La Vérité sur Pinocchio

 La Vérité sur Pinocchio, d’après Pinocchio de Carlo Collodi, adaptation libre, mise en scène de Didier Galas tout public de sept à cent-sept ans

 

IMG_3756 (300 dpi)Danseur, comédien, conteur, marionnettiste manipulateur et marionnette manipulée, Didier Galas est un bel interprète qui s’accorde des retours en arrière dans l’histoire de cette canaille de bois, vedette italienne, et prend une dizaine de minutes pour interpeller le public. Il interprète la marionnette en quête de père et d’une nature originelle végétale qu’il lui avait forgée pour un destin honorable.
Pinocchio, pantin de bois de jadis, puis petit garçon à la fois velléitaire et volontaire, a grandi avec le temps. Devenu adulte, il œuvre aujourd’hui, ciseaux à la main, dans le salon de coiffure que les Collodi tiennent de père en fils, avec gloire et de modestie, fidélité et garantie du travail bien fait. Le projet final de Didier Galas, quand il fait à présent la barbe à un client, une perruque posée sur la tête silencieuse d’un mannequin qui l’écoute sans lui répondre ?
Il se promet de raconter son accès à la maturité à travers une existence extraordinaire, selon une chronologie à contre-sens, pour le déroulement d’une fable «qui va du bois à la chair», une création à rebours qui cherche les origines et les causes.
 Rien qui ne soit plus légitime pour l’éclaircissement d’une morale ouverte, c’est-à-dire grandir en restant à l’écoute de l’autre (le père), tout en amorçant un mouvement responsable de libération et d’autonomie. Pinocchio adulte prône la reconnaissance de la vérité… à mériter, si l’on en est digne. Le comédien avoue que dire ses quatre vérités, à quiconque ou à soi-même, n’est pas si simple : «Le grillon de la vraie histoire ne s’appelle pas Jeminy Criquet : il n’a pas de nom, parce qu’il n’est qu’un vulgaire grillon. En réalité aussi, dès le quatrième chapitre, il meurt écrasé ! Je suis désolé : la vérité est souvent difficile à entendre. Elle est plus difficile à accepter que les mensonges. »
  Didier Galas réduit en bouillie de sa main un grillon sur le bois de sa maison, placé précisément sur un œil (occhio) ou nœud du bois de pin (pino). Le castelet à hauteur humaine posé sur le plateau, tourne comme un manège, refuge  contre le froid ou abribus à hublot. L’acteur entre, sort et arpente l’espace du dehors avec tous ses dangers, sautant  comme un danseur, avec une série de claquettes, battant des bras et des mains.
Quand le pantin ment, une baguette de bois surgit de l’œil du pin et s’allonge de plus en plus, métaphore emblématique de son nez trop malin. Le narrateur monte même au-dessus de sa guérite, en touchant  les feuillages mouvants de grands arbres verts, et plane, tel un oiseau aux larges ailes dans le bleu du ciel.
Didier Galas joue à proximité de ses jeunes spectateurs, sans jamais s’appesantir sur une idée, mais butinant de l’une à l’autre, pour les mieux cerner.

Véronique Hotte

Théâtre du Fil de l’eau à Pantin (93), le 14 octobre. La Passerelle, Scène Nationale de Saint-Brieuc, du 2 au 4 décembre. Auditorium du Louvre, Paris, le 9 décembre (à confirmer) et Théâtre National Populaire, Villeurbanne, du 16 au 31 décembre.

 

 


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