Le Metope del Partenone

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Le Metope del Partenone, conception et mise en scène de Romeo Castellucci

   Les métopes du Parthénon  représentent pour le metteur en scène italien “des batailles pour la vie”. Pour composer  les siennes au théâtre, il se place à l’endroit où un effroyable accident  aux  causes inconnues, projette sa victime entre la vie et la mort.
Les secours, rapides et efficaces, peuvent faire revenir la victime du côté de la vie ou le faire basculer du côté de la mort. Six accidents se succèdent,  six tableaux d’une ville, six temps de douleur, six scènes d’urgence, six frises possibles.
 Un comédien ou une comédienne incarne celui qui, tout à coup, perd l’équilibre, terrassé, et une authentique équipe médicale, différente à chaque fois, intervient alors. Mais le blessé, allongé ou replié auquel on porte secours, ne peut être malheureusement sauvé. Et les urgentistes rangent leur matériel pour étendre un drap blanc sur le corps encore chaud de vie.
Ces drames successifs se passent dans la rue, comme si les spectateurs passaient là, par hasard, voyeurs du sang versé. À chaque accident survenu, correspondent une énigme diffusée sur écran: «Qui suis-je ?» et  avec, pour chacune, une réponse : l’ombre, la vague marine, l’œil, le trou….  Soit pour l’imaginaire, une mise à distance de l’horreur vécue à travers ces images du jour et de la nuit, de la chaleur et du froid, de la limite ou de l’infini, de la dualité et de la symétrie…
  Roméo Castellucci considère les frises du Parthénon comme le sommet artistique du siècle de Périclès, centauromachies, bataillles : le combat de la vie, à associer à la vulgarité d’une série américaine.
Sur le sol, des fluides divers, comme du sang lourd: une peinture que le service de nettoiement urbain vient effacer à la toute fin. Entre la merveille de l’existence en soi, et le Parthénon, fondateur de l’esthétique occidentale, symbole de la beauté et de la fore politique, la douleur et le sang tiennent une place énigmatique chez Roméo Castellucci, qu’il manipule dans cette fiction avec une certaine complaisance.
  Les jours derniers, c’est le réel qui a baigné dans le sang, et les images de terreur inadmissible se sont inscrites dans toutes les têtes. Suite aux événements du 13 novembre à Paris, puis à Saint-Denis, le metteur en scène a précisé, avant le spectacle, que Le Metope del Partenone a été créé en juin dernier à la Foire d’art contemporain de Bâle, et a été présenté  comme une catastrophe humaine, à à l’identique : «Cette action a le malheur particulier d’être le miroir atroce de ce qui est arrivé dans les rues de Paris. Images difficiles à supporter, obscènes dans leur exactitude inconsciente.
 Je suis conscient que trop peu de temps a passé pour traiter cette masse énorme de douleur, et que nos yeux sont toujours grands ouverts sur la lueur de la violence. »
Le spectacle en effet, en raison du contexte actuel, a perdu de sa nécessité artistique et morale. Il offre une reproduction banale des accidents. On peut être troublé par ces tableaux successifs, mais Roméo Castellucci n’exprime pas en profondeur la sensation de l’horreur: il y a ici finalement ici peu de pitié et peu d’effroi.

  Ce Metope del Partenone apparaît finalement comme un constat assez vain, face à la chape de plomb ambiante irrespirable.

Véronique Hotte

Halle de la Villette/Festival d’Automne à Paris, jusqu’au 29 novembre, (à partir de seize ans).

 


Archive pour 24 novembre, 2015

Le Metope del Partenone

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Le Metope del Partenone, conception et mise en scène de Romeo Castellucci

   Les métopes du Parthénon  représentent pour le metteur en scène italien “des batailles pour la vie”. Pour composer  les siennes au théâtre, il se place à l’endroit où un effroyable accident  aux  causes inconnues, projette sa victime entre la vie et la mort.
Les secours, rapides et efficaces, peuvent faire revenir la victime du côté de la vie ou le faire basculer du côté de la mort. Six accidents se succèdent,  six tableaux d’une ville, six temps de douleur, six scènes d’urgence, six frises possibles.
 Un comédien ou une comédienne incarne celui qui, tout à coup, perd l’équilibre, terrassé, et une authentique équipe médicale, différente à chaque fois, intervient alors. Mais le blessé, allongé ou replié auquel on porte secours, ne peut être malheureusement sauvé. Et les urgentistes rangent leur matériel pour étendre un drap blanc sur le corps encore chaud de vie.
Ces drames successifs se passent dans la rue, comme si les spectateurs passaient là, par hasard, voyeurs du sang versé. À chaque accident survenu, correspondent une énigme diffusée sur écran: «Qui suis-je ?» et  avec, pour chacune, une réponse : l’ombre, la vague marine, l’œil, le trou….  Soit pour l’imaginaire, une mise à distance de l’horreur vécue à travers ces images du jour et de la nuit, de la chaleur et du froid, de la limite ou de l’infini, de la dualité et de la symétrie…
  Roméo Castellucci considère les frises du Parthénon comme le sommet artistique du siècle de Périclès, centauromachies, bataillles : le combat de la vie, à associer à la vulgarité d’une série américaine.
Sur le sol, des fluides divers, comme du sang lourd: une peinture que le service de nettoiement urbain vient effacer à la toute fin. Entre la merveille de l’existence en soi, et le Parthénon, fondateur de l’esthétique occidentale, symbole de la beauté et de la fore politique, la douleur et le sang tiennent une place énigmatique chez Roméo Castellucci, qu’il manipule dans cette fiction avec une certaine complaisance.
  Les jours derniers, c’est le réel qui a baigné dans le sang, et les images de terreur inadmissible se sont inscrites dans toutes les têtes. Suite aux événements du 13 novembre à Paris, puis à Saint-Denis, le metteur en scène a précisé, avant le spectacle, que Le Metope del Partenone a été créé en juin dernier à la Foire d’art contemporain de Bâle, et a été présenté  comme une catastrophe humaine, à à l’identique : «Cette action a le malheur particulier d’être le miroir atroce de ce qui est arrivé dans les rues de Paris. Images difficiles à supporter, obscènes dans leur exactitude inconsciente.
 Je suis conscient que trop peu de temps a passé pour traiter cette masse énorme de douleur, et que nos yeux sont toujours grands ouverts sur la lueur de la violence. »
Le spectacle en effet, en raison du contexte actuel, a perdu de sa nécessité artistique et morale. Il offre une reproduction banale des accidents. On peut être troublé par ces tableaux successifs, mais Roméo Castellucci n’exprime pas en profondeur la sensation de l’horreur: il y a ici finalement ici peu de pitié et peu d’effroi.

  Ce Metope del Partenone apparaît finalement comme un constat assez vain, face à la chape de plomb ambiante irrespirable.

Véronique Hotte

Halle de la Villette/Festival d’Automne à Paris, jusqu’au 29 novembre, (à partir de seize ans).

 

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