer, où naviguent des bateaux,  ou sur un kiosque où valsent de délicates figurines…
Basil Twist , seul Américain diplômé de l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières, est l’un des pionniers de la marionnette contemporaine aux Etats-Unis. Il s’est inspiré, pour son spectacle, de l’ancestrale  technique du dogugaeshi, née sur l’île d’Awaji, au sud du Japon, notamment utilisée dans le théâtre bunraku d’Osaka et Tokyo.  Littéralement, le terme signifie «changement de décor » et consiste à faire coulisser sur des rails des portes décorées de part et d’autre d’un castelet, horizontalement ou verticalement, pour s’ouvrir à la fin sur le  saint des saints Mont Fuji.
L’artiste new yorkais  bâtit un somptueux spectacle. Il s’agit  aussi d’une véritable prouesse de manipulation, car, en coulisse, plus de quatre-vingt  châssis de toutes tailles s’ouvrent, se referment, sans relâche. La pièce, bien que purement formelle, où les séquences s’enchaînent de manière onirique, sans véritable progression dramaturgique, nous  entraîne  dans l’univers fabuleux d’un Japon mythique et nous hypnotise.

 Mireille Davidovici

Biennale Internationale des arts de la marionnette au Mouffetard  73 rue Mouffetard 75005 Paris T. : 01 84 79 44 44 jusqu’au 28 mai.

 

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