La ligne  de Roland Shön

La ligne  de Roland Shön

 

ligne ASur une île lointaine, circule un étrange autobus: comme la vie, il ne roule que dans un sens. C’est sur cette ligne  avec ses 29 stations, que Roland Shön nous invite à voyager. « A, accent circonflexe, comme théâtre », dit-il.
Auteur, conteur, marionnettiste et plasticien, il a imaginé un parcours en forme de quête, inspiré par un dessin de Saul Steinberg, THE LINE. L’artiste américain, célèbre notamment pour ses illustrations dans le New Yorker, trace, en 1954, une ligne horizontale sur 29 pages rassemblées et pliées en accordéon, où il fait apparaître personnages, animaux, paysages, objets, villes et  bateaux…
De quoi stimuler Roland Shön qui, en hommage au graphiste, construit à son tour un itinéraire fantasque et poétique… Chaque station a son histoire, décrite au dos d’un plan, et nous nous attarderons à quelques arrêts, à la recherche, avec lui, du mystérieux Leporello de l’Américain.
À la Station Filaplomb,  un collectionneur de fils à plomb en a réuni 3.657 prototypes, et se lance dans une longue démonstration sur l’horizontal et le vertical. Plus loin, apparaît le Théâtre sans fil où, du haut d’un castelet blanc, un minuscule guignol annonce l’entrée en scène de la belle Irène, une grande poupée manipulée à vue, qui croasse plutôt qu’elle ne chante.
Démiurge, le metteur en scène assure tous les rôles : du pilote, Aristide, qui est guide sur tout le trajet, au Vieux qui connaît l’histoire de la ligne. À la station de la Marchande d’images, il nous déroule ses rouleaux peints. À la station de l’Optimiste, il nous dévoile, grâce à un dessin animé de sa fabrication, un calendrier offrant chaque jour une devise pour « dérider l’année ».

 Les spectateurs sollicités, se prennent au jeu et  lancent des dates au hasard que Roland Shön convertit immédiatement dans l’idiome calendaire et transmet des conseils, par exemple :  » Le 2 novier : ne pas prendre une mauvaise résolution, c’est en prendre une bonne » ou :  » Le 12 févembre : arracher la dent que j’ai gardée contre lui  » …
Mais ces échanges avec le public sont trop peu nombreux, et le récit tombe parfois en panne entre deux stations. Chansons et musique auraient pu créer du lien entre tous les éléments,  mais agissent ici comme des pièces rapportées. Cependant, on apprécie dans ce spectacle singulier les masques, dessins, tableaux et marionnettes qui créent un univers plastique fascinant.
L’écriture, imagée, fourmille de jeux de mots et de belles surprises. Frisant le surréalisme à l’instar des images, elle fait surgir poésie et personnages insolites. Homme-orchestre, l’artiste dieppois, de spectacle en spectacle, invente une mythologie fantastique et conduit le public dans les contrées inexplorées de son imagination sans bornes.
Il propose un théâtre original et ludique à découvrir, et on pourra bientôt revoir une de ses anciennes créations Les Trésors de Dibouji.

Mireille Davidovici

Vu au Mouffetard,-théâtre des arts de la marionnette à Paris.
La Grange de Saint-Agil /L’Hectare, Scène conventionnée de Vendôme (41),  le 29 avril.
  À voir aussi : Les Trésors de Dibouji /Conte en objets à la lueur des flammes, au Mouffetard, théâtre des arts de la marionnette à Paris T. : 01 84 79 44 44, du 17 au 28 février ;  au festival M.A.R.T.O de Clamart (92), du 29 au 31 mars, et au Théâtre Gérard Philipe de Frouart (54), les 21 et 22 avril .

 


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