Frangins

Frangins de Jean-Paul Wenzel, mise en scène de Lou et Jean-Paul Wenzel

 3bis«Et si tu écrivais une pièce pour toi et moi ? » ont demandé Jean-Pierre Léonardini, critique de théâtre, et Philippe Dusquesne, comédien, à Jean-Paul Wenzel, mais chacun ignorait la démarche de l’autre. Ainsi est né Frangins, ou les retrouvailles de trois frères au chevet de leur mère à l’agonie. Cela fait «trente sept ans, trois mois et neuf jours» qu’il ne l’a vue, dit Léo que la taule a rendu sensible au temps qui passe, aux jours qu’on coche sur le calendrier.
«Pour les dates je suis imbattable (…) 1963, ma première mobylette, volée » précisera t-il, plus tard.  Jipé et Philippe, le petit dernier, ont fait, eux aussi, leur chemin, pendant ces longues années. L’un poète, s’est reconverti en romancier de polars, l’autre, fierté de sa mère, est un magicien célèbre qui se produit à la télévision.
  Entre les trois, la gène des premiers instants, après une si longue séparation, fait vite place à la complicité d’antan et aux vieilles querelles fratricides. Aussitôt rouvertes, les blessures du passé se referment, car la tendresse est au rendez-vous dans cette fratrie élevée par une mère décalée, abandonnée par un père aventurier.
  Jean Paul Wenzel a taillé des rôles sur mesure. Lui, est un écrivain timide, un peu maladroit,  Jean Pierre Léonardini, un malfrat au cœur tendre, et Philippe Duquesne aux rondeurs mélancoliques, constituent un trio réjouissant, rejoint par Hélène Hudovernik, à la jeunesse insolente de santé, et par Viviane Théophilidès, une pimpante sexagénaire, amour de jeunesse des frangins.
  Sous la plume de l’auteur de Loin d’Hagondange, on retrouve ce réalisme du quotidien, cette tendresse pour les personnages, et un sens de la réplique juste, pas loin des dialogues des films noirs et blancs des années cinquante. Admirablement composée, la pièce est servie par une mise en scène précise, adaptée à ce genre d’écriture.
   Dans sa simplicité, elle privilégie cependant un certain humour porteur de distanciation, et donne surtout aux acteurs toute latitude de déployer une belle connivence, un plaisir de jouer qu’ils font partager au public.
 On passe une agréable soirée en compagnie de ce quintette…

Mireille Davidovici

Théâtre du Lucernaire, rue Notre-Dame des Champs Paris VIème, jusqu’au 11 octobre.
T. : 01 42 22 66 67 ; www.lucernaire.fr
Le texte de la pièce est publié aux Solitaires intempestifs


Archive pour 29 août, 2015

Frangins

Frangins de Jean-Paul Wenzel, mise en scène de Lou et Jean-Paul Wenzel

 3bis«Et si tu écrivais une pièce pour toi et moi ? » ont demandé Jean-Pierre Léonardini, critique de théâtre, et Philippe Dusquesne, comédien, à Jean-Paul Wenzel, mais chacun ignorait la démarche de l’autre. Ainsi est né Frangins, ou les retrouvailles de trois frères au chevet de leur mère à l’agonie. Cela fait «trente sept ans, trois mois et neuf jours» qu’il ne l’a vue, dit Léo que la taule a rendu sensible au temps qui passe, aux jours qu’on coche sur le calendrier.
«Pour les dates je suis imbattable (…) 1963, ma première mobylette, volée » précisera t-il, plus tard.  Jipé et Philippe, le petit dernier, ont fait, eux aussi, leur chemin, pendant ces longues années. L’un poète, s’est reconverti en romancier de polars, l’autre, fierté de sa mère, est un magicien célèbre qui se produit à la télévision.
  Entre les trois, la gène des premiers instants, après une si longue séparation, fait vite place à la complicité d’antan et aux vieilles querelles fratricides. Aussitôt rouvertes, les blessures du passé se referment, car la tendresse est au rendez-vous dans cette fratrie élevée par une mère décalée, abandonnée par un père aventurier.
  Jean Paul Wenzel a taillé des rôles sur mesure. Lui, est un écrivain timide, un peu maladroit,  Jean Pierre Léonardini, un malfrat au cœur tendre, et Philippe Duquesne aux rondeurs mélancoliques, constituent un trio réjouissant, rejoint par Hélène Hudovernik, à la jeunesse insolente de santé, et par Viviane Théophilidès, une pimpante sexagénaire, amour de jeunesse des frangins.
  Sous la plume de l’auteur de Loin d’Hagondange, on retrouve ce réalisme du quotidien, cette tendresse pour les personnages, et un sens de la réplique juste, pas loin des dialogues des films noirs et blancs des années cinquante. Admirablement composée, la pièce est servie par une mise en scène précise, adaptée à ce genre d’écriture.
   Dans sa simplicité, elle privilégie cependant un certain humour porteur de distanciation, et donne surtout aux acteurs toute latitude de déployer une belle connivence, un plaisir de jouer qu’ils font partager au public.
 On passe une agréable soirée en compagnie de ce quintette…

Mireille Davidovici

Théâtre du Lucernaire, rue Notre-Dame des Champs Paris VIème, jusqu’au 11 octobre.
T. : 01 42 22 66 67 ; www.lucernaire.fr
Le texte de la pièce est publié aux Solitaires intempestifs

DAROU L ISLAM |
ENSEMBLE ET DROIT |
Faut-il considérer internet... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Le blogue a Voliere
| Cévennes : Chantiers 2013
| Centenaire de l'Ecole Privé...