Les cinquante ans du Théâtre de l’Aquarium

 

Le Théâtre de l’Aquarium a cinquante ans

 aquarium Un anniversaire avec des concerts, un bal, des rencontres et un spectacle qui va retracer l’histoire du théâtre depuis sa création* à partir d’archives, d’essais, de témoignages, mise en scène par François Rancillac et les apprentis comédiens de l’ESAD. C’est un lieu emblématique du théâtre contemporain, avec des directeurs comme Jacques Nichet qui dirigea par la suite le Centre Dramatique national de Toulouse, et Didier Bezace qui fut le dynamique directeur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Et Jean-Louis Benoit , celui de la Criée à Marseille….
Ici, est né un pan important de la création d’aujourd’hui avec ce que l’on appelle:  théâtre documentaire, création collective, théâtre politique qui, depuis peu, reviennent au galop…
Oui, mais voilà: même si François Rancillac, le directeur du Théâtre  de l’Aquarium n’a pas tout réussi, son bilan est loin d’être négatif, mais son  activité a été d’un coup remise en question, juste avant l’été, par la Direction Générale de la Création Artistique du Ministère de la Culture, spécialiste, comme on sait, des coups bas.
François Rancillac a été prié de quitter les lieux en juin prochain. En l’occurrence, cela dépasse même le problème de sa personne et, c’est une fois de plus, le protocole de ce genre de décision qui est déplorable!
Fleur Pellerin, bien entendu, n’a guère apprécié, dit-on, que la pétition ** pour défendre François Rancillac  ait recueilli des milliers de signatures mais elle s’est bien mal défendue lors de sa conférence de presse cet été à Avignon. En prétendant, pas du tout à l’aise dans un domaine qu’elle connaît mal, et à partir de notes rapides qu’on lui avait préparées, que l’affaire avait été inutilement montée en épingle, que François était un homme très bien, qu’on allait trouver une solution, que tout allait s’arranger, etc. Vous avez dit: surtout pas de vagues et temporisation?
Bref, il n’y avait rien à voir, et le bon peuple du public et des théâtreux était prié de circuler! Depuis on a appris (tout se sait vite dans la douce France artistique!) que les choses avaient commencé à se régler en coulisses, et qu’au Ministère, le principal initiateur de cette brillante affaire serait prié d’aller, d’ici peu, voir ailleurs si l’herbe était plus tendre. Prudente, Fleur Pellerin? Sans doute mais, pour le moment, on ne sait rien de précis. Et elle  se gardera sans doute bien d’aller à cet anniversaire…
Le Ministère aurait lui des idées bien précises quant à l’avenir de la Cartoucherie de Vincennes et verrait bien, après le règne d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, et celui de Philippe Adrien au Théâtre de la Tempête, une reconversion de ces immenses lieux en centre d’accueil et de répétitions pour les jeunes compagnies. C’est donc, on l’aura deviné, une affaire à suivre avec la plus grande vigilance dont nous vous tiendrons au courant, même si le Ministère reste bien avare d’informations…

Philippe du Vignal

Rancillac (suite, et non fin)

    La mode est aux «fabriques de théâtre» : on donnerait à une jeune et brillante compagnie un lieu de travail. Pour les représentations, trois ou quatre grands théâtres nationaux suffiraient, puisque la compagnie en question serait «incontournable». Et voilà le budget public, national, régional et pourquoi pas municipal, sauvé. Et voilà tués les trois quarts de la création théâtrale.
Chacun sait que le budget de la culture, en particulier du théâtre, est toujours le premier visé : artistes, créez un peu moins et diffusez mieux (vendez mieux) vos «produits». Mais on le rappelle, chaque représentation théâtrale, chaque concert, est un prototype unique, qui ne peut obéir aux règles du marché de masse. Il faut être de son temps ? Il se peut bien que le temps ne soit pas seulement l’instant de la mode ; ce qu’elle oublie, cette mode, c’est la durée, et la fidélité.

L’Aquarium a cinquante ans : faut-il le pousser dehors, comme un cadre dit senior ? Et puisqu’on parle d’emploi, les emplois artistiques et professionnels du théâtre comptent-ils pour rien ? Il se trouve que les compagnies ont besoin non seulement d’avoir un parapluie sur la tête, mais de partager un lieu de création théâtrale avec d’autres, des musiciens, des plasticiens.
Sur le terrain d’utopie de la Cartoucherie, ce sont les rencontres qui fabriquent la création. Cet enclos extra-territorial, qui abrite des théâtres divers, pas forcément solidaires entre eux, n’est pas un territoire comme les autres. Il s’est développé, enrichi, embelli grâce à tous ses théâtres, dont l’Aquarium. En perdre un  (il y a déjà eu le Chaudron), ce serait les appauvrir tous.
Faut-il que les écoles de théâtre ne se produisent que dans leurs propres murs ? Elles aussi, qui viennent chaque année rencontrer le public à l’Aquarium (qui a associé à cette invitation les autres théâtres de la Cartoucherie), ont besoin de ce lieu pour jouer en vraie grandeur, et bien accompagnés. Les calculateurs semblent oublier (entre mile autres oublis!),  l’importance de la transmission dans ce travail artistique collectif qu’est le théâtre.
Transmission? N’en faut plus, à l’ère de la paillette et du jetable. Une génération chasse l’autre. Eh! Bien, non! Nous avons besoin de François Rancillac, de sa sensibilité généreuse aux autres arts, à côté du sien, de son respect du public.
Le public, ce n’est pas du chiffre : ce sont autant d’individus rendus plus heureux parce que plus intelligents, et réciproquement. C’est peut-être cela qui gêne… Les metteurs en scène qui, comme lui, donnent autant de soin, d’enthousiasme, au travail avec les amateurs, à l’action culturelle en profondeur qu’à leurs créations plus publiques méritent d’avoir le temps de leur travail. Le public le sait, dans sa fidélité, il a même lancé un comité de soutien ; les décideurs devraient l’apprendre.

 Christine Friedel

* Théâtre de l’Aquarium du lundi 2 au (relâche le 5) samedi 8 novembre à 20h30, et le dimanche 9  à 17h.

** Texte de la pétition sur : http://www.theatredelaquarium.com ; sur Change.org : http://chn.ge/1eOv6H1 et via Facebook : https://www.facebook.com/soutientheatreaquarium


Archive pour 23 octobre, 2015

Les cinquante ans du Théâtre de l’Aquarium

 

Le Théâtre de l’Aquarium a cinquante ans

 aquarium Un anniversaire avec des concerts, un bal, des rencontres et un spectacle qui va retracer l’histoire du théâtre depuis sa création* à partir d’archives, d’essais, de témoignages, mise en scène par François Rancillac et les apprentis comédiens de l’ESAD. C’est un lieu emblématique du théâtre contemporain, avec des directeurs comme Jacques Nichet qui dirigea par la suite le Centre Dramatique national de Toulouse, et Didier Bezace qui fut le dynamique directeur du Théâtre de la Commune à Aubervilliers, Et Jean-Louis Benoit , celui de la Criée à Marseille….
Ici, est né un pan important de la création d’aujourd’hui avec ce que l’on appelle:  théâtre documentaire, création collective, théâtre politique qui, depuis peu, reviennent au galop…
Oui, mais voilà: même si François Rancillac, le directeur du Théâtre  de l’Aquarium n’a pas tout réussi, son bilan est loin d’être négatif, mais son  activité a été d’un coup remise en question, juste avant l’été, par la Direction Générale de la Création Artistique du Ministère de la Culture, spécialiste, comme on sait, des coups bas.
François Rancillac a été prié de quitter les lieux en juin prochain. En l’occurrence, cela dépasse même le problème de sa personne et, c’est une fois de plus, le protocole de ce genre de décision qui est déplorable!
Fleur Pellerin, bien entendu, n’a guère apprécié, dit-on, que la pétition ** pour défendre François Rancillac  ait recueilli des milliers de signatures mais elle s’est bien mal défendue lors de sa conférence de presse cet été à Avignon. En prétendant, pas du tout à l’aise dans un domaine qu’elle connaît mal, et à partir de notes rapides qu’on lui avait préparées, que l’affaire avait été inutilement montée en épingle, que François était un homme très bien, qu’on allait trouver une solution, que tout allait s’arranger, etc. Vous avez dit: surtout pas de vagues et temporisation?
Bref, il n’y avait rien à voir, et le bon peuple du public et des théâtreux était prié de circuler! Depuis on a appris (tout se sait vite dans la douce France artistique!) que les choses avaient commencé à se régler en coulisses, et qu’au Ministère, le principal initiateur de cette brillante affaire serait prié d’aller, d’ici peu, voir ailleurs si l’herbe était plus tendre. Prudente, Fleur Pellerin? Sans doute mais, pour le moment, on ne sait rien de précis. Et elle  se gardera sans doute bien d’aller à cet anniversaire…
Le Ministère aurait lui des idées bien précises quant à l’avenir de la Cartoucherie de Vincennes et verrait bien, après le règne d’Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil, et celui de Philippe Adrien au Théâtre de la Tempête, une reconversion de ces immenses lieux en centre d’accueil et de répétitions pour les jeunes compagnies. C’est donc, on l’aura deviné, une affaire à suivre avec la plus grande vigilance dont nous vous tiendrons au courant, même si le Ministère reste bien avare d’informations…

Philippe du Vignal

Rancillac (suite, et non fin)

    La mode est aux «fabriques de théâtre» : on donnerait à une jeune et brillante compagnie un lieu de travail. Pour les représentations, trois ou quatre grands théâtres nationaux suffiraient, puisque la compagnie en question serait «incontournable». Et voilà le budget public, national, régional et pourquoi pas municipal, sauvé. Et voilà tués les trois quarts de la création théâtrale.
Chacun sait que le budget de la culture, en particulier du théâtre, est toujours le premier visé : artistes, créez un peu moins et diffusez mieux (vendez mieux) vos «produits». Mais on le rappelle, chaque représentation théâtrale, chaque concert, est un prototype unique, qui ne peut obéir aux règles du marché de masse. Il faut être de son temps ? Il se peut bien que le temps ne soit pas seulement l’instant de la mode ; ce qu’elle oublie, cette mode, c’est la durée, et la fidélité.

L’Aquarium a cinquante ans : faut-il le pousser dehors, comme un cadre dit senior ? Et puisqu’on parle d’emploi, les emplois artistiques et professionnels du théâtre comptent-ils pour rien ? Il se trouve que les compagnies ont besoin non seulement d’avoir un parapluie sur la tête, mais de partager un lieu de création théâtrale avec d’autres, des musiciens, des plasticiens.
Sur le terrain d’utopie de la Cartoucherie, ce sont les rencontres qui fabriquent la création. Cet enclos extra-territorial, qui abrite des théâtres divers, pas forcément solidaires entre eux, n’est pas un territoire comme les autres. Il s’est développé, enrichi, embelli grâce à tous ses théâtres, dont l’Aquarium. En perdre un  (il y a déjà eu le Chaudron), ce serait les appauvrir tous.
Faut-il que les écoles de théâtre ne se produisent que dans leurs propres murs ? Elles aussi, qui viennent chaque année rencontrer le public à l’Aquarium (qui a associé à cette invitation les autres théâtres de la Cartoucherie), ont besoin de ce lieu pour jouer en vraie grandeur, et bien accompagnés. Les calculateurs semblent oublier (entre mile autres oublis!),  l’importance de la transmission dans ce travail artistique collectif qu’est le théâtre.
Transmission? N’en faut plus, à l’ère de la paillette et du jetable. Une génération chasse l’autre. Eh! Bien, non! Nous avons besoin de François Rancillac, de sa sensibilité généreuse aux autres arts, à côté du sien, de son respect du public.
Le public, ce n’est pas du chiffre : ce sont autant d’individus rendus plus heureux parce que plus intelligents, et réciproquement. C’est peut-être cela qui gêne… Les metteurs en scène qui, comme lui, donnent autant de soin, d’enthousiasme, au travail avec les amateurs, à l’action culturelle en profondeur qu’à leurs créations plus publiques méritent d’avoir le temps de leur travail. Le public le sait, dans sa fidélité, il a même lancé un comité de soutien ; les décideurs devraient l’apprendre.

 Christine Friedel

* Théâtre de l’Aquarium du lundi 2 au (relâche le 5) samedi 8 novembre à 20h30, et le dimanche 9  à 17h.

** Texte de la pétition sur : http://www.theatredelaquarium.com ; sur Change.org : http://chn.ge/1eOv6H1 et via Facebook : https://www.facebook.com/soutientheatreaquarium

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