Chute d’une nation

Chute d’une nation, une série épique et politique en quatre épisodes, texte et mise en scène de Yann Reuzeau

cdn-d-mc3a9rigou-s-vonlanthen-l-moguezCette épopée en quatre épisodes, brossée par douze acteurs, commence à treize heures pour se terminer après  vingt-deux heures. Pendant tout ce temps, et malgré des longueurs, on est happé par la justesse et l’actualité du propos.
La pièce relate l’ascension politique de Jean Vampel, député catholique, intègre et travailleur. Opposé à l’avortement, il fera mine de renier sa foi pour se présenter à l’élection présidentielle, comme candidat de l’Union de la gauche.
Il ne le voulait pas, pensant qu’il n’avait aucune chance mais, poussé par son ambitieuse attachée parlementaire, il accepte et la nomme sa cheffe de campagne. Aux primaires, il doit affronter Perquis, du même parti que lui, revenu sur la scène politique après dix ans d’inéligibilité. On se bagarre pour la constitution de l’équipe de campagne. Beaucoup de personnalités sont compromises : « Il n’y aura plus de grand parti de gauche avant très longtemps (…) On est en train de couler tous ensemble », déclare l’une des égéries de Jean Wampel.
Dans un débat télévisé serré entre deux rivaux, on entend les propos invraisemblables de son adversaire : «Je veux raser les banlieues, elles sont incontrôlables, chaque jour rend plus difficile la sortie de crise ! » Wampel, lui, a fondé son programme sur la suppression des écoles privées, alors que ses propres enfants y ont été élevés. Il déclare aussi : «Je ne supporte plus de voir des entreprises françaises armer des dictatures ! ».
  Pendant que tout le monde se déchire pour accéder au pouvoir, un attentat spectaculaire bouleverse le pays et, au milieu de la confusion face à un populisme exacerbé par les événements, c’est finalement Wampel qui prend la tête de la gauche pour les présidentielles.
Le spectacle se termine alors que, devant la montée inéluctable de l’extrême-droite, on lui propose, en dernier recours, de truquer les élections… L’intrigue, complexe, ne permet pas vraiment de saisir les enjeux et les partis-pris dramatiques de cette fiction politique, interprétée par une solide équipe d’acteurs qui ne faiblit jamais.
Malgré une baisse de tension dans le troisième épisode Chaos, cette Chute d’une nation a de troublants accents de vérité.
Comment après avoir gagné des élections, ne pas renier ses promesses de campagne? N’est-ce pas ce que les électeurs de gauche, de la France à la Grèce, sont en train de vivre ?

 Édith  Rappoport 

Théâtre du Soleil jusqu’au 11 octobre. Cartoucherie de Vincennes. T : 01 43 74 24 08. Et aussi en semaine, De l’Ambition de Yann Reuzeau, (voir Le Théâtre du Blog du 9 septembre).

 

 

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