La Visite de la vieille dame

Festival d’Avignon:

La Visite de la vieille dame de Friedrich Dürenmatt, mise en scène de Thomas Poulard

   visite-de-la-vieille-dame-615_compagniedubonhommeFriedrich Dürenmatt est peut-être l’auteur Suisse allemand le plus célèbre de sa génération, et on retrouve cette année deux de ses pièces dans le  off : La Panne… dans deux mises en scène différentes et  La Visite de la vieille dame  que l’avait vu en 2014 à la Comédie-Française avec quelque quatorze comédiens pour trente personnages.
  Mais ici Thomas Poulard fait jouer la pièce par trois acteurs.
  La scène se passe à Güllen, petite ville imaginaire, post-industrielle et ruinée, où passent des trains qui ne s’arrêtent plus. Une vielle dame, devenue milliardaire  grâce à un mariage y revient après quarante ans d’absence, pour y célébrer son huitième mariage… Tout le village l’attend et l’accueille en grande pompe, prêt à tout pour qu’elle concède à renflouer les caisses communales.
Effectivement, elle annonce sa volonté d’aider la petite ville en cédant un milliard ! 500 millions pour la ville et 500 millions pour les habitants. Mais à une condition bien sûr ! Celle d’éliminer Alfred Ill, son amour d’il y a quarante ans qui l’avait laissée tomber après lui avoir fait un enfant. Alfred Ill, dans un premier temps rassuré par les villageois qui ont refusé  cet accord, voit alors débarquer dans son épicerie tout le village qui se met à faire des achats compulsifs et inconsidérés, ce qui laisse supposer une belle rentrée d’argent pour chacun …
  Un argent qui attire les villageois et les fait changer peu à peu : la vieille dame est sans doute en train de réussir son coup, et Alfred Ill, voit sa petite vie bien installée basculer dans l’effroi…
  Dès la première scène, le ton est donné : Nicolas Giret-Famin posté devant le mur faisant office d’écran, voit défiler tous les personnages et il nous indique qu’il va tous les interpréter : c’est, du moins ce que l’on croit.
   Un curieux balayeur (Sylvain Delcourt) fait irruption sur le plateau et opère un glissement de rôle avec le premier acteur. Puis la vieille dame tant attendue fait son apparition (Adeline Benamara )
  Ce texte à l’écriture plutôt classique, avec tout ce qu’il recèle d’humour et d’effets théâtraux, est bien mis en scène par Thomas Poulard ; la présence de seulement trois acteurs ayant aussi pour effet de ne pas tout centrer sur la vieille dame, les habitants de Güllen constituent la variable qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre.
Quelques accessoires de couleur (chaises, casques, masques…), et un mur de fond qui permet projections et collages d’affiches font de cette pièce un moment tout à la fois passionnant, drôle mais aussi politique, montrant bien la cupidité de nos contemporains.   
 Les trois acteurs sont ici excellents, avec juste ce qu’il faut d’exagération et avec les codes qui nous font reconnaître chaque personnage.
 La compagnie lyonnaise du Bonhomme après Les Physiciens, a bien réussi son coup.
  En 2016, elle créera Romulus le Grand  toujours de Friedrich Dürenmatt…

Julien Barsan

Le Petit Louvre

 


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