Gala, conception de Jérôme Bel

Gala, conception de Jérôme Bel

 

jeromebel604-tt-width-604-height-418-bgcolor-000000Avec Gala, Jérôme Bel poursuit sa déconstruction des codes de la danse classique et  contemporaine. Le titre du spectacle  exprime, à lui seul,  la volonté esthétique et l’esprit de cette création. Pour Jérôme Bel, en effet, il ne s’agit pas avec cette chorégraphie de présenter un spectacle de type professionnel, respectant les règles canoniques de cet art, mais de laisser percevoir au public, en quoi, et comment, notre corps, à travers la danse, peut être l’expression de notre identité, de nos différences, de notre rapport à l’autre dans une communication extra-verbale, et la recherche de notre Moi intérieur.
Un corps invité à prendre possession de la piste… C’est aussi pour le chorégraphe, la nécessité d’interroger la danse, quand il se trouve dépossédé de son langage esthétique, ce qui laisse alors surgir des espaces inarticulés, fugaces, spontanés et inattendus.

 Dans une première partie, les performeurs/danseurs sont  invités au bal, sur les musiques et les chansons d’artistes populaires:  Michael Jackson, Dalida… Tour à tour, seuls en scène, ils traversent le vaste plateau nu et blanc, et «livrent un à un, leur interprétation d’un geste/signature d’une époque de la danse».
Dans un second temps, ces amateurs vont, chacun à leur tour, être chorégraphes, et entraîner toute la troupe à les suivre, et à imiter leur solo.«Ils deviennent eux-mêmes les modèles par lesquels se transmettent des chorégraphies», comme le remarque justement Florian Gaité.     

Ces amateurs de tout âge, et Cédric Andrieux, Raphaëlle Delaunay, Shuntaro Yoshida … danseurs professionnels, magnifiques, nous transportent dans un ailleurs où l’art chorégraphique s’éloigne de ses dogmes. Comme si le corps s’emparait, non plus de LA danse mais d’une seule et multiple danse, libre !  Ce que nous pressentons au début,et percevons ensuite à de courts instants.
La promesse donnée au spectateur à travers la recherche artistique par Jérôme Bel, de mettre en lumière et résonance avec profondeur et violence, les manques, les vides, la force aussi, paradoxalement, de cette danse avec ces corps maladroits, parfois handicapés (une danseuse est en fauteuil roulant) inexpérimentés, mais plein de désirs, d’inventions  s’envolent…
  Mais, à la fin du spectacle, on reste dubitatif et on ressent une émotion diffuse. On aurait tant souhaité entendre battre le cœur de cette chorégraphie inattendue, libre et complexe… Frustrés, nous quittons la salle avec cependant les yeux grands ouverts et interrogateurs, face à l’étonnement et au mystère de ces corps amateurs qui pendant soixante-quinze minutes, ont occupé la scène avec un immense désir…   

 Elisabeth Naud  

Théâtre Nanterre-Amandiers/Festival d’Automne. T: 01 46 14 70 00. jusqu’au 20 septembre. Et  du 1er au 3 octobre au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers.Le 13 octobre, à l’Apostrophe-Théâtre des Louvrais de Pontoise.Du 30 novembre au 2 décembre, au Théâtre de la Ville, Paris. Le 5 décembre, au Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée de Tremblay-en-France.

 

 


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