Adishatz / Adieu

Adishatz / Adieu ,de et avec Jonathan Capdevielle

Personnage a part dans le paysage théâtral, Jonathan Capdevielle, trente-neuf ans,, fait ses classes à l’Ecole nationale supérieure des arts de la marionnette de Charleville-Mézière  où il rencontre Gisèle Vienne  avec qui il crée  le retentissant Jerk (voir Le Théâtre du Blog).
C’est est aussi un des rares comédiens à être ventriloque. Il revient ici vers une forme théâtrale plus traditionnelle fondée sur l’imitation et le travail de la voix. Il arrive au bord du plateau,  en jeans, baskets aux lacets rouge et sweat-shirt à capuche.  Une canette de boisson de cola à la main, Il va chanter a capella des tubes des années 90, au micro sans fil : Daft Punk, Britney Spears et Madonna (son idole), avec une voix féminine plutôt bien maitrisée et quelques effets…
 Le public rit au début, quand il reconnaît les chansons. Jonathan Capdevielle, malgré son habit très masculin, a les ongles longs et vernis de rouge et tire parfois sur son sweat, comme si cet habit l’empêchait d’être lui-même. Dans ces chansons, se glissent des bizarreries comme un chant de rugbymen du Sud-Ouest puis une chanson paillarde qui fait beaucoup rire! On rit beaucoup moins quand le dernier couplet de cette chanson  a pour thème la pédophilie : la vie quotidienne du personnage s’immisce peu à peu, au milieu des tubes de la bande FM.
La musique s’arrête ; Jonathan Capdevielle, qui cultive beaucoup les silences, va s’asseoir en fond de scène vers une petite table ornée de deux tubes fluo verticaux,  seule lumière du plateau. En même temps qu’il amorce sa métamorphose en femme, il imite une conversation téléphonique avec son père, passant facilement d’une voix à l’autre.  Dans un moment  émouvant, il prend des nouvelles de son fils, malgré la distance (au propre et au figuré) qui existe entre eux. Sans limites, le travail de la voix va ici jusqu’à la retranscription d’une scène douloureuse où sa sœur malade halète sur son lit d’hôpital et qui, ne pouvant fumer, réclame une sucette. Scène au double sens patent qui n’est pas sans rappeler d’autres sucettes à l’anis…
  Lui succède, dans une boîte de nuit de province, une soirée qui finit mal après un échange de coups. A la fin, cinq chanteurs d’une chorale entonnent Les Montagnards sont là, chant symbole des Pyrénées. La mise en scène alterne bien les passages très visuels avec de belles lumières et d’autres où Jonathan Capdevielle est au premier plan. Mais pourtant, cet enchaînement de séquences, plutôt documentaire, ne nous emmène nulle part. On attendait peut être plus de cet acteur qui sait être  fort et impudique.
  « Le chaos de l’adolescence, et la recherche de soi-même» annoncés ne sont  pas assez creusés. Et, comme il y a un peu de tout : rire, émotion, musique, rien  ne ressort en particulier. Bref, on reste sur sa faim, alors que le débuts de ce jeune comédien avaient été pourtant fracassants.Dommage…

Julien Barsan

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Nouveau Théâtre de Montreuil du 11 au 15 décembre T. 01 48 70 48 90

 


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