Roméo et Juliette

Roméo et Juliette  chorégraphie et mise en scène  de Jean-Christophe Maillot

IMG_2152Créée en 1996, cette célèbre chorégraphie conçue pour les Ballets de Monte-Carlo s’est confrontée à un lieu magique, le jardin de l’Orangerie du château de Versailles. La première partie de cinquante-deux minutes, s’est déroulée à la tombée de la nuit, deux jours après le solstice d’été.
La silhouette du château, entourée de quelques nuages noirs, domine la scène et se découpe majestueusement au coucher du soleil, au point d’écraser un peu l’espace et la scénographie d’Ernest Pignon-Ernest, constituée de panneaux blancs mobiles et d’un plan incliné. Et
Les éclairages sophistiqués de Dominique Drillot ne peuvent rivaliser avec la mise en scène lumineuse et puissante de la nature. Le froid de ce début de nuit a semblé aussi gêner les danseurs. La célèbre musique de Serge Prokofiev, au contraire, semblait parfaitement convenir au lieu, en le magnifiant.
Mais dans la deuxième partie, une fois la nuit venue, nous avons pu réellement apprécier le travail du chorégraphe, l’engagement des danseurs, la beauté des lumières et la fluidité des costumes de Jérôme Kaplan.
Cette danse très cinématographique, faite de ralentis, d’arrêts sur image et de flash-back, a pris alors toute son ampleur, bien qu’une plus grande proximité avec public eût été souhaitable. Théâtre dans le théâtre, les familles de Roméo et de Juliette, sous forme de marionnettes assistant à la représentation, évoquent leur amour contrarié par la haine.
La fable est présentée à travers le récit de Frère Laurent qui, en souhaitant faire le bien, va provoquer la mort des deux amants. A la fin du spectacle, autour de l’Orangerie, les étoiles réelles et les lucioles des allées s’unissent aux étoiles projetées sur le décor, dans une belle harmonie, ce qui correspond bien aux intentions du metteur en scène et chorégraphe.
L’épreuve du plein air est parfois traître pour le spectacle vivant, l’intimité du jeu y est mis à l’épreuve, à cause de  la lumière naturelle et/ou de la magnificence du lieu.
William Forsythe avait ainsi refusé  de placer une de ses chorégraphies devant le mur du Palais des Papes, et avait fait placer en fond de scène des châssis noirs  comme   dans la scénographie d’origine… Malgré ces inconvénients, le public, lui, a revu avec plaisir cette histoire d’amour éternelle et a salué avec enthousiasme le travail, l’engagement et la prise de risques des interprètes dansant dans  un froid  humide.

Jean Couturier

 Spectacle présenté aux Nuits de l’Orangerie, les 23 et 24 juin. www.chateauversailles-spectacles.fr              


Archive pour 30 juin, 2015

Théâtre Kyogen

Théâtre Kyôgen :  Le  Crabe et l’ascète, et Larmes noires de crocodile, représentation en langue des signes japonaise, sur-titrée en français

 Õó¿Õíù´+æCette soirée singulière se place sous le signe du partage, avec  le  pari de représenter  cette  forme comique vieille de quatre-cent-cinquante ans, en langue des signes japonaise, devant une public surtout français, et en majorité sourd-muet. Deux  courtes pièces au programme : Le  Crabe et l’ascète, et Larmes noires de crocodile.
La présidente de la Maison de la culture du Japon  a présenté ce projet, en français et japonais, assistée par un interprète sourd-muet qui traduisait en langue des signes française,  e japonaise. C’est à dire qu’il comprenait parfaitement les deux  langues, et par un comédien du Japanese Theater of the Deaf qui, lui, traduisait en  langues des signes japonaise.Peu de sourds dans le monde maîtrisent en effet la langue des signes internationale, chaque pays ayant sa sienne propre. Celle des Japonais est très expressive et les artistes de cette troupe nous l’ont transmise avec gaîté et énergie.

  Le texte, dit en direct par deux acteurs invisibles, était aussi sur-titré en français. Ce qui a permis à l’ensemble du public de bien suivre le spectacle et d’apprécier la richesse des costumes, l’utilisation de masques pour figurer certains personnages, et une fable aisée à comprendre, le tout illustré par un langage du corps d’une gestuelle très précise.
  La langue des signes japonaise s’est révélée très bien adaptée à cette forme historique de théâtre, et les acteurs ont réussi à faire passer une réelle émotion dans le public qui a salué la performance, en applaudissant en langue des signes, c’est-à-dire en agitant leurs mains en l’air. Une fois de plus, la programmation de la Maison de la Culture du Japon sort de l’ordinaire des spectacles parisiens, et c’est tant mieux.

 Jean Couturier

 Spectacle joué à la Maison de la culture du Japon les  26 et  juin.  mcjp.fr

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