Ce que le djazz fait à ma djambe !

Ce que le djazz fait à ma djambe ! de Jacques Gamblin, compositions, arrangements, direction musicale et piano de Laurent de Wilde

 

CE-QUE-LE-DJAZZ-FAIT-A-MA-DJAMBE_GiovanniCittadiniCesi_064À la contrebasse, Jérôme Regard, à la batterie, Donald Kontomanou, à la trompette, Alex Tassel, au saxophone, Guillaume Naturel et aux platines, DJ Alea. Ces musiciens habités par leur art, entourent Laurent de Wilde, pianiste de jazz, réunis autour de l’auteur et interprète qui s’amuse ici avec les mots. Laurent de Wilde est passionné par la révolution électronique et le jazz contemporain, un jazz de mutation dont l’album Time For Change est emblématique, en rupture avec les formations acoustiques déjà enregistrées. La métamorphose advient quand il rejoint le groupe d’Ernest Ranglin, père fondateur du reggae jamaïcain, d’où des rencontres multiples avec des univers musicaux variés.
Ce que le djazz fait à ma djambe se joue depuis 2011! Jacques Gamblin arrive en sautant de la salle sur le plateau, souple, libre et facétieux, et se met à
conter au public une belle histoire d’amour à consonance autobiographique, et s’allonge parfois sur le sol pour mieux écouter, comme s’il était seul dans un salon confortable, étendu sur un épais tapis, goûtant l’instant présent.
La quête d’amour est longue et fastidieuse car la belle se refuse aux avances, semant la douleur chez ce fou sympathique en mal d’amour et de consolation. 
Le comédien se souvient de sa professeure de piano qui disait : «Tu n’y arriveras jamais avec ce doigté ! » Il ne recherche plus aujourd’hui une belle pratique du piano, mais un personnage amoureux en quête d’une lady Jazz, la musique qu’on aime et qu’on recèle tous dans des endroits secrets.
 C’est finalement la séduction elle-même que notre conteur sentimental met en scène, dans l’allégorie d’une recherche existentielle absolue qui n’existe pas. On l’approche et elle disparaît aussitôt, glissant entre les mains : pleine de silence au départ, elle est la musique… Elle a déserté l’amoureux des mots qui, frustré, laisse cette partie d’un rêve artistique au compositeur et pianiste Laurent de Wilde accompagné de ses musiciens, mais tous accèdent à une musique idéale qui tombe juste.  
  La poursuite de la femme aimée avance vers une conclusion heureuse, et le traqueur affectif fait une halte dans un club de jazz où il éprouve un sentiment de transe ; c’est un instant précieux et ineffable de grâce que l’on passe sa vie à chercher, en traînant lamentablement sa mélancolie quand, tout à coup, le ciel s’éclaire et la grâce advient, là où elle n’était plus attendue.
Le jazz est à penser comme un coup de foudre, un rapport passionnel qui passe subtilement par la peau, un temps d’amour qui n’a rien à voir avec l’intellect. Ces moments d’exception et d’émotion, à la fois étranges et magnifiques, véhiculent une sensation d’être dedans et dehors à la fois, comme si l’interprète regardait ses doigts vivre sur le clavier, tout en étant pris entièrement par ce qui se passe à l’extérieur.
Les mots syncopés du poète s’accordent avec une justesse rare au piano, à la contrebasse, à la trompette, au saxo, à la batterie et aux platines.
Admirable…

 Véronique Hotte

  Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 31 octobre. T : 01 44 95 98 21

 


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