Toi(t) du monde

 

 toi(t)

Toi(t) du monde, texte, interprétation et mise en scène de Serge Boulier

Toits d’ardoises, ravissants balcons, fenêtres illuminées… Mais que se passe-t-il derrière les façades ? Elle, marionnette à robe rouge, juchée sur un tiroir, observe ce drôle de quartier perché dont les maisonnettes, au sommet de tabourets-pilotis, semblent isolées les unes des autres. Elle est mélancolique, sans qu’on sache pourquoi, car la tristesse ne s’explique pas toujours. Le spectacle de la vie des autres va-t-il sécher ses larmes ?
Le théâtre miniaturiste de Serge Boulier, petit monde fragile et gracile, nous fait partir à la rencontre des intérieurs. Les nombreux habitants qui peuplent son univers sont de galantes marionnettes à doigt ou à fil, dont les costumes de cotonnade et de carton blancs sont esquissées avec quelques délicats traits de crayon. Leurs visages aux traits âgés et aux crânes chauves évoquent la vieillesse, un âge peu médiatisé, peu visible, ici dévoilé avec pudeur.
Nous rencontrons ainsi Eugène et sa voisine Mélanie qui se saluent chaque dimanche, à heure fixe, sans oser franchir le pas de s’inviter. Adèle, la petite fille aux valises, qui pense à son papa quand elle est chez sa maman, et inversement. Josette qui met ses chaussettes dans le congélateur. Léon tourmenté par un crabe.

 Timidité, séparation, Alzheimer, cancer, handicap… Petits tracas et gros soucis de l’existence sont évoqués dans de courtes saynètes du quotidien. Sous les toits, il y a toujours un «toi» qui veille. La finesse des détails comme des sentiments émeut. Chacun selon sa sensibilité.
Ce petit théâtre de l’existence, dorloté par Serge Boulier, relie les êtres les uns aux autres avec simplicité et bienveillance. Il fait sobrement l’éloge du sourire, émerveille avec de petits tours de passe-passe, une magie qui met un peu de baume au cœur, à l’image de ces vivifiantes touches de rouge qui égaient, ici ou là, la grisaille.

 La scénographie, ballet de gestes doux et de soins essentiels, célèbre un monde où le mouvement, à travers le petit pas de côté, supplante les peurs et les grands discours.

 Stéphanie Ruffier

Maison du théâtre pour enfants, Monclar, tous les jours jusqu’au 25 juillet, à 14h30. Relâche le 19.

 


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