Faim de Knut Hamsun

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Faim , adaptation du texte de Knut Hamsun, mise en scène d’Arthur Nauzyciel

 Benoît Lavigne, le nouveau directeur du Lucernaire réalise un beau début de saison, entre respect des engagements pris par la précédente direction (Frangins) et programmation de comédiens avec qui il a beaucoup travaillé. Comme Xavier Gallais, à l’affiche de cette adaptation de Knut Hamsun : « Xavier est avant tout un ami, un frère de théâtre, un compagnon de route et de vie. Ensemble nous avons créé une dizaine de spectacles, voyageant de Tchekhov à Molière, de Shakespeare à Tennessee Williams, et Woody Allen »
  Xavier Gallais reprend ce texte de Knut Hamsun qu’il avait joué au Théâtre de la Madeleine en 2011.  L’auteur norvégien, prix Nobel de littérature en 1920, a écrit des pièces, des romans, de la poésie et  des récits de voyage.
 Faim  est un texte semi-autobiographique qui raconte la période d’errance du narrateur, sans argent et bientôt sans domicile et qui va souffrir de la faim à Christiania (Oslo). Cette souffrance est sa création, il s’écoute, ressent tous les états de manque, allant aux frontières de la conscience. Il fait le récit aussi précis et objectif que possible,  à la manière d’un scientifique, de la déchéance physique et intellectuelle qu’il vit . quand il se met lui-même à l’écart de la société et manque de sombrer dans une folie irréversible, où on le récupère de justesse.
 Xavier Gallais est déjà sur scène, assis, en retrait, sur un tapis de plumes blanches avec, à jardin, un sapin de Noël couvert de faux givre et de guirlandes lumineuses clignotantes, et, à cour, une machine à boissons automatique. Il quitte vite la lecture de son texte et, avec son regard perçant et habité, et sa voix à la parfaite modulation, il nous captive. Pourtant Faim est un récit un peu long, bien écrit mais qui se perd parfois dans les méandres et le délire de la faim.
 La scénographie n’apporte pas grand-chose : le sapin clignote quelque fois, l’automate émet une petite lumière, mais qu’importe, on lutte avec lui pour oublier un rythme d’une belle lenteur qui pose et instille les situations en douceur.
Avec  un autre acteur, ce spectacle d’une heure vingt serait devenu devenu un calvaire, mais, ici, nous sommes avec lui pour cette traversée dans la conscience, qui devient une parabole du manque et de l’exclusion.
Bravo donc à ce comédien qui prouve une fois de plus son grand talent…

Julien Barsan

Théâtre du Lucernaire Paris 75006  jusqu’au 25 septembre, à 21h, du mardi au samedi T : 01 45 44 57 34.

 

 


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