L’apprenti de Daniel Keene

Festival d’Avignon :

 

L’Apprenti de Daniel Keene, traduit de l’anglais par Séverine Magois mise en scène de Yann Dacosta

Visuel 1 © Julie RodenbourL’auteur et dramaturge australien Daniel Keene met en lumière dans ce spectacle familial accessible à tous dès 8 ans, le duo inattendu d’un garçon de douze ans et d’un quarantenaire. L’apprenti désigne aujourd’hui quelqu’un qui apprend un métier, un jeune qui suit une formation professionnelle en alternance, entre une entreprise et un centre de formation.
  Plus anciennement, le terme évoque encore un jeune, employé par un maître artisan qui l’initie à son métier. Philosophiquement, un novice, un débutant. Dans la mise en scène colorée et acidulée  de Yann Dacosta, on s’attend à ce que la maturité de l’un enseigne à la juvénilité de l’autre. Or, la vie se révèle souvent plus subtile qu’il n’y paraît,  et ne cesse d’émerveiller les élèves que nous sommes tous, face à l’aventure conviviale d’être au monde.
Pour l’heure, entre la jeune pousse et l’ancienne, circulent une énergie et un courant alternatif à travers les liens vivants et tissés de l’échange d’une existence partagée. Il y a ici, comme une cette magie d’être ensemble, dans l’abandon respectif et volontaire du repli sur soi.
Et n’est pas le plus sage celui qu’on croit, même si l’enfant interroge sans cesse son interlocuteur, un partenaire choisi dans un troquet depuis la fenêtre de l’appartement parental, à l’aide de jumelles, et qu’il met à la question sur le grill de ses incertitudes. Le quarantenaire reste souvent perplexe ou muet dans un premier temps, face aux répliques spontanées et fulgurantes de l’adolescent qui, par exemple, joue aux mots croisés d’une manière plus libre et ludique que son aîné lui, beaucoup trop sérieux.
Les réunissent un même goût pour les résultats sportifs comme ceux le Tour de France mais aussi aller au cinéma, visiter une église, apprendre à apprécier un paysage ou une musique. C’est la mission que s’octroie l’adulte auprès de l’enfant. Le premier sait aussi écouter le second, quand il lui parle de son père peu attentif.
De fil en aiguille, et dans la déclinaison des douze mois de l’année, la rencontre s’esquisse puis se dessine plus clairement, avant de s’approfondir et nouer une amitié et une complicité réelles, loin de toute obligation formelle.
La scénographie et l’illustration subtiles de Nathalie Arnau, sous les lumières de Marc Leroy,  dégagent comme une fraîcheur d’enfance, un vert paradis. Quelques cubes accumulés sur le plateau, empilés et déconstruits, face à un écran vidéo aux images significatives: arches d’église ou bibliothèque d’intérieur, donnent à l’installation une connotation de jeu et de mouvement provisoire gracieux.

Comme si les mois de l’année passaient dans un chaos de sensations et d’impressions qui n’en faisaient pas moins retomber sur leurs pieds les interprètes. Jean-Marc Talbot pour l’adulte et Florent Houdu pour l’adolescent sont excellents. L’un simule l’agacement, une condescendance initiale, pour mieux s’ouvrir ensuite, tandis que l’autre dispense, sans calcul, une belle leçon de vie et d’attachement.

Véronique Hotte

 Le Petit Louvre, jusqu’au 26 juillet, à 14h.

Le texte de la pièce est publié  aux Éditions Théâtrales Jeunesse.

 

 

 


Pas encore de commentaires to “L’apprenti de Daniel Keene”

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...