Considering/Accumulations

 

 

Considering/Accumulations, d’après Sur le théâtre de marionnettes  dHeinrich von Kleist, chorégraphie de Laurent Chétouane

 

considering-2Le fameux récit d’Heinrich von Kleist (1810) est fondé sur un paradoxe : pour ce danseur fictif, étoile de l’Opéra, rencontré par l’auteur au jardin public, une marionnette serait plus habile que le plus  remarquable des danseurs. Délivrée de la pesanteur et de tout affect, elle peut en effet, soigneusement manipulée, exécuter les mouvements rectilignes ou les ellipses les plus parfaits. La poupée a donc tout à apprendre à l’être humain dans l’art de se mouvoir, pour, malgré son imperfection, parvenir à la grâce, ce paradis perdu…
Dialogue philosophique, conte moral, traité esthétique,ce texte énigmatique appelait pour Laurent Chétouane, une confrontation avec la danse, passionné qu’il est depuis toujours par la rhétorique des corps. Raphaëlle Delaunay et Mikael Marklund  vont, une heure vingt durant, évoluer sur le plateau nu, accompagnés au piano par Mathias Susaas Halvorsen.
Corps neutres,  ils traversent la scène, à pas comptés, mécaniquement, avant que le récit ne commence, dit par Clara Chabalier, en voix off assez neutre.
Ainsi, tout au long du spectacle, la danse et le texte opéreront en décalé, pour éviter toute redondance.
Les noirs découpent la pièce en séquences : lumières et musique donnent l’ambiance de chaque morceau, souvent dansé alors que la voix s’est tue. Ne subsiste dans la  danse que des échos du texte. Les mouvements d’abord maladroits trouvent petit à petit une perfection mécanique, les corps sont habiles, mais habités seulement par les forces centrifuges ou centripèdes qui les meuvent, l’un vers l’autre ou l’un loin de l’autre.
La brillante interprétation par le jeune pianiste norvégien de Phasma de Beat Furrer, partition syncopée, qu’il joue avec un doigt, les coudes ou le dos de la main, perlée de notes aigües et de passages plus graves, est en complète adéquation avec les pas des interprètes qui trouvent, à la fin, la grâce tant recherchée, et le pas-de-deux s’envole sur la Partita (1-3) de Jean-Sébastien Bach, merveilleusement  jouée…
Cette chorégraphie, exigeante, semble laborieuse, empruntée, décousue, et ne trouve son allure de croisière que dans les trente dernières minutes. Et surtout, on perd souvent le fil du propos de Kleist, à cause de longs silences qui interrompent le texte.
Malgré tout, certains trouveront plaisir à entendre Sur le théâtre de marionnettes, à découvrir un pianiste et à regarder évoluer des danseurs aguerris. Quelques échos du texte en subsistent dans la chorégraphie : les mouvements, d’abord maladroits, trouvent petit à petit une perfection mécanique, les corps sont habiles, mais habités sont seulement mus, l’un vers l’autre, ou l’un loin de l’autre, par des forces centrifuges ou centripètes.Les noirs répartissent la pièce en séquences, avec  lumières et musique  pour  chaque morceau, souvent dansé, alors que la voix s’est tue.
Mais on perd souvent le fil du propos, à cause de longs silences qui interrompent le texte d’Henrich von  Kleist. Malgré tout, certains trouveront plaisir à entendre Sur le théâtre de marionnettes, à découvrir un pianiste et à regarder évoluer des interprètes aguerris.

 

Mireille Davidovici

 

Théâtre de la Commune à Aubervilliers, jusqu’au 20 novembre.T: 01 48 33 16 16 ;  lacommune-aubervilliers.fr

 


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