Les répétitions du Roi Lear

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FESTIVAL D’AVIGNON:

Les répétitions du  Roi Lear de William Shakespeare, traduction, adaptation, mise en scène Olivier Py

   Bunker vermillon entouré de grilles, la FabricA, loin du centre historique d’Avignon, a protégé durant un mois ses secrets, à savoir les répétitions d’Olivier Py. Sur le plateau de la vénérable Cour d’honneur du Palais des papes, le spectacle ouvrira le 69e festival le 4 juillet.
Début juin, passées les lectures à la table, les grandes lignes boisées de la scénographie sont déjà présentes. Accessoires et éléments du décor gagnent jour après jour leurs couleurs : or, noir, blanc, rouge, terre. Un Wooden O naît du déchaînement des éléments et de la tempête dans la tête de Lear. Il est creusé à vue par les techniciens.
On reconnaît avec plaisir la grammaire scénographique de Pierre-André Weitz, fidèle compagnon de route du metteur en scène. Leur machine à jouer est un ingénieux dispositif en bois qui joue de l’envers et de l’endroit, se construit et se déconstruit à volonté, mettant en abyme la théâtralité.
Arrivent au compte-goutte,  des armes, quarante squelettes que chacun s’amuse à manipuler, un cerf à la taille déconcertante, sur lequel on se prend en photo … Le long d’une coursive s’étalent les lettres d’une apostrophe qui pourrait se faire aphorisme: « Ton silence est une machine de guerre ». Car il s’agit bien de représenter la Parole. Ou son absence. Et l’amour, comme on pèserait un cœur sur une balance.
Le « théâââtre » est là aussi, bien entendu. Plus particulièrement incarné par Jean-Damien Barbin et sa diction grandiloquente. Il souligne tous les moments, sacrés pour Olivier Py, où le théâtre s’exhibe. Où la représentation est au cœur de nos vies, de nos mots et de nos actes, du projet de mont(r)er Lear. « Nous sommes dans le théâtre des fous…

Apparaît Nâzim Boudjenah tenu par ses obligations à la Comédie-Française. Et la moto qu’il doit apprendre à manier : accélération, diction, manœuvres… Le texte se déploie déjà parfaitement dans l’espace. Le metteur en scène se montre encourageant, discret et direct. Il intervient sur un geste, une intention, une image qu’il purge de ses aspérités comme un photographe nettoie le cadre. Puis l’univers de Lear est transplanté dans la Cour. Au pied de ces murs chargés d’histoire, transmettre son pouvoir n’est pas une mince affaire.
  La mécanique noire des pulsions rugit à côté des délicates cordes d’un piano. Les variations sur le tutu aérien cher à Olivier Py côtoient l’armoire massive, meuble-Inconscient où sont enfouis les rêves et les ressentiments familiaux. Cordélia étire sans fin ses muscles. Cet univers politique semble si proche du nôtre. Terreur, grâce et grotesque y tracent des cercles et des tourbillons infernaux.
Dans la Cour d’honneur, la tempête se lève et cette sombre prophétie devrait ravir le public.

Stéphanie Ruffier

Le numéro de la collection Pièce (dé)montée  éditée par Canopé propose aux professeurs des pistes d’exploitation pédagogique de la pièce.

www.crdp.ac-paris.fr/piece.demontee/piece/index.php?id=lear

 

Stéphanie Ruffier

Du 4 au 14 juillet, Cour d’honneur du Palais des Papes. Relâche le 9.
www.festival-avignon.com
En tournée à partir de l’automne.


Archive pour 3 juillet, 2015

Les répétitions du Roi Lear

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FESTIVAL D’AVIGNON:

Les répétitions du  Roi Lear de William Shakespeare, traduction, adaptation, mise en scène Olivier Py

   Bunker vermillon entouré de grilles, la FabricA, loin du centre historique d’Avignon, a protégé durant un mois ses secrets, à savoir les répétitions d’Olivier Py. Sur le plateau de la vénérable Cour d’honneur du Palais des papes, le spectacle ouvrira le 69e festival le 4 juillet.
Début juin, passées les lectures à la table, les grandes lignes boisées de la scénographie sont déjà présentes. Accessoires et éléments du décor gagnent jour après jour leurs couleurs : or, noir, blanc, rouge, terre. Un Wooden O naît du déchaînement des éléments et de la tempête dans la tête de Lear. Il est creusé à vue par les techniciens.
On reconnaît avec plaisir la grammaire scénographique de Pierre-André Weitz, fidèle compagnon de route du metteur en scène. Leur machine à jouer est un ingénieux dispositif en bois qui joue de l’envers et de l’endroit, se construit et se déconstruit à volonté, mettant en abyme la théâtralité.
Arrivent au compte-goutte,  des armes, quarante squelettes que chacun s’amuse à manipuler, un cerf à la taille déconcertante, sur lequel on se prend en photo … Le long d’une coursive s’étalent les lettres d’une apostrophe qui pourrait se faire aphorisme: « Ton silence est une machine de guerre ». Car il s’agit bien de représenter la Parole. Ou son absence. Et l’amour, comme on pèserait un cœur sur une balance.
Le « théâââtre » est là aussi, bien entendu. Plus particulièrement incarné par Jean-Damien Barbin et sa diction grandiloquente. Il souligne tous les moments, sacrés pour Olivier Py, où le théâtre s’exhibe. Où la représentation est au cœur de nos vies, de nos mots et de nos actes, du projet de mont(r)er Lear. « Nous sommes dans le théâtre des fous…

Apparaît Nâzim Boudjenah tenu par ses obligations à la Comédie-Française. Et la moto qu’il doit apprendre à manier : accélération, diction, manœuvres… Le texte se déploie déjà parfaitement dans l’espace. Le metteur en scène se montre encourageant, discret et direct. Il intervient sur un geste, une intention, une image qu’il purge de ses aspérités comme un photographe nettoie le cadre. Puis l’univers de Lear est transplanté dans la Cour. Au pied de ces murs chargés d’histoire, transmettre son pouvoir n’est pas une mince affaire.
  La mécanique noire des pulsions rugit à côté des délicates cordes d’un piano. Les variations sur le tutu aérien cher à Olivier Py côtoient l’armoire massive, meuble-Inconscient où sont enfouis les rêves et les ressentiments familiaux. Cordélia étire sans fin ses muscles. Cet univers politique semble si proche du nôtre. Terreur, grâce et grotesque y tracent des cercles et des tourbillons infernaux.
Dans la Cour d’honneur, la tempête se lève et cette sombre prophétie devrait ravir le public.

Stéphanie Ruffier

Le numéro de la collection Pièce (dé)montée  éditée par Canopé propose aux professeurs des pistes d’exploitation pédagogique de la pièce.

www.crdp.ac-paris.fr/piece.demontee/piece/index.php?id=lear

 

Stéphanie Ruffier

Du 4 au 14 juillet, Cour d’honneur du Palais des Papes. Relâche le 9.
www.festival-avignon.com
En tournée à partir de l’automne.

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