De l’influence des rayons gamma sur le comportements des marguerites

De l’influence des rayons gamma sur le comportements des marguerites de Paul Zindel,  mise en scène d’Isabelle Carré

 

marguerites-narcisses-L-5aEGC4Connue pour le beau film qu’en tira Paul Newman en 1972, la pièce s’inscrit dans la lignée des dramaturges américains des années soixante. A l’instar d’un Tennessee Williams ou d’un Edward Albee, Paul Zindel présente une famille désaxée, au bord de la déchéance sociale et morale. Mais le titre en anglais sonne encore plus science- fiction car il renvoie à une variété dites «man-in-the-moon Marigolds» qu’on pourrait traduire par «marguerites de l’homme sur la lune».
Béatrice, veuve, la quarantaine, élève seule,  ses deux filles qui  essayent de survivre face à cette mère alcoolique, monstre d’égoïsme qui, en s’autodétruisant, tente de les entraîner dans sa chute. Ruth, du haut de ses dix-sept ans, se rebelle et devient cruelle comme Béatrice. La petite Matilda, timide et peu loquace, participe, en douce, avec l’école, à un concours scientifique sur la croissance des marguerites. Exposées au cobalt, certaines graines meurent, mais d’autres subissent d’étranges et belles mutations.
Telles ces fleurs, les adolescentes, en butte à la nocivité d’une mère malheureuse et perverse, adaptent leurs comportements: l’une en imitant sa génitrice «Betty la folle», l’autre en poursuivant son rêve scientifique pour un avenir meilleur. Malgré Béatrice qui la tyrannise et la prive d’école, la gamine gagne le concours et, dans son discours de remise des prix, elle proclame sa foi en l’avenir: «Un jour viendra où l’humanité remerciera Dieu pour l’étrangeté et la beauté de l’énergie atomique.» Puis, quand sa mère, à la fin du spectacle, lui assène : «Je trouve ce monde horrible», elle répond fermement : «Non, maman !»
L’adaptation de Manèle Labidi-Labbé réduit la distribution aux trois rôles principaux, et la mise en scène d’Isabelle Carré, fondée sur un jeu tonique, évite ainsi le psychodrame pathétique. Elle campe une mère inique et vulgaire, sans trop se vautrer dans la folie. On entend bien les failles du personnage, alors que sa belle prestance induit, au-delà de sa déchirure, un certain optimisme. Alice Isaaz est une Ruth énergique et lumineuse, parfaite de perfidie. Armande Boulanger, qui jouait Matilda ce soir-là, est remarquable en fillette de treize ans, effacée mais ardente.
Décor et costumes colorés se réfèrent aux années soixante-dix et donnent une apparente gaité à ce drame sordide. La musique, elle, ne sonne pas toujours raccord, et c’est dommage. L’éclat des trois comédiennes, leur interprétation, nous entraînent dans un univers moins malsain qu’étrange et nous offrent un joli bouquet de talents.

 Mireille Davidovici

 Théâtre de l’Atelier jusqu’au 23 janvier T: 01 46 06 49 24

 

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