Richard III, Loyauté me lie

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Richard III,  Loyauté me lie  d’après William Shakespeare, un spectacle de Jean Lambert-wild, Elodie Bordas, Lorenzo Malaguerra, Gérald Garutti, Jean-Luc Therminarias et Stéphane Blanquet, mis en scène par Jean Lambert-wild, Lorenzo Malaguerra et Gérald Garutti

   Ce Richard III qui est aussi le troisième de la saison avant celui d’Ivon van Hove dont nous vous parlerons demain, est une adaptation, une lecture tout à fait personnelle, signée Gérald Garutti et Jean Lambert-wild qui joue aussi Richard.
  Deux acteurs, vingt-et-une scènes et quelque deux heures : Jean Lambert-wild est Richard et son double féminin,  Elodie Bordas, jouent les autres personnages féminins ou masculins. Ainsi, un clown blanc, en pyjama bleu à rayures des années cinquante, avec belle fraise blanche comme dans les tableaux de Velsaquez, s’adresse  aux femmes qui peuplent la pièce. La vielle Margaret, puis Lady Anne qu’il arrive à séduire dans un célèbre et joli tour de passe-passe rhétorique, après avoir revendiqué le meurtre de son père et de son mari, puis sa mère, la Duchesse d’York bouleversée par la volonté de pouvoir de son fils, et Elisabeth, sa belle-mère.
Cela se passe devant une sorte de baraque foraine,  revue par Stéphane Blanquet, avec trois loges que l’on peut fermer à volonté par des rideaux rouges. Il y a un carrousel de bouches dont les lèvres des fils de la reine Elisabeth, peintes sur neuf roues tournantes s’animent grâce à un effet stroboscopique.
Quant à Clarence, frère de Richard, son visage s’anime, lui aussi mais sur une grosse baudruche, grâce à un logiciel d’une étonnante précision. Et Richard le tuera d’un coup de canif dans la dite baudruche. Mais les enfants de Clarence que Richard va faire exécuter sans scrupule, sont, eux, juste des marionnettes un peu grossières que l’on anime grâce à un système de poulies. Couverts de sang, ces petits mannequins nous semblent encore plus émouvants que de véritables enfants, et auraient sûrement séduit le grand Tadeusz Kantor.
Quant à Edouard et au duc d’York, ici figurés par de grosses et dérisoires barbes-à-papa où sont projetés leurs visages, ils rejoindront vite les  poubelle de l’histoire. Et le personnage d’Hastings, lui, se résume à une pauvre sculpture éclatant en paillettes métalliques rouges,  qui meurt d’un seul coup de gros maillet sur cet appareil de fête foraine avec lequel  les jeunes gens mesuraient leur force. Et d’où sort Richard, définitivement gagnant.
On l’aura compris : ces séquences imaginées par cette bande de complices, nient le théâtre pour mieux le faire renaître. Entre un artisanat qui a toujours été celui de la scène depuis longtemps en Europe et ailleurs : maquillages souvent outrés, paillettes, illusions d’optique, trappes et machineries diverses, rideaux rouges et dorures, fils, poulies, rideaux que l’on  fait fonctionner à la main, fumigènes, et d’un autre côté, effets visuels  simples mais issus des technologies électroniques les plus pointues.
Jean Lambert-wild a toujours été fasciné par la magie, et on comprend qu’il ait voulu associer tous ces éléments pour  constituer un spectacle d’aujourd’hui.  Histoire de  dire l’Histoire et les mésaventures tragi-comiques de ceux que fascine le pouvoir absolu, où ils entraînent tout un peuple avec eux dans le malheur.
Mais où on peut voir ici , sans hésitation, une réflexion sur le théâtre.

 Richard est là pour exterminer au plus vite tous les personnages qui peuvent, à un titre ou à un autre, lui barrer la route du pouvoir. Et c’est un des aspects que le spectacle privilégie. Il y a une scène fabuleuse où il tire, avec un pistolet-mitrailleur de pacotille, sur des ballons qu’il crève un par un, avec un délice évident, ou quand il joue au jeu de massacre avec des répliques de sa propre tête (photo ci-dessous).
On aura rarement exprimé la folie meurtrière d’un personnage avec un tel souci de la métaphore visuelle qui devient ici avec bonheur le plus souvent un outil théâtral comme  dans la peinture occidentale depuis l’époque classique, bien mis en valeur par la musique et les sons de Jean-Luc Therminarias.
richard_201601tjv_158Aux meilleurs moments, on sent chez cet histrion de Richard, capable de réparties inouïes, un authentique sadisme et une volonté d’aller jusqu’au bout de ses pulsions autodestructrices. Il y a du terrorisme avant la lettre chez cet homme assoiffé de mal pour atteindre une   véritable pureté… Même en clown blanc dérisoire, dont on oublie vite  les costume et maquillage…
Tout se passe comme si Richard, en voulant disparaître, conscient de son destin, voulait aussi que tout disparaisse avec lui. Pour se venger, mal-aimé qu’il a été de sa mère, pour compenser son infirmité et le regard sans pitiés des autres, et dans un souci de se parler d’abord à soi-même pour mieux régler ses comptes avec autrui. Richard rêve finalement du pouvoir absolu, en sachant, comble du nihilisme, qu’il n’en fera rien et en mourra.

Et quand il réclame un cheval contre son royaume, cela ressemble au cri de désespoir d’un homme qui n’y croit même plus, et se sait tout près de la tombe… Magnifique image finale : volant déjà dans les nuées, Richard III, dernier roi de la dynastie des Plantagenêt tué dans une guerre, assiste à ses propres funérailles qui ont eu lieu, après analyse ADN de son squelette, en mars 2015, et dont on voit en arrière-plan les images filmées.
  Cette adaptation/lecture très personnelle même si le spectacle est le fruit d’un collectif, mené jusqu’à son terme avec détermination, respire rigueur du travail bien fait et intelligence scénique
 Mais la qualité première  de ce spectacle est  d’entendre comme rarement ce texte fabuleux . Même si, trop long, il a dû être abrégé : «Idiote qui te laisse fléchir, femme futile et versatile», se dit cyniquement Richard, seul après sa rencontre avec Elisabeth. Et, quand il parle de petits-enfants, il a cette phrase extraordinaire : «Ils sont comme vos enfants, juste un cran en dessous, de votre métal, même, de votre propre sang.»
Il  faudrait citer aussi ces mots où il fait preuve d’une belle lucidité : «Et si je meurs, pas une âme n’aura pitié de moi. Eh, pourquoi en aurait-on, puisque moi-même, je ne trouve en moi-même aucune pitié pour moi-même ».  Avec cette accumulation étonnante de myself dans le texte! On oubliera, au tout début, une accumulation de dentales pas très heureuse…
Grâce à une jeu de répliques entre Jean Lambert-wild, et Elodie Bordas au grand professionnalisme et capable de passer d’un rôle et d’un costume à l’autre, avec une grande maestria. Lui, interprète Richard et des spectres, et elle, les autres personnages, hommes ou femmes. Et ce jeu de ping-pong fonctionne bien,  sauf à de rares moments, quand le texte est moins clair.

  Aux chapitres des bémols : les peintures de  la baraque de foire par Stéphane Blanquet, pas vraiment réussies, qui ont de plus, tendance à «bouffer» les personnages quand il se trouvent devant. Par ailleurs, le texte n’est pas toujours évident, parfois longuet, et pour qui n’a jamais lu ou vu Richard III, où on peut se perdre dans ce foisonnement de personnages. Si l’on y emmène de jeunes lycéens, mieux vaudrait déminer le terrain avant…
Et, mais cela s’arrangera, la balance des micros H.F. dont on se demande bien à quoi ils servent vraiment, qui était encore assez approximative donc fatigante à la troisième représentation.

  Mais pari réussi : ce Richard III, sans doute plutôt destiné à un public de connaisseurs, est un des  plus originaux et des plus forts que l’on ait pu voir depuis longtemps.

Philippe du Vignal

 

Théâtre de l’Union à Limoges jusqu’au 29 janvier.  Lyon du 3 au 6 février. Bruxelles du 24 au 26 Février. Le Havre, du 10 au 11 Mars.  Compiègne du 22 au 23 mars. Marne-la-Vallée du 9 au 10 avril. Monthey du 10 au 14 mai. Cergy-Pontoise du 24 au 26 mai et Paris du 3 novembre au 4 décembre.

 


Archive pour 28 janvier, 2016

Sous la glace

Sous la glace de Falk Richter, traduction d’Anne Monfort, mise en scène de Victor Gauthier-Martin

 

sous_la_glace_42c_sdÉtoile montante et rebelle de la dramaturgie allemande,  aujourd’hui artiste associé à la Schaubühne de Berlin et au Théâtre National de Strasbourg, Falk Richter se lançait, en 2003, dans un projet d’écriture: Das System où il interrogeait notre mode de vie dans un monde manipulé par l’argent. Stanislas Nordey nous l’avait fait découvrir au festival d’Avignon en 2008.
Sous la glace, deuxième volet de ce triptyque, fait référence à un monde gelé: celui d’une entreprise de «consulting»,  broyeuse d’individus. Jean Personne, alias Mr. Nobody, homme mûr au bout du rouleau, dénonce la froideur d’un système dont il est victime, alors qu’il a contribué à le mettre en place et à le défendre.
Consultant en fin de carrière, il a restructuré des dizaines d’entreprises et licencié des centaines de personnes. Mais deux de ses collègues, plus jeunes que lui, deviendront ses bourreaux.
Avant le spectacle, une déclaration de l’auteur passe en boucle sur un écran ; en substance : «En chacun de nous, co-existent un capitaliste et un artiste.(…) Cette schizophrénie entre un être mécanique et un être humain en quête de sens  et de beauté (est) la principale complice du capitalisme … » Le ton est donné pour les treize tableaux qui vont suivre.
Mr Nobody en crise, revient sur son enfance dans un long monologue, en forme de prologue. « A l’autre bout était le ciel, je courais (…) Un petit garçon sous le soleil, seul. Un pavillon sombre (…) Des parents enfouis sous la glace.» Pour Falk Richter, cette glaciation renvoie aussi à son propre père, ancien membre des Jeunesses hitlériennes qui, à l’issue de la seconde guerre mondiale, s’est lancé dans la reconstruction économique du pays, en refoulant le passé… comme beaucoup d’Allemands.
Dans la scène suivante, Core Value, nous voici catapultés dans l’univers impitoyable de l’entreprise et assaillis par son charabia technocratique : «personal effectivness», «pressure handling», «boîte à outils» «évaluation, notation feedback», «high speed», etc.
«On est obligé de licencier, c’est pour  le bien commun», énonce le dogme, entre autres formules. Au fil des séquences, trois employés, d’abord complices, vont se déchirer. Et Jean Personne sombre dans le délire, obsédé par l’image d’un chat gelé sous la glace du canal, devant ses fenêtres…
Un dispositif scénique, astucieux et modulable, permet de passer d’un registre à l’autre du texte, structuré comme une lente descente aux enfers. L’immense table de conférences  au plateau laqué blanc, symbole de toutes les certitudes de l’entreprise, se disloque, à mesure que l’univers de notre anti-héros se délite. Mais la mise en scène reste au niveau des bonnes intentions. La puissance potentielle de l’écriture, justement portée par le texte français d’Anne Monfort, ne se traduit pas dans le jeu des comédiens! Pas  non plus de point de vue fort sur la pièce, ni de grande tension dramatique entre les protagonistes…
L’inquiétante étrangeté de cet univers ne nous parvient pas, malgré quelques fioritures inutiles comme une baignoire qui se creuse dans le décor, aussitôt envahie par de la mousse de bain… Rien de cruel dans ce monde propret, où le cynisme ironique de Falk Richter a du mal à s’insinuer.

L’apparition d’un enfant, censé être la future victime d’un système qui engendre ses propres monstres et se nourrit de la chair de ses rejetons n’est-elle pas superflue ? On avait déjà compris le processus et les intentions de la pièce.
Le spectacle pâtit  aussi de la comparaison avec  Nobody, donné l’an dernier par Cyril Teste et le collectif MxM, un montage qui comprenait de larges extraits de Sous la glace. Il y avait là un véritable travail théâtral, doublé d’une performance filmique en temps réel, et une mise en abyme vertigineuse d’un monde schizophrénique. «Ne suis pas moi-même structuré selon un système d’efficacité ? s’interroge Falk Richter. Ne vis-je pas une vie similaire,  quand je crois vraiment que l’efficacité et le travail sont le bien le plus précieux sur terre? »

 Mireille Davidovici

Théâtre de la Commune-Aubervilliers jusqu’au 31 janvier. T. 01 48 33 16 16
Le texte est publié chez l’Arche éditeur.

Elisabeth II

Elisabeth II, non-comédie de Thomas Bernhard, mise en scène d’Aurore Fattier

 

1*gkOfuCp2Cjb7TrDpqgdIAwAurore Fattier n’a pas coutume de reculer devant les textes difficiles et/ou provocateurs; elle  a créé en  2015, au Théâtre de Namur, l’avant-dernière pièce (1987) de Thomas Bernhard que Claus Peymann, directeur du Burgtheater de Vienne, qui avait pourtant créé la plupart des pièces de l’auteur, refusa!
Profondément blessé par ce refus mais aussi par le scandale que déchaîna le succès d’Heldenplatz avec ses tirades venimeuses contre l’Autriche, Thomas Bernhard se vengea en rédigeant son testament en février 1989 : «Je souligne expressément  que je ne veux rien avoir à faire avec l’État autrichien, et je refuse non seulement toute immixtion, mais encore tout contact de cet État autrichien, en ce qui concerne tant ma personne, que mon travail, à tout jamais ».
Mais, comme le montre Adrien Bessire dans Refuser pour mieux passer-Le théâtre de Thomas Bernhard : 10 ans d’interdiction en Autriche (1989-1998), il faut considérer cette interdiction comme « un acte politique dénonçant la persistance dans ce pays des idées nazies ». Elle fut levée en 1996 mais la position politique de Thomas Bernhard reste d’une brûlante actualité, vu la renaissance des idées d’extrême droite à Vienne en particulier.
Mais la clause inscrite dans son testament par le dramaturge, a assuré le succès de la pièce à l’étranger: quitte à assurer le transport des spectateurs, on la joua à Bratislava (Slovaquie)… à 60 km de Vienne. En 1989,  Niel Peter Rudolph la mit en scène au Schiller-Theater de Berlin mais la première autrichienne n’aura lieu que treize ans plus tard au Burgtheater de Vienne, dans une mise en scène de l’allemand Thomas Langhoff,
Plus venimeuse qu’Heldenplatz?! Comme le sous-titre le suggère, elle serait une «non-comédie» ! S’agirait-il alors d’une tragédie ? Non, mais vu la mort attendue du personnage principal, cela tiendrait de la comédie sans en être une. Plutôt d’une farce cruelle et noire…
Dans son appartement cossu de la Ringstrasse de la capitale autrichienne (cette même avenue où Hitler a passé en revue les troupes nazies après l’Anschluss!), Herenstein, un vieux marchand d’armes célibataire attend son neveu pour assister avec lui, depuis son balcon, au défilé militaire, qui va avoir lieu en l’honneur d’Elisabeth II.  Mais ce neveu en a profité pour  faire venir avec lui le gratin viennois qu’exècre son oncle qui, en les attendant, déverse sa bile sur ces bourgeois qu’il hait au plus profond de son être.
Herrenstein, misanthrope, malade et exténué, attend donc la mort et se répand en diatribes féroces et réjouissantes, sur cette « canaille autrichienne » qu’il s’apprête à recevoir… Un jeu pervers se met en place entre le vieil homme paranoïaque et ses souffre-douleur, Richard le majordome et la gouvernante. Tout oppose ce tyran impotent à ces domestiques, humbles et dévoués mais qui ne rateront pas l’occasion d’inverser le rapport de forces, dès que sa faiblesse se sera manifestée.
Peu à peu, Herrenstein éprouve, en effet, un besoin vital de compagnie, et compte sur le dévouement de Richard pour l’accompagner au quotidien, même s’il commence à douter de sa fidélité. Mais ce discret majordome saura le tenir sous sa coupe,  comme en témoignent des gestes et attitudes lourdes de sous-entendus.
Denis Lavant est éblouissant dans le rôle d’Herrenstein. Avec une diction et une gestuelle parfaites, avec ce qu’il faut de drôlerie, de férocité, et de douleur contenue, il incarne parfaitement ce nouveau monstre, comme le théâtre sait en produire depuis Richard III, et entraîne le spectateur à la fois vers l’empathie et la répulsion.
Alexandre Trock, en remarquable majordome, plie l’échine, et stoïque, s’abstient aussi de la moindre révolte et acquiesce à toutes les méchancetés et insolences. Mais sa réserve même, et ses mouvements involontaires de dégoût, dans un jeu quasi-muet mais signifiant, en disent assez long sur le mépris qu’Herrenstein lui inspire.
Delphine Bibet, elle, assume le rôle ingrat de la gouvernante, encore plus tyrannisée et méprisée… Son patron  fait preuve envers elle d’une misogynie sous-jacente et a réussi à l’empêcher de faire une carrière de pianiste! La comédienne, touchante et juste, est la remarquable interprète ce personnage de femme peu sûre d’elle-même, fragile et embarrassée par un corps qui la dessert, et dont Herrenstein a su exploiter la timidité naturelle. Les autres domestiques, serviles, sont terrorisés par la méchanceté gratuite du vieillard.
Le spectacle bénéficie d’une scénographie remarquable: un riche appartement viennois à l’ambiance feutrée et étouffante. Dans une sorte d’antichambre/salon, lieu théâtral par excellence, il y a, au fond, une grande porte-fenêtre avec  un balcon, où les invités se retrouveront pour voir le défilé. C’est une image-vidéo qui traduit leur présence; viennent physiquement auprès d’Herrenstein, quelques-uns de ses invités…

Un véritable ballet se met en place, avec des masques grotesques figurant cette humanité risible et monstrueuse, qui justifie la haine du misanthrope pour ses semblables. La fin portera un brutal coup d’arrêt à cette pitrerie mondaine, en réinstallant la mort à sa place souveraine. Tout ce qui, jusque là, était en demi-teintes, va alors exploser dans le bruit et la fureur. Avec une apocalypse, à hauteur de l’espérance morbide d’Herrenstein…
Bravo à la metteuse en scène et à ses comédiens, pour ce spectacle aussi noir que jubilatoire.

 Michèle Bigot

Spectacle joué au Théâtre du Gymnase, à Marseille du 13 au 23 janvier.

 

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