Antoine et Cléopâtre

Festival d’Avignon :

 

António e Cleópatra, d’après William Shakespeare, mise en scène de Tiego Rodrigues

 

antonio-e-cleopatra-une-christophe-raynaud-de-lage-festival-davignon-1024x683« C’est une pièce que nous avons créée en mémoire de la tragédie de Shakespeare, qui, elle-même, tirait ses fondements du portrait que Plutarque avait fait de Marc- Antoine dans vies parallèles », explique Tiego Rodrigues. En effet, loin de la langue de Shakespeare, pleine de bruit et de fureur,
C’est une épure, plutôt, que proposent le metteur en scène et ses interprètes. Un texte concis, en sept chants, conçu comme une évocation des personnages-titres. « Un duo qui nous parle d’un autre duo », précise le metteur en scène : Sofia Dias et Victor Ruiz tentent d’entrer dans l’intimité du couple, et nous rapportent les échos d’une histoire bien connue. L’amour d’Antoine et Cléopâtre, la trahison d’Antoine, sa défaite et sa mort.

  Ils rejouent, en quelque sorte, cette tragédie avec leur regard d’aujourd’hui. Nous sommes dans le  présent du plateau, hic et nunc, ni plus ni moins, et chacun, dans la première partie, décrit ce que voit, dit, fait, pense, éprouve l’autre : des gestes minimes, des impressions, des sentiments.
 Pas d’action, et la convention adoptée par le spectacle a du mal à faire son chemin jusqu’au public, d’où une lassitude naissante. Mais la force de conviction et l’engagement des deux protagonistes prennent le dessus: Sofia Dias et Victor Ruiz sont danseurs, et leurs corps intensément en jeu, mais avec des gestes retenus, économes, des indications plutôt, et peu de déplacements. Pas de la danse, mais une chorégraphie des paroles et de mouvements ténus dans un rythme que souligne la musicalité de la langue portugaise.
   L’espace scénique est dominé par un grand mobile,et  les lumières accompagnent leurs déplacements et leurs états de conscience changeants. Ils sont Antoine et Cléopâtre, fondus l’un dans l’autre, au point que lui ne parle que d’elle, et vice-versa.   
  Au dernier chant, récit de la mort d’Antoine après sa désertion de la bataille, chacun reprend son rôle, dans un  bel et long duo verbal, où les mots glissent les uns sur les autres, ludiques et tragiques.  On retiendra longtemps ces quelques phrases finales :  » Antoine respire, Cléopâtre respire, Antoine  respire…etc., puis : Cléopâtre respire, Cléopâtre respire, Cléopâtre respire »… indiquant la solitude, le silence, la fin de cet amour funeste.
Tiego Rodrigues, étoile montante du théâtre portugais, nouveau directeur artistique du Théâtre national Maria II à Lisbonne, excelle une fois de plus dans son traitement original des matériaux théâtraux et des documents historiques.

  Démarche passionnante, même si, au début, le côté statique du spectacle, peut dérouter le public.

 Mireille Davidovici

Salle  Benoit XII  jusqu’au 18 juillet

 


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