Belgrade

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  Belgrade, d’après le texte d’Angelica Liddell, mis  en scène par Thierry Jolivet avec le collectif La Meute .

 Voilà certainement un des spectacles les plus intéressants de la saison  et l’on sort du théâtre différent de ce que l’on était en y entrant !  Le texte d’Angelica Liddell évoque le chaos qui règne sur Belgrade après la guerre fratricide qui a enflammé les Balkans.  En 2006, on y  honore la dépouille de Slobodan Milosevic, mort à a prison de La Haye, alors qu’il était jugé pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité  et génocide par le Tribunal Pénal  International. Plus de 50.000 personnes se sont déplacées pour la cérémonie.  Au milieu, une femme, reporter de guerre, spécialiste de « la question balkanique », mène une enquête. Le texte n’est fait que de monologues, comme s’il n’y avait plus de dialogues possibles dans ce pays déchiré.  Le collectif La Meute, formé en 2010 par des ex-élèves du Conservatoire de Lyon, aime s’approprier des textes littéraires qu’il dissèque, réécrit en y insérant d’autres, dont les leurs.  Ses  mises en scène se veulent percutantes  avec  musique, et vidéo…Et  l’a passé, ils ont obtenu le prix du Public au festival Impatience. Le Théâtre des Célestins à Lyon les a programmés pour finir la saison. Contrairement  au spectacle dont parlait Philippe du Vignal en mai 2013, la pièce ici est réduite à cinq monologues,  et augmentée d’autres textes. Une  journaliste recueille les témoignages sans intervenir mais la tension est telle qu’elle laisse éclater son désespoir  devant tant d’inhumanité, avec une violence  destructrice. En fait, Thierry Jolivet nous donne à voir un opéra-rock, « une manière de requiem pour cinq acteurs et deux musiciens ». C’est une musique suffisamment sauvage pour restituer le climat de Belgrade à ce moment. En ouverture et au final,  il a placé le récitatif d’un homme jeune, sorte de porte-parole du collectif, qui explique combien cette guerre a été importante pour leur génération  née avec  la chute du Mur de Berlin, et élevée dans l’idée d’une Europe des peuples. Quand la musique se tait, une  bande-son, omniprésente, souligne l’atmosphère des scènes qui peut être simplement  faite de soupirs, de gémissements et de sanglots. Les voix  des comédiens, équipés de mini-micros, sont très présentes, sans forcer, Rarement, au théâtre, on aura été confronté à la détresse d’un peuple qui vient de s’entretuer, et rarement aussi on aura ressenti la désillusion des citoyens devant l’incapacité de l’Europe à gérer les conflits.

 Elyane Gérôme

  Spectacle vu aux Célestins, Théâtre de Lyon / www.celestins-lyon.org

 


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